Antoine Guillaume et la magie de Noël en chansons… au théâtre [Interview]

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Noël est en avance cette année ! Dès la fin d’Halloween, les vitrines des commerçants ont été décorées de boules et de guirlandes. Alors, allons-y : parlons du spectacle qui succédera à « Cherche l’amour » de Myriam Leroy au Théâtre de la Toison d’Or d’Ixelles. Après tout, il ne faut jamais trop tarder pour réserver comme nous l’a montré le spectacle actuellement à l’affiche. Pour le retour des fêtes, Antoine Guillaume célèbre les grands classiques de Noël, autrefois chantés par Dean Martin, Bing Crosby ou Nat King Cole ! On les a tous écoutés un après-midi d’hiver au coin du feu, le chat sur les genoux et les enfants dehors, la langue tirée pour avaler les flocons de neige… Et même si la neige est devenue radioactive, la magie des chansons est toujours là !

 

Comment est né ce spectacle de Noël pour le TTO ?

C’est moi qui ai proposé l’idée et il avait déjà été programmé la saison dernière. J’ai toujours baigné dans cette culture américaine qui fête Noël à fond, et de ses tours de chants très classiques qu’on se passe sur CD en Europe. Les gens n’ont pas l’habitude de les entendre durant des concerts et j’ai eu cette idée. Le spectacle ayant fonctionné l’année passée, nous avons décidé de le reprogrammer. Nous rempilons donc pour deux dates (9 et 10 décembre 2016, NDLR).

A votre grand regret ? Vous auriez aimé une semaine entière ?

Non, non, ce n’est pas à mon grand regret. C’est juste lié à des possibilités de production et de disponibilité du lieu. Pas toujours facile de débloquer des dates juste avant Noël. Mais j’aurais beaucoup aimé me produire durant une semaine. Qui sait, ce serait peut-être pour une prochaine fois ? Je suis partant pour plusieurs saisons ! agassume_002_jpohl

Vous êtes la Mariah Carey de Bruxelles. Elle a décidé d’exploiter son catalogue de Noël et ces concerts spéciaux fonctionnent plus que ses concerts de nouvelles chansons. Ce sont des rendez-vous très prisés à New-York ou Londres.

La dernière fois que je suis allé à New-York, Hugh Jackson proposait une série de concerts pas spécialement de Noël mais ils étaient programmés pendant la semaine de Noël. A Broadway, ils ont The Rockettes, un gigantesque spectacle qui se joue durant un mois, et ça m’a donné l’envie. J’ai une attache particulière à cette fête.

D’autant que vous vous étiez déjà inspiré de Broadway pour « Antoine Guillaume assume » en 2010. Le public a-t-il été réceptif ? Vous avez pu récolter quelques avis l’année passée ?

Je crois que c’est un format de spectacle qu’ils n’avaient pas l’habitude de voir. Beaucoup de gens adorent cette période de l’année car c’est avant tout du partage, des retrouvailles avec la famille. Même les gens qui ont peu de contact avec leur famille privilégient la période de Noël pour se retrouver. Les concerts de l’année passée avaient un peu cette humeur. Les gens se retrouvaient pour un moment agréable durant un moment du mois de décembre… et ils ont retrouvé les chansons de CD qu’on avale au coin du feu avant la dinde. Les commentaires étaient positifs car je pense que les gens s’attendaient à des variétés, mais on a fait ça de manière très cosy. On a fait comme si on était une grande famille qui se réunissait, mais on ne pouvait pas distribuer de la dinde à tout le monde !

Qui sait, qui sait… A Nathalie Uffner, rien d’impossible ! Et quid du feu sur scène ?

On a hésité à mettre une cheminée sur le plateau mais on a déjà un sapin, d’énormes cadeaux et une décoration qui rappelle celle des grands talk-shows américains. Et puis, un feu de cheminée, ce n’est pas possible dans un théâtre. Mais on se disait aussi qu’on pouvait mettre une cheminée avec un feu sur images pré-enregistrées.

Avec lunettes 3D distribuées à l’entrée alors ! On ne vous a plus vu dans une pièce du TTO depuis « Rire please » en septembre 2015. Qu’avez-vous fait depuis ?

J’ai longtemps été occupé par la tournée de « Cabaret » produit par le Théâtre Le Public et le Théâtre National. Je suis aussi occupé avec la télévision et la radio. Et puis, j’ai monté un spectacle sur l’histoire de Broadway pour le Théâtre Le Public. Sans oublier la reprise de « Boeing Boeing » dans un célèbre château de Karreveld de Molenbeek cet été. Par ailleurs, je fais aussi de la mise en scène et notamment pour des mouvements chorégraphiés pour le spectacle « Chaplin » actuellement à l’affiche au Théâtre Royal du Parc. Mais je reviens à la fin de la saison culturelle au TTO. On va bientôt commencer les répétitions de la comédie « Pyjama pour six » qui sera programmée au printemps.

Un retour aux pièces à grand budget avec plusieurs intrigues dans une seule comme « Boeing Boeing » ?

C’est ça. C’est le même auteur en plus ! « Pyjama pour six » est une pièce de grand boulevard avec tout ce que cela a de noble dans la manière de le formuler. C’est la pièce des quiproquos par excellence et ça commence dès le lever du rideau. Jusqu’à la fin, les spectateurs vont se demander comment les personnages vont se dépêtrer de la situation. Et, évidemment, il y aura plein de coups de théâtre car il y a des amants et des maîtresses pour tout le monde. Ce sera loufoque et ça partira dans tous les sens.

antoine-guillaume-studioEt le café-théâtre du TTO ?

J’ai coaché les nouveaux comédiens dans « En vous remerciant »… cette année ?

L’an dernier, en novembre 2015.

C’est marrant comme le temps passe. Cette année, d’autres portes s’ouvrent. Mes projets n’ont pas fait l’unanimité auprès de tous mais ce n’est pas grave. En tout cas, je souhaite déjà « Joyeux Noël » à tout le monde puisque les magasins ont été complètement timbrés cette année. C’est déjà Noël depuis septembre, non ?

 

Interview > Luigi Lattuca

Photos > Julien Pohl

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Bruno Madinier et Davy Sardou présentent « Les Vœux du Cœur » à Bruxelles [Interview]

Sympathiques et souriants, les deux comédiens étaient de passage à Bruxelles pour une intense journée promo le 2 novembre 2016. En décembre, ils seront au Centre Culturel d’Auderghem pour une semaine de représentations. Pour moi, ils évoquent « Les Vœux du Cœur » née après le vote de la loi sur le mariage pour tous, le monde du théâtre, la dictature des réseaux sociaux et leurs projets.

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Bienvenue à Bruxelles. Combien de fois êtes-vous déjà venus ici ?

