BeTV boosté à bloc pour sa nouvelle saison !

SPECTRE

Daniel Craig stars as James Bond in SPECTRE.

Le bouquet payant promet de nouveaux voyages et de nouveaux horizons dans ses cartables de rentrée. Voici le programme.

Chaque année, BeTV confie la presse dans un lieu différent. Ce matin, c’est au musée MIMA de Molenbeek que nous avions rendez-vous pour découvrir l’offre 2016 – 2017 des 7 chaînes du groupe. Et le cartable de Be 1, Be 1 +1h, Be Séries, Be Ciné, Ciné+ Premier, Ciné+ Frisson et Ciné+ Classic est bien rempli. Après un travail de visionnage particulièrement dense, qu’ont acheté les acquisiteurs ?

Des séries en pagaille

Même si le teaser qui lançait la conférence mettait plus l’accent sur le cinéma, les chargés de communication et marketing de BeTV mettaient ensuite au bar – et dans leurs dossiers – l’accent sur les séries. Il faut dire qu’il y a de quoi faire sur les quelques 400 productions venues chaque année des Etats-Unis. Et encore plus depuis que des chaînes plus pointues comme Arte ont décidé de s’intéresser à ce qui se fait dans les pays nordiques et britanniques. Dès ce vendredi 2 septembre, Félicity Huffman lance la saison  de Be Séries avec 10 nouveaux épisodes d’American Crime. Damian Lewis (Homeland) lui emboîtera le pas samedi soir avec Billions. La trame consiste à coincer le beau roux pour délit d’initié. Le procureur (incarné par Paul Giamatti) y arrivera-t-il ? On nous la présente comme la nouvelle perle noire de Showtime. Be 1, elle, accueillera de nouveau Sélina Mayer, l’héroïne de Veep qui entre déjà dans sa 5ème année. Diffusion stratégique : un peu avant les prochaines élections présidentielles américaines, soit le 13 octobre.

Westworld©HBO

Le même mois : « Once upon a time », « Westworld » (série d’HBO – photo ci-dessus) et « Preacher » (série trash d’AMC). Et toujours « Braquo », « Homeland » et « House of Cards » en première exclusivité. On remarque que la chaîne puise de plus en plus dans le catalogue des chaînes câblées américaines et s’est même attribué le label Home of HBO pour Be1. La chaîne Séries est donc particulièrement gâtée cette année car elle fête son 10ème anniversaire. Le groupe se félicite d’ailleurs d’avoir anticipé, à cette époque, le bing-watching (visionnage gourmand de plusieurs épisodes à la suite).

Toujours les Magritte du Cinéma

Et que serait également BeTV sans le cinéma ? On nous annonce, pour passer de belles soirées, Star Wars – Le retour de la force, Marguerite, Mon roi, Le fils de Saul, American Ultra, Joy, 007 Spectre et presque 500 autres films. En plein hiver, nous aurons également droit à la 7ème cérémonie des Magritte du cinéma le samedi 4 février 2017. Un événement qui, grâce à son palmarès, permet de retrouver plusieurs têtes belges dans de plus en plus de fictions françaises que nos chaînes se font d’ailleurs un plaisir de diffuser. Un cercle vertueux. La cérémonie des César emboîtera le pas le 24 février.

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BeTV est également fier de ses documentaires. Intégration Inch’Allah ouvre le bal ce 4 septembre à 21h sur Be1. Suivront Le studio de la terreur (sur la machine de propagande de Daech, Demain (le Césarisé qu’on ne présente plus, vrai carton en Belgique), La collection papillon – Milliardaires pour la bonne cause, Pour qui vote Hollywood ? et enfin Le grand jour (sur l’éducation et l’apprentissage)

 Des divertissements flambants neufs

Le Grand Journal fera toujours de l’actu culturelle et quotidienne mais avec Victor Robert. Le Petit Journal, lui, est désormais présenté par Cyril Eldin qui recevra les gens qui animent le débat public et font l’actualité. Mouloud Achour proposera une alternative à tout cela : Le gros journal, en direct depuis son bureau mobile. Il ira à la rencontre des citoyens pour des interviews annoncées comme « exceptionnelles » et  » à domicile ».