Davy Sardou : C’est ma 3ème fois à Auderghem. Une fois, j’avais joué aussi au Cirque d’Hiver.

Bruno Madinier : C’est ma 3ème fois également et j’ai aussi tourné un film à Bruxelles pendant un mois une fois. C’était « Tombé sur la tête » avec Michèle Bernier où nous avons bouclé quelques scènes extérieures dans Paris sur deux jours avant de mettre le cap sur la Belgique car c’était une co-production belge.

Davy Sardou : On a fait passer Paris pour Bruxelles ? Étonnant.

Bruno Madinier : Oui. Il suffit de trouver des intérieurs intéressants et le tour est joué ! J’avais aussi tourné des scènes d’une série sur Napoléon en Pologne.

Et puis, la France est plus chère…

Bruno Madinier : C’est plus cher, crédits d’impôts et tout ça (rires). Avec une co-production belge, il y a des subventions et des crédits d’impôts. Il y a aussi toute une vague de tournages il y a longtemps en Roumanie, République Tchèque, etc.

Vous avez d’abord présenté « Les Vœux du Cœur » à Paris mais commencer par une tournée, ça vous est déjà arrivé ?

les-voeux-du-coeur-afficheBruno Madinier : Oui, ou par une seule ville de province comme Lyon, oui.

Davy Sardou : Je l’ai déjà testé également. Commencer par une tournée est très confortable. Non pas que Paris est plus difficile que la Province mais la création est presque différente. Le public est peut-être plus ouvert… Y a des régions de France, de Belgique et de Suisse qui sont réellement très accueillantes.

Bruno Madinier : Et puis, il y a beaucoup trop de spectacles à Paris ! (Il se penche vers le dictaphone) Beaucoup, beaucoup trop ! (rire)

Davy Sardou : Et avec deux spectacles qui se suivent dans certains théâtres, on est dans un formatage terrible alors qu’on touche quasiment à la création absolue sur scène. On formate le cerveau ou c’est lui qui s’adapte au cerveau ? A        une époque, on pouvait se concentrer sur un livre très long alors que maintenant les éditeurs dictent la longueur des chapitres !

Bruno Madinier : Si les gens sont passionnés par ce qu’ils font ou ce qu’ils entendent, le temps n’a aucune importance. Par contre, si c’est un peu chiant, le temps a de l’importance.

Davy Sardou : C’est le fameux théorème d’Einstein : « Asseyez-vous à côté de la femme que vous aimez pendant une heure et ça vous paraîtra une minute. Mais si vous mettez une main sur une poêle à frire, ça vous paraîtra une heure. »

« Des hauts membres de l’Eglise catholique se sont déplacés, des associations d’homosexuels catholiques, des associations qui étaient contre le mariage, … La pièce n’est pas là pour donner des leçons et désigner qui a tort et qui a raison. »

DAVY SARDOU

Davy, dans la pièce « Les Vœux du Cœur », vous incarnez un homosexuel et la pièce a été lancée juste après le vote sur la loi autorisant les personnes de même sexe à se marier en France. Ça a fait du bruit ? Des comités anti-mariage sont venus ?

Davy Sardou : On les a invités pour faire avancer le débat ! La pièce est arrivée après le vote de la loi et l’animosité urbaine avait déjà eu lieu. A l’époque où ça a démarré à Paris, ça s’était calmé après le très grand débat de société organisé. Des hauts membres de l’Eglise catholique se sont déplacés, des associations d’homosexuels catholiques, des associations qui étaient contre le mariage, … La pièce n’est pas là pour donner des leçons et désigner qui a tort et qui a raison. Elle est plus sur l’engagement – tous les personnages sont tiraillés – que sur l’autorisation de se marier quand on aime quelqu’un du même sexe que soi.

Bruno Madinier : L’argument de départ, c’est le mariage pour tous mais la question centrale est de savoir ce qu’on va faire pour respecter son engagement et à quoi doit-on faire face pour le maintenir vis-à-vis de quelqu’un ou de sa religion ? Doit-on sans cesse persister dans ses choix ou les adapter ?

Davy Sardou : Dans la pièce, une femme indépendante et courageuse réalise un certain choix de vie et tombe amoureuse de quelqu’un à l’opposé de ses convictions, ce curé ayant choisi Dieu mais s’interroge lui aussi.

Etes-vous croyants ?

Davy Sardou : Oui, je le suis. Croyant mais pas pratiquant, ou du moins à ma manière.

Bruno Madinier : Moi, je ne sais pas…

Davy Sardou : C’est une belle réponse (rires).

Bruno Madinier : Mais on aimerait tous que ça marche derrière (rire).

Davy Sardou : Pas mal de personnes sont assez pragmatiques et vivent très bien avec ça.

Bruno Madinier : Mais, en même temps, même s’il n’y a rien après, la religion a un rôle dans la société qui est de transmettre théoriquement des valeurs positives même si pas mal ont été détournées au cours du temps et de l’histoire. Elles sont mêmes devenues des engagements politiques ! Si elles arrivent déjà à diffuser des valeurs dans la société, pourquoi pas. Ça a un impact positif. Lorsqu’on a joué la pièce au Théâtre La Bruyère en 2015, des gens de tous horizons sont venus nous voir et la pièce a provoqué pas mal de discussions animées après. Pas mal de gens catholiques m’ont confié qu’elle avait amené pas mal de sujets sur la table lors de dîners et qu’elle les avait animés ! La pièce est divertissante mais fait réfléchir une fois sorti de la salle.

« Des gens m’ont avoué avoir pleuré lors de la dernière scène… »

BRUNO MADINIER

C’est d’ailleurs pour ça que vous avez été choisis par le Centre Culturel d’Auderghem !

Davy Sardou : Effectivement, la pièce a parlé à André, le directeur. Non seulement, c’est très bien écrit – et nous sommes bien placés pour en parler car on l’a joué plus de 100 fois  – mais par ailleurs, c’est un vrai parti pris. Et le théâtre est fait pour ça ; c’est un vecteur social et actuel.

Bruno Madinier : Lors de la dernière scène, je prononce un sermon. Des gens m’ont avoué avoir pleuré à ce moment-là !

Davy Sardou : Et puis, beaucoup de gens peuvent se dire « Je ne suis pas concerné car pas croyant et pas homosexuel donc pourquoi j’irais ? »… mais la réalité de la pièce fait qu’on s’y retrouve. On parle surtout du sentiment humain de s’engager dans quoi que ce soit. La pièce va cueillir les spectateurs qui viendront : ils vont se retrouver et être touchés par des personnages qui, au naturel, ne seraient pas proches d’eux.

Bruno Madinier : La pièce ne tranche pas et représente tous les points de vue à travers ses quatre personnages. Par exemple, un homosexuel est totalement en rébellion et l’autre s’interroge sur son abstinence très mal comprise par son compagnon.

En regardant la liste des villes par lesquelles vous êtes passés ou par lesquelles vous allez passer, certaines sont-elles aux mains du FN qui a du mal avec ces sujets ?

Bruno Madinier : Ce n’est pas une énorme tournée alors que c’est un spectacle avec une très bonne presse. Je pense que le sujet a fait peur à plein de villes. Les directeurs de théâtre ont eu peur pour de mauvaises raisons. Tout en ayant aimé la pièce, ils se sont demandé ce qu’allaient penser les habitants de leur ville. Or, le spectacle n’est pas pesant et fait beaucoup rire.

Davy Sardou : C’est pour ça qu’il faut rendre hommage à André, le directeur du Centre Culturel d’Auderghem. Il prend des spectacles engagés qui font peur à beaucoup de villes. Dans n’importe quel parti politique, on ne sait pas quoi faire avec certaines thématiques importantes.

Bruno Madinier : C’est pour ça que le théâtre est important, c’est un endroit d’engagement avec des paroles d’auteurs importantes. Si on ne laisse partir en tournée que du vaudeville, on rabaisse le niveau général de l’offre théâtrale.

Davy Sardou : … qui est important aussi. On a beaucoup besoin de ça aussi en se divertissant grâce à des pièces légères mais il faut faire la part des choses : proposer du divertissement et de la réflexion… comme André à Auderghem.

Beaucoup de théâtres bruxellois ont opté pour une saison humoristique cette année après les attentats à Paris et Bruxelles.

Davy Sardou : Bien sûr et on comprend car on constate, nous aussi, à Paris que les spectacles comiques sont ceux qui fonctionnent le plus.

Bruno Madinier : Pas que ! Je suis allé voir Edmond au Palais Royal d’Alexis Michalik qui n’est pas une comédie pur jus et qui cartonne quand même.

Davy Sardou : Mais en tournée, on voit beaucoup de comédies pures…

Bruno Madinier : Elles ne sont pas dangereuses… J’ai un discours militant par rapport à la qualité qu’on offre. C’est important de conserver de la qualité dans le théâtre privé, il ne faut pas toujours aller vers la facilité. On peut rencontrer le succès avec un spectacle au niveau un peu plus épais.

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Et à propos de votre public, allez-vous parfois lire la presse du net qui compte de plus en plus ?

Davy Sardou : On fait très attention à cela car il y en a beaucoup et puis, c’est un excellent moyen de faire du bouche-à-oreille plus que les critiques. Les gens parlent de nous à une tablée ou vont déposer un petit mot gentil ou méchant sur internet s’ils n’ont pas aimé. Pour moi, ça s’apparente plus à une espèce de livre d’or qu’à une critique artistique. Mais il faut aussi se préserver de cela…

Bruno Madinier : On a eu des billets sur des blogs.

Davy Sardou : Et puis, eux ont l’espace et peuvent s’épancher. La place au théâtre dans la presse est assez restreinte. Les gens ne viennent pas vous dire qu’ils n’ont pas aimé après le spectacle mais on a les bons retours directement après une pièce donc, finalement, à quoi bon aller sur le net ? Et il y a un contact avec les comédiens que les gens apprécient… A Auderghem, j’ai vécu des rencontres formidables.

Pousser les comédiens à aller voir le public après une pièce, c’est tendance à l’heure des réseaux sociaux ?

Bruno Madinier : Chacun fait comme il veut et c’est pareil pour les réseaux sociaux. Le cinéma créé de l’appétence par la distance alors que la télé essaie de créer de la proximité tout le temps alors que ça ne sert à rien. Il faut aussi créer un peu de distance pour que les gens aient envie. Je suis très partagé là-dessus.

Davy Sardou : Tout va très vite. Ce qui marque le plus les gens sont les artistes qui font partie des meubles et qui ont donné beaucoup pour créer des souvenirs. Ils ont marqué les gens, ces derniers ont tellement de souvenirs par rapport à leur carrière et pas par rapport à leurs images personnelles sur le net. Et il y avait moins d’occasions de rencontrer les vedettes !

Bruno Madinier : C’est compliqué le rapport au public, on ne peut pas être accessible tout le temps. Comme tout le monde a désormais un smartphone, vous êtes en représentation permanente et c’est chiant. C’est une dictature. Je vous donne un exemple : j’ai croisé un mec l’autre jour et il était accompagné de sa famille. En parlant très fort, il leur a dit : « Vous avez vu, c’est l‘acteur de machin ! ». Je me retourne pour dire bonjour et, presque offusqué, il leur dit : « On voit qu’il n’aime pas nouer contact rapidement. »

Davy Sardou : On vient de donner une interview radio et on s’interrogeait sur le fait de se faire filmer pendant qu’on parle dans un micro-radio. A 8h du matin, on doit donc se faire maquiller pour se faire filmer afin de retransmettre cela à la télé ou sur le net.

Après toutes ces réflexions, que pouvez-vous nous dire sur vos projets ?

Davy Sardou : Après les ultimes représentations des Vœux du Cœur, je démarre mi-novembre les répétitions d’Hôtel des deux mondes, une pièce d’Eric-Emmanuel Schmitt avec sept autres comédiens. Elle arrive en janvier 2017 au Théâtre Rive Gauche.

Bruno Madinier : J’ai aussi un projet théâtral mais non signé donc j’en parlerai plus tard. Rien à l’horizon concernant la télévision ou le cinéma mais ça pourrait arriver à tout moment.

La question qui vous a poursuivi, c’est « à quand Dolmen 2 » ?

Bruno Madinier : Ce fut une erreur de ne pas le faire. Les auteures ont sorti un nouveau bouquin et il y avait donc matière.

On disait que TF1 a demandé qu’on réécrive plusieurs fois et aurait jeté l’éponge au bout de la 4ème fois à peu près.

Bruno Madinier : Ah bon ? C’est bien dommage…

 

Interview > Luigi Lattuca 

 

 

LA TOURNÉE « Les Vœux du Cœur » encore à :

• à PLAISIR (région parisienne) le jeudi 10 novembre 2016

• à SALON DE PROVENCE (13 ) le Jeudi 1er décembre

• à DOUAI (59) le lundi 5 décembre

• à CANNES le samedi 10 décembre

• à BRUXELLES, au Centre Culturel d’Auderghem, les mardi 13, mercredi 14, jeudi 15, vendredi 16, samedi 17 et dimanche 18 décembre.

Le portrait chinois de Laurence Bibot

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Entre « Bibot debout » (seule-en-scène) et « Bibot et Guiz se testent », Laurence est très occupée. S’il ne reste apparemment plus de places pour le second, le premier est à redécouvrir ce vendredi 23 septembre au Kings of Comedy Club de Bruxelles (Chaussée de Boondael).