MOULOUD ACHOUR en 4/3

Mouloud Achour – Be 1 – du lundi au vendredi dès le 5 septembre

Ce sera aussi les 10 ans de L’effet Papillon et le baptême de la nouvelle émission d’Antoine De Caunes. Son titre original ? L’émission d’Antoine. Tendances, idées, manifestations, créativité, insolite, …En résumé, du lifestyle fantaisiste.

Vous l’aurez compris, cette année encore, c’est l’offensive pour BeTV. Une offre encore plus complète pas du tout influencée par Netflix ou le net, nous dit-on. Et inutile d’insister.

FELICITY HUFFMAN

AMERICAN CRIME -Saison 2 – dès le vendredi 2 septembre à 20h30

Texte : Luigi Lattuca

Photos : BeTV (presse)

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Bilan des Magritte du Cinéma 2016 : un raffinement détendu

SAM_2853Assister à une cérémonie de récompenses du cinéma, c’est toujours gracieux, distingué, élaboré… voire démesuré. Mais nous sommes en Belgique et il y avait une ambiance plutôt cool. Un certain Parisien nommé Vincent Lindon s’en est même ému. Billet d’ambiance.

La 6ème cérémonie des Magritte du Cinéma, nos César à nous, s’est déroulée dans la salle du Square au Mont des Arts, près de Bruxelles-Central. Non exempte de défauts sur sa dynamique, elle a surtout mis en avant le fait que les politiques (Didier Reynders et Joëlle Milquet étaient dans la salle) devaient avoir à l’œil le statut d’artiste. Inutile de mettre sur pied des cérémonies de récompenses si les artistes/techniciens/artisans belges ne peuvent pas vivre de leur métier et galérer pour produire ou se faire produire. On ignore si le message va passer mais on a eu notre kota de belles robes et de discours sincères. La première à s’exhiber et à s’exprimer fut d’ailleurs Marie Gillain, présidente de cérémonie. On confirme : Marie est encore plus jolie en vrai !

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Vingt-deux récompenses furent distribuées les unes à la suite de l’autre, entrecoupées des pointes d’humour, parfois pas réussies, de Charlie Dupont. Mais de l’avis de tous, ça passait bien car les Belges se distinguent. Et c’est le lauréat du Prix d’Honneur annuel, Vincent Lindon, qui est le premier à le dire. Il était sur son petit nuage et même encore très ému au dîner étoilé qui a suivi, remerciant mille fois les Belges pour leur accueil et pour ce prix, lui, « Français qui doit se déplacer pour être récompensé ». Le milieu du cinéma français appréciera la pique. A juste titre, Vincent Lindon a reçu une longue standing ovation de la part d’une salle qui n’a pas hésité à se lever d’un coup.

Un palmarès qui a fait la part belle au cinéma flamand avec une catégorie du « Meilleur film » leur étant spécialement dédiée alors que leur cérémonie officielle, De Ensors/De Vlaamse Filmprijzen, ne regarde pas ce qui se fait du côté francophone de notre petit pays. Pas grave, nous dirons que nous sommes au-dessus de ça.

« Le Tout Nouveau Testament », oeuvre si poétique de Jaco Van Dormael, a reçu le prix du « Meilleur film de l’année« . Il y a six ans, le réalisateur avait déjà été récompensé pour « Mr Nobody » et semblait avoir des mains trop petites pour tenir tous ses trophées : « Meilleur film » donc mais aussi « Meilleur réalisateur », « Meilleur scénario » et « Meilleure musique ». Sur le site du journal Le Soir, on peut lire que Jaco Van Dormael aime filmer le côté décalé de Bruxelles : « J’aime faire de Bruxelles un lieu un peu magique, un peu décalé. Bruxelles a quelque chose de particulier : c’est tellement moche que quand tu la regardes longtemps ça devient beau ». Ce côté beau, nous avons pu le voir de tout en haut, avec vue sur le clocher de la Grand-Place lors du dîner VIP qui a suivi.