Si vous étiez… une couleur ?

Le rouge. On ne peut pas rater le rouge, c’est un signal chaud.

Une saison ?

L’été pour la lumière et la chaleur. Et puis, c’est une saison plus rigolote.

Un accessoire ?

Des baskets. Avec la pilule et les antibiotiques, ça fait partie des inventions majeures ! J’adore porter des talons mais je n’ose pas à cause de ma taille.

Une tenue pour glander ?

Pieds nus, ça, c’est sûr, et pratiquement en culotte et marcel. A mon âge, c’est pathétique mais bon…

La chanson qui tourne en boucle dans votre iTunes ?

Je change très souvent toute ma play-list. C’est entre les années 50 et 70. L’an dernier, j’écoutais surtout « Funky Chicken ». Ça venait de sortir, ce sont des morceaux groove belges des années 70. On ne devine absolument pas que c’est de chez nous.

Un film ?

« Blanche-Neige » car c’était le premier film que je suis allée voir au cinéma. Mais les autres enfants dans la salle me tapaient sur le système.

Un livre ?

« L’Arabe du futur » de Riad Saatouf.

Une photo ?

Un paysage urbain de Massimo Vitali.

Un site ?

Wikipedia, évidemment. C’est indispensable.

Un compte Instagram ?

Je ne sais même pas ce que c’est…  bibot_guiz

Un doudou, un gri gri ?

Un Parker rose.

Un moyen de transport ?

Le tapis volant. J’aimerais tellement que ça existe.

Ce que vous avez toujours dans votre sac ?

Des Chokotoff.

Un tic, une manie ?

Je commence très souvent mes phrases par « Non ».

Un goût ?

Je serais le mélange sucré/salé. Le sel sur les fruits, par exemple.

Un artiste ?

Je serais Walt Disney. Il a transformé le monde à son image.

Un cadeau à vous-même ?

Je me prive assez peu, je sais me faire plaisir. Je dirais peut-être grand-mère plus tard. L’un des avantages de vieillir, c’est de transmettre.

Une ennemie ?

L’impatience

Votre dernier geste avant d’aller vous coucher ?

Je vérifie que mon smartphone est en mode « silencieux ».

Votre premier geste quand vous vous levez ?

Ben, je regarde l’heure.

Une crasse ?

Des frites du McDo.

Un mec ?

Mon mari.

Une fille ?

Calamity Jane ou une autre femme aventurière.

Un plaisir coupable ?

Ne regarder que des séries pendant tout un week-end.

La dernière photo prise avec votre smartphone ?

C’est une photo de ma télé. On parlait de l’homme sans chapeau dans une église en Arménie pendant le discours du Pape. L’image a fait le tour du net. En général, ce sont des photos qui ne font rire que moi.

 

Luigi Lattuca

Le plein de stars parisiennes au Centre Culturel d’Auderghem – que réserve la toute nouvelle saison ?

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Tour d’horizon de la nouvelle saison au petits oignons de cet élégant centre de loisirs et de divertissement bruxellois. Objectif cette année : rapprocher et faire réfléchir… avec des visages bien connus du petit écran.

Le Centre Culturel d’Auderghem est, avec le Théâtre Saint-Michel, le haut lieu de la comédienne parisienne à Bruxelles. Depuis des années cependant, le CC dirigé par André Baccichet a pris de l’avance. En 2016 et 2017, c’est sûr, c’est là-bas qu’on pourra applaudir beaucoup de doux visages bien connus des téléspectateurs fidèles de TF1 ou des chaînes de France Télévisions.

« Avec les pièces déjà passées à Paris et que je vais voir pour faire ma sélection, on tente de convenir aux attentes du public et ce qu’on reflète comme image sur Bruxelles : quelque chose de complémentaire plutôt que de proposer de l’original avec des succès populaires. Le CC d’Auderghem rassemble. » nous confie A. Baccichet son directeur depuis 1999.

Déjà 2200 acheteurs pour les nouveaux tickets

L’endroit accueillera, cette saison encore, l’un des habitués : Francis Huster. « Ses performances sont toujours incroyables et il attire du monde. Francis a su créer un lien particulier avec Bruxelles. » Et il emmènera cette fois dans ses bagages la belle Ingrid Chauvin dont il fait tourner la tête dans « Avanti ! ». « On a la chance d’avoir Ingrid, très belle comédienne parfaite dans le rôle qu’elle tient dans « Avanti ! ». Sa rencontre avec Francis Huster est assez exceptionnelle. » D’ores et déjà un succès assuré dans la billetterie.

L’équipe s’active actuellement pour garantir à tous les comédiens un accueil digne de ce nom. « Chaque rentrée est importante, explique monsieur Baccichet. Elle est la consécration de nos choix, des objectifs à atteindre et on espère que le public répondra présent. » Le CC fonctionne toujours avec un concept d’abonnement et il y a déjà à peu près 2200 séduits depuis juillet. Beaucoup de fidèles et un éternel roulement d’année en année, nous glisse-t-on. « On remplit les salles avec aussi un public d’un jour attiré par les affiches. » 

Voeux du coeurDemandez (et réfléchissez) le programme !

D’un côté, on a « Paris-Théâtre » (avec environ 6 représentations pour chaque gros spectacle) et de l’autre des venues assez exceptionnelles d’une ou deux fois seulement.

Mais allez, on verra quoi ? Sélection non exhaustive :

Les Beatles ouvrent le bal ! Oui, oui. Enfin, pas les vrais mais lisez… Ils furent des chercheurs féconds et exigeants, nous dit le programme du site officiel. En 1969, leur musique n’avait plus rien de commun avec celle de leurs débuts. En six ans, stimulés par George Martin, leur producteur, ils s’étaient retournés comme des gants. Après « Bach to Rock », Dominique Jonckheere, chef d’orchestre, compositeur, musicien et chanteur, relève le défi de les interpréter … dans leur jus! Dans son spectacle « BeatleJuice » (du 28 au 30 septembre), il est seul en scène, avec ses guitares, sa voix, son piano, ses ordinateurs, soutenu par les invisibles complices de l’Orchestre de Chambre Oratorio, restés en studio. Pour que la musique soit totale!

Isabelle de Botton (du Théâtre Bouvard) vient en début de saison du 18 au 23 octobre. Puis, Bruno Madinier du 13 au 18 décembre.

« Les chatouilles ou la danse de la colère » (du 7 au 12 février 2017) a reçu des critiques incroyablement dithyrambiques. L’histoire insolite d’Odette, une jeune danseuse dont l’enfance a été volée et qui se bat pour se reconstruire. A travers une galerie de personnages entre rires et émotions, les mots et la danse s’entremêlent et permettent à Andréa Bescond de transporter le spectateur dans un grand huit émotionnel.

Il y a comme un fil-rouge cette saison : des pièces qui prêtent toutes à réflexion, qui vont droit au but : « l’important est l’amour, le partage et l’intolérance. » Le spectateur va s’imprégner sans qu’on lui impose des idées. « C’est important pour moi, souligne André Baccichet. Les spectateurs pourront en tout cas profiter longuement de chaque vedette venue de Paris (ou d’ailleurs) puisque six représentations sont programmées par gros spectacle. Ils vont tous dans des directions particulières mais toujours dans l’espoir de pousser les gens à s’interroger sur le chemin du retour… et au-delà.

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Au-delà de la saison « Paris-Théâtre », on verra, le 4 février, Michèle Bernier revenir à Auderghem. Elle sera sur scène avec sa fille dans « Je t’ai laissé un mot sur le frigo« , une pièce assez remarquée. « Pas de comédie avec de happy-end mais c’est un petit bijou d’émotion », nous promet le directeur du centre. Ensuite, en mars, viennent de s’ajouter « 24 heures de la vie d’une femme » (que Clémentine Célarié ira aussi jouer à Binche) et « Un nouveau départ » avec Corinne Touzet. En avril, enfin, « Avanti ! » clôturera une saison bien faste.

La garantie de bien voir

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cet endroit, il possède une salle arrondie, à la manière de celle de Wolubilis. Son directeur en est d’ailleurs particulièrement fier : « Elle est très bien faite, en forme de gradins et toutes les places sont bonnes. Le dernier rang est à 26 mètres de la salle donc que les gens ne s’inquiètent pas trop. Le premier rang a aussi ses inconvénients. Si le plateau est bien occupé par les comédiens, c’est mieux de voir à partir du 10ème rang. On profite mieux du décor, des entrées et des sorties. » téléchargement (1)

Et comme nous parlons ici d’un centre culturel, il y a aussi des thrillers haletants, des films sur les voyages (collection « EXPLO »), des spectacles de danse orientale et d’autres surprises à consulter ici : http://www.ccauderghem.be/

Belles émotions !

Luigi Lattuca 

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Séances proposées pour chaque spectacle : voir site.

Le guichet est ouvert le lundi, mardi, jeudi et vendredi de 11h à 15h , le mercredi de 13h à 17h et le samedi de 10h à 14h.

Réservation par téléphone : lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 11h à 17h, le mardi de 11h à 15h et le samedi de 10h à 14h.

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BeTV boosté à bloc pour sa nouvelle saison !

SPECTRE

Daniel Craig stars as James Bond in SPECTRE.

Le bouquet payant promet de nouveaux voyages et de nouveaux horizons dans ses cartables de rentrée. Voici le programme.

Chaque année, BeTV confie la presse dans un lieu différent. Ce matin, c’est au musée MIMA de Molenbeek que nous avions rendez-vous pour découvrir l’offre 2016 – 2017 des 7 chaînes du groupe. Et le cartable de Be 1, Be 1 +1h, Be Séries, Be Ciné, Ciné+ Premier, Ciné+ Frisson et Ciné+ Classic est bien rempli. Après un travail de visionnage particulièrement dense, qu’ont acheté les acquisiteurs ?

Des séries en pagaille

Même si le teaser qui lançait la conférence mettait plus l’accent sur le cinéma, les chargés de communication et marketing de BeTV mettaient ensuite au bar – et dans leurs dossiers – l’accent sur les séries. Il faut dire qu’il y a de quoi faire sur les quelques 400 productions venues chaque année des Etats-Unis. Et encore plus depuis que des chaînes plus pointues comme Arte ont décidé de s’intéresser à ce qui se fait dans les pays nordiques et britanniques. Dès ce vendredi 2 septembre, Félicity Huffman lance la saison  de Be Séries avec 10 nouveaux épisodes d’American Crime. Damian Lewis (Homeland) lui emboîtera le pas samedi soir avec Billions. La trame consiste à coincer le beau roux pour délit d’initié. Le procureur (incarné par Paul Giamatti) y arrivera-t-il ? On nous la présente comme la nouvelle perle noire de Showtime. Be 1, elle, accueillera de nouveau Sélina Mayer, l’héroïne de Veep qui entre déjà dans sa 5ème année. Diffusion stratégique : un peu avant les prochaines élections présidentielles américaines, soit le 13 octobre.

Westworld©HBO

Le même mois : « Once upon a time », « Westworld » (série d’HBO – photo ci-dessus) et « Preacher » (série trash d’AMC). Et toujours « Braquo », « Homeland » et « House of Cards » en première exclusivité. On remarque que la chaîne puise de plus en plus dans le catalogue des chaînes câblées américaines et s’est même attribué le label Home of HBO pour Be1. La chaîne Séries est donc particulièrement gâtée cette année car elle fête son 10ème anniversaire. Le groupe se félicite d’ailleurs d’avoir anticipé, à cette époque, le bing-watching (visionnage gourmand de plusieurs épisodes à la suite).

Toujours les Magritte du Cinéma

Et que serait également BeTV sans le cinéma ? On nous annonce, pour passer de belles soirées, Star Wars – Le retour de la force, Marguerite, Mon roi, Le fils de Saul, American Ultra, Joy, 007 Spectre et presque 500 autres films. En plein hiver, nous aurons également droit à la 7ème cérémonie des Magritte du cinéma le samedi 4 février 2017. Un événement qui, grâce à son palmarès, permet de retrouver plusieurs têtes belges dans de plus en plus de fictions françaises que nos chaînes se font d’ailleurs un plaisir de diffuser. Un cercle vertueux. La cérémonie des César emboîtera le pas le 24 février.

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BeTV est également fier de ses documentaires. Intégration Inch’Allah ouvre le bal ce 4 septembre à 21h sur Be1. Suivront Le studio de la terreur (sur la machine de propagande de Daech, Demain (le Césarisé qu’on ne présente plus, vrai carton en Belgique), La collection papillon – Milliardaires pour la bonne cause, Pour qui vote Hollywood ? et enfin Le grand jour (sur l’éducation et l’apprentissage)

 Des divertissements flambants neufs

Le Grand Journal fera toujours de l’actu culturelle et quotidienne mais avec Victor Robert. Le Petit Journal, lui, est désormais présenté par Cyril Eldin qui recevra les gens qui animent le débat public et font l’actualité. Mouloud Achour proposera une alternative à tout cela : Le gros journal, en direct depuis son bureau mobile. Il ira à la rencontre des citoyens pour des interviews annoncées comme « exceptionnelles » et  » à domicile ».

MOULOUD ACHOUR en 4/3

Mouloud Achour – Be 1 – du lundi au vendredi dès le 5 septembre

Ce sera aussi les 10 ans de L’effet Papillon et le baptême de la nouvelle émission d’Antoine De Caunes. Son titre original ? L’émission d’Antoine. Tendances, idées, manifestations, créativité, insolite, …En résumé, du lifestyle fantaisiste.