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Un dîner au cours duquel Marie Gillain n’a cessé de rire comme une petite fille aux côtés de Dany Boon avec qui elle ferait bien de penser à un scénario. Ces deux-là forment un très joli couple. La détente, la sympathie et la convivialité qui régnaient dans la salle de repas enfoncent le clou quant à l’importance d’une telle cérémonie. Vincent Lindon a d’ailleurs prévu de montrer le DVD à quelques personnes à Paris.

A l’année prochaine ! Tot volgend jaar ! See you next year !

Quand la presse française glorifie des daubes …

Petits MouchoirsAujourd’hui, j’ose, encore une fois, déranger.

Plus de 4,3 millions d’entrées en un mois d’exploitation : c’est le beau résultat qu’a affiché, en 2010, le film « Les Petits Mouchoirs » de Guillaume Canet. Je l’ai enfin vu ! Un des pires films français qu’il m’ait été donné de voir. Je n’ai cessé de repenser à tout ce que j’avais lu. C’était, soi-disant, un film à ne pas louper. Merci la presse française !

« Ce succès m’étonne totalement« , avouait Guillaume Canet lui-même. Et bien, nous sommes deux. D’accord, succès public – avec plus de 4 millions de tickets vendus – ne veut pas dire succès de cœur. Les gens ont peut-être tout simplement eu l’envie de vomir en sortant de la salle de cinéma. Ils s’y sont en tout cas précipité en masse. La faute à du suivisme suite aux critiques de médias bienveillants ? Ou plutôt de médias qui rêvent de faire partie de ces « bobos parisiens » ?

Le film est une coquille vide qui n’inspire que l’ennui. Le pire, c’est qu’il dure 2h30. Canet voulait qu’on s’attache aux personnages. C’est raté ! Le personnage de Marion Cotillard, par exemple, joue aux chiens battus et à la femme définitivement lasse de tout (sauf lasse de fumer des joints) durant tout le film. Ses pages de dialogues étaient minimes, elles n’indiquait que des roulements de yeux. Qu’importe les acteurs finalement, le scénario doit exister !

Regardez « Les petits mouchoirs », c’est comme regarder une télé-réalité. L’apologie de l’hypocrisie et de l’égocentrisme. Des gens beaufs, misogynes, affalés, qui traînent leur vie … Ils ne veulent pas s’investir, ne donnent pas l’impression de tenir les uns aux autres. Si ce genre de personne est bien énervante dans la vie, elle n’en deviendra pas plus passionnante au cinéma. Surtout si elle fait partie d’un vrai bon film français où les silences sont plus importants que tout le reste. Les séries américaines le font mieux. Et oui, encore et toujours l’éternelle comparaison avec ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique.

Le cinéma sert, comme la lecture, à côtoyer des gens à qui on ne peut parler mais avec qui nous partageons des angoisses et des questionnements sur le sens de la vie et de nos actions. A penser, à se conscientiser, à aimer, à comprendre et à se distraire. Or, il n’y a rien de tout ça dans le film de Guillaume Canet. Tout est juste énervant. Ce sont des extraits de vacances mis bout à bout dans la mémoire d’un caméscope ! La presse française préfère les œuvres qui ont l’air intelligentes parce qu’elles traitent la dramatique du thème proposé avec sérieux … même quand c’est artificiel, quand c’est du mélo de 2 heures et que les scénaristes ne prennent aucune hauteur pendant la durée totale du film ! Combien de longs-métrages français passent leur temps à se regarder le nombril plutôt que de s’ouvrir ? Un peu d’introspection est vital mais c’est du systématisme depuis des années.

Alors oui, prenons nos petits mouchoirs à la fin de ce film, car on encense des œuvres aussi vulgaires. Vulgaires dans les mots, dans le manque de distinction, dans le mépris accordé aux spectateurs se sentant complètement exclus de ce moment « entre potes ».