Vous l’aurez compris, cette année encore, c’est l’offensive pour BeTV. Une offre encore plus complète pas du tout influencée par Netflix ou le net, nous dit-on. Et inutile d’insister.

FELICITY HUFFMAN

AMERICAN CRIME -Saison 2 – dès le vendredi 2 septembre à 20h30

Texte : Luigi Lattuca

Photos : BeTV (presse)

Radio Contact : une rentrée toujours « feel good » !

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Radio Contact est toujours la radio n°1 en Belgique francophone. Forts de ce succès, les animateurs ont, dimanche, fêté tout sourire le lancement de la nouvelle saison. Peu de changements annoncés, une grille stable mais toujours de la bonne humeur !

A la base radio régionale, Radio Contact a l’habitude de sillonner le terrain. Il y a deux jours, Maria, Olivier, Pablo, David et consœurs étaient partis à l’aube de Bruxelles pour rejoindre Charleroi et Liège. L’équipe, devenue pointue dans l’utilisation des réseaux sociaux, s’est nourrie de l’énergie du public venu en masse réclamer un autographe et une photo comme le prouve cette galerie :

 

Le bonheur est dans les habitudes

« Le plus dur n’est pas d’arriver à la première place mais d’y rester », confie Christopher Barzal, directeur de communication chez RTL Belgium. Avec encore 0,6 de points en plus sur la dernière vague CIM (études de marché) en radio, la production offre pour 2016 – 2017 une grille relativement stable à ses auditeurs. On garde l’ADN de Radio Contact (qui a d’ailleurs transpiré sous le soleil ce dimanche en ces heures de chaleur historique).

Maria et Olivier, « voix-chéries des auditeurs », gardent la tranche du 6 – 11h et continueront de réveiller les auditeurs dans le Good Morning. David Antoine conserve son 16 – 20h et Mlle Luna fera de nouveau fonctionner ses platines les vendredis et samedis dès 20h. « Stabilité de la grille pour creuser le sillon de proximité, explique C. Barzal. Les animateurs veulent et revendiquent même l’esprit feel-good. C’est un slogan fort auquel ils tiennent. »

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Toujours 31 Contact News, toujours des chansons mais aussi des événements. Les grosses mobilisations ont également été dévoilées sous des titres-défis : « L’équipe va se faire cloner », « Moins d’embouteillages », « Ils l’ont fait en 80 jours… On le fera en 15 » et le « 16/20 entrera dans l’Histoire de la Belgique ». Tous été pensés en terme de proximité.

L’équipe est en tout cas confiante, le buzz est assuré et les nouvelles recrues se sentent parfaitement intégrées, à l’image de Rosario, le Liégeois qui remplacera Quentin Descotte chaque matin le week-end. « Je me lève à 4h du matin pour rouler jusque Bruxelles, que les gens le sachent », rigolait-t-il dimanche après-midi. « On ne m’a pas demandé de changer que ce soit en tout cas. » 

Réellement une rentrée feel good, oui !

 

Texte et photos : Luigi Lattuca

« La Venture » : vive le co-working !

 

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Le co-working, une nouvelle vision du travail à la mode. Ces espaces de coopération à plusieurs pour travailleurs indépendants se démocratisent et se multiplient dans Bruxelles. Au programme : création et stimulation. Focus sur « La Venture » situé à Uccle.

 

C’était il y a un an. Arnaud, Adrien et Michaël inauguraient à Uccle « La Venture », l’espace regroupant leurs nouveaux bureaux… pour les autres. Grâce à leur initiative, la nouvelle génération de travailleurs a, en effet, la chance de travailler à plusieurs et d’ainsi briser sa solitude.

Le co-working est un concept relativement récent, un nouveau mouvement communautaire. Il se définit généralement comme étant une plateforme d’entraide pour les indépendants, les porteurs de projets ou encore les télétravailleurs. « La Venture » fait partie de ces espaces fournissant du matériel (telle qu’une imprimante), la possibilité de rompre son isolement, une grande flexibilité et surtout un réseau de contacts et d’échange avec d’autres entrepreneurs sur les nouvelles idées à creuser et les compétences associées. Un espace lumineux très design, très loft new-yorkais. Arnaud, 32 ans, l’un des co-fondateurs, nous explique la philosophie du projet : « A la base, je suis graphiste et j’ai bien connu la non-séparation vie professionnelle/vie privée. Depuis neuf ans, je suis à la tête d’une agence de communication et nos clients cherchaient des espaces qu’ils n’arrivaient pas à louer. Un jour, alors qu’on cherchait un studio photo, on est tombé sur l’espace qu’est devenu La Venture mais qui nous semblait trop grand pour y faire uniquement des shootings. Nous avons donc proposé à nos collaborateurs d’y travailler. Nous sommes ravis de la bonne synergie entre les différents métiers artistiques qui s’y retrouvent. »

Synergies créatives

Un graphiste pourra, par exemple, y rencontrer une personne avec plus de sens commercial. « La Venture » met bien en avant l’approche pluridisciplinaire et créative de ses locaux. La dimension sociale des relations et activités professionnelles y est bien mise en exergue. « Un seul mot d’ordre : la collaboration ! Qu’il y ait de l’innovation collaborative dans nos espaces ne fait aucun doute, promet Arnaud. D’ailleurs, mon collègue Adrien qui bosse avec moi dans une boîte de communication souhaite être médiateur dans l’espace de co-working et aller y insuffler un vrai esprit créatif. »

Les milieux créatifs peuvent en effet bénéficier, en ces lieux, de stimulation d’idées. A cette fin, Arnaud, Adrien et Michaël débutent la location des bureaux à trois mois. Les raisons : la volonté de développer de vraies relations entre les locataires et la taille de l’espace. Du côté des cadeaux, il y a un espace zen, des boissons, un accès pour gérer entrée et sortie de bureau, son armoire personnelle et même la comptabilité. « C’est un des plus de chez nous, explique Arnaud. Un comptable est à la disposition des gens qui en ont besoin. On est, là encore, l’idée d’associer les compétences des gens. »

Outre les free-lance bien connus des fondateurs de cette start-up, les potentiels nouveaux locataires auront l’occasion de visiter les lieux lors de soirées thématiques mensuels à l’étude : « Nous avons dans l’idée de provoquer les rencontres – en ce sens, l’organisation de soirées spéciales nous semble être une chouette idée. » Ils annoncent des dégustations de vins, de bières, des workhop photos ou encore des cours d’entreprenariat. L’espace qu’ils ont aménagé est donc ouvert aux personnes prêtes à partager des locaux, des bureaux, des idées, des repas sans pour autant avoir des clients en commun.

 


BUREAU PRIVATISÉ

  • Accès 7J/24 (clef et code personnels)
  • Imprimante, scan et photocopieuse
  • Espaces de réunion
  • Accès au bar
  • Armoires sécurisées

A PARTIR DE 590€ par mois

 

POSTE DE TRAVAIL

  • Accès 7J/24 (clef et code personnels)
  • Imprimante, scan et photocopieuse
  • Espaces de réunion
  • Accès au bar
  • Armoires sécurisées

A PARTIR DE 150€ par mois

 

STUDIO PHOTO

  • Espace de prise de vues
  • Matériel d’éclairage et de prise de vue

 

 

Envie de découvrir LA VENTURE ?

Chaussée d’Alsemberg, 993
Uccle

http://www.la-venture.be

Email : info@la-venture.be
Téléphone : 0498/02.56.86.

 

Conventions séries : nouveau phénomène à prix d’or

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Rencontrer des acteurs de télé à prix d’or : c’est le principe de ces événements devenus véritables phénomènes dans les communautés de fans. Suivez le guide !

Convention : derrière ce terme un peu rigide se cache en réalité de grandes joies… si tant est qu’on puisse se les payer. Une convention est en fait une rencontre organisée avec vos comédiens préférés. Surtout réservé aux phénomènes de la télé, elle prend place dans un endroit réputé (un palais des congrès, un hôtel luxueux ou même Disneyland) et permet aux fans de se faire signer des autographes, prendre en photo et même de poser des questions aux acteurs qui veulent bien se déplacer. Même si rien n’est gratuit, le phénomène va grandissant et ne cesse de faire des petits.

CHER COMME UNE SEMAINE DE VACANCES

Tout a commencé en 2007 avec 100 personnes pour « Buffy Memories » à Paris. Depuis, le concept s’est démocratisé et a prospéré sur les succès de « Twilight », « Supernatural » et « Skins ». L’organisation n’a pas changé et les acteurs tentés de se déplacer sont même de plus en plus nombreux. Une journée de convention débute le plus souvent à 9h pour se terminer à 18h. Entre ces deux timings, le fan acharné peut écouter des interviews de ses comédiens préférés, prendre la pose désirée (en général, les stars jouent le jeu) et faire la file pour le bien connu autographe personnalisé. Mais le prix d’entrée ne donne pas nécessairement accès à toutes ces étapes. Pour chaque envie, le portefeuille doit s’ouvrir. Si les organismes tentent de garder la même gamme de prix pour éviter de trop faire râler les acheteurs, un acteur peut se montrer gourmand. S’il ferait trop pencher la balance du prix d’entrée, les organisateurs nomment alors l’invité « extra-guest » pour être sûrs de ne pas dépasser les moyennes de prix établis sur base des cachets demandés par les acteurs qui vivent aussi désormais de ces rencontres. C’est pour cela que les tarifs sont annoncés après le nom des stars invitées, les négociations pouvant être rudes. Les prix, parlons-en. Ils font l’objet d’une réflexion intense avant de cliquer sur le Pass voulu. Un Pass contient toute une série d’actions avec les acteurs présents. Pour les fans ne se déplaçant que pour un seul d’entre eux, il est souvent plus intéressant de prendre le petit pour pénétrer sur les lieux de la convention (entre 100 et 150€) avec des « extras » (photo, autographe – entre 30 et 50€ pour chaque -, séance de questions, etc.) sur le côté. Et pour être sûrs que les fans déboursent, les organisateurs imposent une série de règles : interdiction de filmer pendant les panels, de prendre des photos/vidéos pendant les shootings/autographes/meetings rooms avec admirateurs et pas de selfies avec un acteur. Avec les transports et le logement, le week-end avec célébrités peut donc coûter autant qu’une semaine de vacances.

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« Once Upon A Time » à Versailles en juin 2014

DU BEURRE DANS LES EPINARDS DES ACTEURS

Cas pratique : GuestEvents, qui a organisé « Witches vs Vampires » (sur les séries « Charmed » et « Buffy ») à Paris les 19 et 20 mars derniers, est un peu plus cher que KLZ Events (qui, eux, préparent une convention « Vampire Diaries », puis une « Arrow »/  « The Flash » à Bruxelles) mais réputé plus intéressant sur ses contenus. A plus de 4400€ le ticket VIP pour leur « Fairy Tales Convention » avec les acteurs de « Once Upon A Time », on espère pour les fans que le contenu en vaut la chandelle (ou plutôt la carte bleue) ! Pas étonnant qu’une bruxelloise qui court les conventions nous confie avoir entendu que beaucoup de personnes n’hésitaient pas à faire des emprunts pour pouvoir s’offrir les badges VIP. Les cachets des vedettes invitées restent, quant à elles, top secrètes.

 

Si les francophones sont ravis de voir débouler des événements-séries en Belgique et France, ce serait en Angleterre que les conventions les plus intéressantes se déroulent. Chez Rogue Events, par exemple, le Pass de base (on le rappelle, juste pour entrer) est facturé 140€ avec l’accès à 2 soirées à thèmes (mais sans  acteurs). Ensuite, il faut compter entre 15 et 25 livres sterling pour un autographe et 20 à 30 pour la photo-souvenir. Mais attention, les guests importantes comme les héros principaux de séries demandent plus, à l’instar de Stephen Amell (le « Arrow ») dont le cliché avait été facturé 70 livres. Certains fans un peu serrés partagent donc une photo à deux pour diviser les frais.

Bien pratique pour les comédiens qui mettent donc du beurre dans leurs épinards tout en étant congratulés pendant tout un week-end. Un baume très lucratif pour l’égo. Et si vous voulez vous y mettre, ce ne sont pas les thématiques qui manquent.

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Holly Marie Combs et Shannen Doherty (Piper et Prue Halliwell dans « Charmed ») 

 

© Luigi Lattuca pour La Dernière Heure

Photos : Florence Roosens

 

 

A VENIR :

 

 

·         Gleek Reunion (Glee) : le 10 et 11 décembre à Paris.

·         A Con (Pretty Little Liars) : le 17 et 18 décembre à Bruxelles.

·         Welcome To The Magic School (Harry Potter) : le 14 janvier 2017 à Paris.

·         Sunny Hell Convention (20 ans de Buffy contre les Vampires) : 15 et 16 avril à Paris.

 

 

#TBT (Throwback Thursday) : Thomas Dutronc et ses textes à l’encre humaine

Watzby T. Dutronc

En recherche d’intemporalité musicale, Thomas Dutronc nous offrait avant l’été 2015 onze nouvelles chansons. Quatre ans après son précédent disque, il repartait en promotion pour « Eternels jusqu’à demain ». A Bruxelles, il s’était notamment arrêté en ma compagnie à l’hôtel Be Manos (près de Bruxelles-Midi). Longue interview, séance photo inédite : un artiste disponible et romantique.

A 42 ans, pour Thomas, « Éternels jusqu’à demain » était le titre de disque idéal. L’heure des premiers bilans a sonné dans une ambiance jazzy-pop. Grâce à un mix de jazz manouche (dont il a fréquenté l’élite des musiciens aux Puces de Saint Ouen) et de variété, les effluves, les odeurs et les goûts de ce nouveau recueil sont clairs : à écouter sur une couverture rosée déposée dans l’herbe, comme le suggère un des titres. Les mots du disque sont limpides, le chanteur ayant voulu ne pas faire trop de jeux de mots afin d’être immédiatement compris. Une galette élégante réalisée avec harmonie et rythme à Londres avec Jon Kelly (producteur de Paul McCartney et Kate Bush) dans laquelle Thomas Dutronc s’interroge sur ses actions passées, celles qui le constituent, tout en continuant à se montrer séducteur. De simple biographie, le disque passe, au fil de l’écoute des titres, à voyage intérieur et fait naître des tas d’images. Végétant dans son « bain d’introspections », Thomas Dutronc vous invite dans l’eau. A découvrir ou redécouvrir à l’heure où tout est si vite consommé et donc oublié.

T. Dutronc

L.L.

La Belgique à toutes les sauces !

Pas besoin de banque pour lancer un projet. Sylvain, 32 ans, en est la preuve. Ses quatre sauces 100% made in Belgium ont déjà séduit des milliers de papilles. Avant de lancer la cinquième, il racontait pour votre serviteur son parcours et sa rencontre avec le réalisateur du culte « Dikkenek » emballé par le projet « sauce Dallas ». Une vraie success story 100% belge.

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Le teint blanc ou brun, le front élevé, les yeux petits ou grands, on ne le saura pas. « Je m’appelle Sylvain et j’ai 32 ans. » C’est tout ce qu’on saura, c’est le petit côté Daft Punk du créateur de Brussels Ketjep. La Belgique étant un pays réputé pour ses cornets de frites, il fallait aussi mettre la barre très haute pour les sauces. Et un jour en Espagne, en mangeant un croque-monsieur, Sylvain, en fin de vingtaine, a vu l’idée de créer son propre ketchup germer dans sa tête. « Sur le marché, il n’y avait que Heinz ou des marques de supermarchés. Déjà, le nom de Heinz n’est pas très chaleureux et ils ne précisent même pas aux consommateurs dans quel pays d’Europe ils fabriquent le ketchup. » Une fois le nom de Brussels Ketjep trouvé (en hommage à sa ville de cœur), Sylvain fait appel à une entreprise familiale belge qui l’a aidé à fabriquer les quantités qu’il désirait. « Je ne voulais pas du tout avoir le même nombre de bouteilles que les supermarchés. Faire les choses simplement sans business plan était ce que je désirais. »

Les tomates et puis les œufs

Sylvain ne partait pas sans connaissance du marketing car il avait précédemment travaillé au lancement de bières, sodas et chocolat. « J’ai analysé la compétition pour ces produits. Pour le marché de ketchup, on peut dire qu’il n’y en a pas. C’était déjà un bon point. » Mais il faut quand même se distinguer… C’est d’abord sur le goût que notre jeune trentenaire s’est focalisé. Son ketchup contient 50% de tomates fraîches et plus ou moins la même quantité d’épices que la concurrence. A l’automne 2012, des restaurants se montrent assez rapidement intéressés par ce produit made in Belgium. « C’est moins cher de commencer par eux », explique Sylvain. Mais certains établissements lui demandent d’également créer une mayonnaise afin de ne pas avoir un « déséquilibre » pour le choix des sauce à table. En avril 2013, la mayonnaise de Sylvain est prête. L’âme de ce nouveau coulis ? Très peu de sucre. « Les mayonnaises deviennent de plus en plus sucrées, en particulier dans les fast-foods. Pour la mienne, j’en voulais peu et un goût pas trop moutardé ou huileux. La recette dépend aussi des pays… Les Français, par exemple, utilisent moins de jaunes d’œufs que nous. »

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« Ceci n’est pas une sauce »

Ces deux premières sauces sont distribués chez Rob, Deli Traiteur, des boucheries et des épiceries fines entre autres. Un choix stratégique pour son positionnement sur le marché. La troisième, la sauce Dallas, est trouvable chez Carrefour. Dallas… Les plus belges d’entre nous penseront tout de suite à une scène du film « Dikkenek » avec François Damiens. Et bien, c’est de là que part l’idée de création de la sauce Dallas. Après le classique, Sylvain est passé au farfelu. « Un soir, après avoir ingurgité quelques bières, un ami m’a lancé beaucoup d’idées. On en est venus à parler de « Dikkenek » où tout est très décalé. La preuve : la sauce Dallas n’existait tout simplement pas dans la vie. Mais une page Facebook de fans de la sauce Dallas, si. C’est typiquement belge, ça ! Ça m’a vraiment motivé, comme si je percevais une demande. Je voulais que cette sauce pique et qu’on utilise des petits oignons, du paprika et du romarin. » Sylvain va même plus loin : il veut l’avis d’Olivier Van Hoofstadt, le réalisateur de « Dikkenek ». Ce dernier, intrigué, l’invite chez lui pour la dégustation. « Avant de sortir la sauce, j’ai demandé à Olivier comment il voyait la sauce et il m’a répondu en orange, avec du piquant. Nous avons ensuite papoté de tout et de rien et je suis parti en lui déposant la sauce. Deux jours plus tard, il m’a rappelé pour me confier qu’il avait vidé le pot en deux jours. Il m’a même encouragé à ajouter le logo du film sur la bouteille. » Une fois de plus, les commandes sont vite arrivées pour recevoir cette sauce au nom texan. Certains restaurants se sont même mis à créer du filet américain sauce Dallas et trois friteries de Paris la proposent aussi. Et, in fine, c’est la sauce moutarde qui vient agrandir la famille.

Aujourd’hui, Sylvain se permet de savourer son succès mais ne se prend pas la tête avec. « Ce n’est pas le genre des Belges. On célèbre une victoire de football ou de tennis mais le lendemain, on oublie. Nous ne sommes pas du tout chauvins. » Et il peut : certaines personnes ont démontré via les médias sociaux qu’elles amenaient même ses sauces chez Quick désormais ! Ces réseaux resteront sans aucun doute pour lui un très bon moyen de savoir si son prochain bébé plaît. Il confiait, en effet, voici un an travailler sur une cinquième sauce mais préfère en taire le nom. La recette était encore à perfectionner mais le goût déjà sur ses papilles.

Interview > Luigi Lattuca