Tribune : « La culture populaire est vecteur de Beauté ! » (gloire à Bob Dylan)

LA CHANSON PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE !

(Tribune de Roger BERTOZZI, conseiller et analyste stratégique pour les questions relatives au Climat et à l’Environnement)

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« Très grande joie à l’annonce du Prix Nobel de Littérature 2016, d’abord pour le lauréat, le magnifique Bob Dylan, mais aussi, et avec force, pour la reconnaissance ainsi donnée, enfin, à la chanson, part intégrante de notre patrimoine littéraire. L’Académie Nobel a loué à juste titre dans son communiqué la poésie de Bob Dylan. Or, la poésie, dans les temps les plus antiques, était indissociable du chant. La poésie grecque, par exemple, est née comme incantation.

Il est extraordinaire qu’il a fallu attendre 2016 pour que le Prix Nobel couronne un chanteur ! Qui ne sait qu’en tous lieux et en tous temps, du cante hondo au ragtime, de la variété au rock, des clubs cubains au rap marseillais, nombreux furent et sont les paroliers, les chanteurs-compositeurs, les artistes de scène dont les textes atteignent les plus hauts niveaux de l’intensité poétique et de ce que nous nommons par conventions la beauté littéraire ? Ce glorieux et joyeux Nobel à Bob Dylan couronne aussi tous ceux qui par leurs chansons ont enchanté et enchantent nos âmes. Et n’oublions pas que pour des millions de jeunes la chanson est le premier accès, parfois le seul accès, à la littérature et à la poésie, c’est à dire à la parole habitée par l’âme et incarnée dans un style. Je vois d’ici venir ceux que ce Prix pour du folk, pour du « populaire » choquera. Il ne faut pas s’y attarder, certains conservatismes sont de simples aveuglements, et le meilleur moyen d’y répondre c’est de ne pas les voir !

Je me souviens que même le très prestigieux Pascal Quignard avait dû faire face à une bronca pour son Goncourt octroyé à des recueils de fragments, et non au sacro-saint roman ( au mépris et de l’art du fragment et du testament des frères Goncourt qui instituèrent leur prix pour toute oeuvre de fiction, et les pensées sont des fictions, indépendamment du genre ). Et puis il y aura sans doute la complainte des thuriféraires de la culture savante. Dieu sait mon amour de la culture savante et de l’érudition ! Mais comment imaginer que l’amour de la culture puisse nourrir le désamour pour telle ou telle forme de culture, et non pas cultiver en nous une plus grande capacité de goûter universellement à la variété merveilleusement infinie des pratiques et des formes culturelles ? La culture populaire est vecteur de beauté et ferment de communion, elle remplit la noble fonction thaumaturgique et initiatrice de tous les arts, elle accompagne les vivants dans les méandres de la destinée et elle fait vivre les morts dans le coeur des restés… N’est-ce pas là la fonction immémoriale de la Poésie dans ses multiples incarnations humaines ? Alors je salue le Poète Dylan et tous ses frères de scène, je félicite l’Académie Nobel pour son choix avisé et je prie tous les grincheux de nous épargner leur chanson ! »

Bob Dylan

2012 : Bob Dylan in Los Angeles.

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La peur d’aimer 2.0.

Coeur brisé« Nous ne ratons pas nos histoires d’amour, c’est elles qui ne nous ratent pas » : cette phrase du psychanalyste Jean-Michel Hirt est le credo des blessés de la passion. En cette Journée de la Femme, interrogeons-nous… Peut-être préfère-t-on finalement les flirts de courte durée ? Ca évite l’engagement et les complications pourtant liées aux amours brûlants. Mais le hasard d’une rencontre se fait, lui aussi, peut-être de plus en plus rare ?

Décorticage sur le modernisme désenchanté.

« Tomber amoureux » : en voilà une drôle d’expression ! Dans « tomber », n’entend-on pas la chute, le glissement, la perte, la pluie sur sa vie ? Se perd-on forcément en amour ? Tout à coup, l’image du cœur percé d’une flèche n’est plus trop romantique. Apprendre et parfois faire des erreurs est utile pour avancer. Tout apprentissage est fondée sur l’erreur qui peut nous permettre de rebondir. Nous n’apprenons pas à marcher sans tomber. Mais certaines femmes se sont braquées et ont décidé de s’enfermer dans la solitude. Même si l’être humain a besoin d’obstacles dans sa vie pour sublimer sa motivation, il semble que beaucoup de célibataires modernes aient peur d’aimer. Une peur répandue chez les rebelles et les incompris, chez les solitaires farouches et ténébreux, chez des personnes au mal-être inconsolable. Derrière cette peur se cache sans doute le goût d’aimer et d’être aimé qui a été déçu. « C’est une panique existentielle, confie Marie-José, 41 ans, une Liégoise en thérapie depuis quelques semaines pour pouvoir démêler l’origine de tout cela. A force de penser, mon psychologue me dit que je n’ose plus rien ressentir et que je suis tétanisée. Je me suis toujours battue et j’ai toujours veillé à me protéger, à toujours me blinder. Vais-je survivre si je m’ouvre ? Si je parle ? Si je baisse les armes ? »

Fuir le mystère

Lorsqu’on déverse sur nous des émotions toxiques (explosion de colère, paroles menaçantes, manifestation de dégoût ou de mépris), cela active en nous les circuits de ces mêmes émotions. Cela parasite les élans spontanés et nous devenons les prisonniers de névroses empoisonnantes. Nous cherchons alors à éviter l’amour. Même si cela peut paraître paradoxal à première vue, la vigueur du rejet traduit souvent la vigueur du besoin. La vision de la vie à deux est primordiale pour un être humain. Devenir unique l’un pour l’autre… C’est sans doute ce que certains d’entre nous attendent depuis longtemps : être fondé et identifié dans un authentique regard d’amour. En avoir manqué à ce point et n’avoir cherché que cela comme axe de vie du bonheur était une telle souffrance que les personnes redoutant l’amour ne peuvent accepter les premières démarches d’un admirateur, les trouvant même souvent intrusives. « Quand quelqu’un me parle de tout cela, raconte François Jacques, psychothérapeute spécialisée en blessures narcissiques, je la laisse parler pour la laisser descendre dans le puits de sa peine et la laisser explorer toutes les tensions de sa souffrance. Notre connaissance de nous-mêmes est parfois obstruée par des angles morts. Nous revenons sur le passé de la personne qui parle et celui-ci prend son sens à partir du regard postérieur que lui donne le sens le présent, le moment que nous vivons dans mon cabinet. Demander de l’aide, c’est quelque part offrir une certaine pauvreté, une fragilité. Et prendre conscience de cette dernière, c’est déjà aller loin dans la blessure et donc dans la connaissance de nous-mêmes. » Mais notre fragilité est aussi l’occasion de voir notre vraie force, celle du cœur et de l’âme. En un mot, il faut rester humain. « C’est difficile de faire comprendre cela à quelqu’un qui souffre, souligne François Jacques. Pour cette personne, être humain est la recherche d’une grande protection et on va donc se blinder… alors qu’être humain, c’est aussi vivre et accepter qu’entrer en amour, c’est parfois, si pas souvent, traverser un feu ardent. » En donnant la parole à une amoureuse transie qui traverse ce feu ardent, il y a de quoi retrouver le sourire et un peu d’espoir. C’est pourquoi la chanteuse et actrice Arielle Dombasle n’est jamais la dernière pour aborder sa vie privée (qu’elle partage avec le philosophe Bernard-Henri Lévy) : « Entrer en amour, c’est comme entrer en religion. Dieu bénisse le mariage et les unions sacrées vécues dans l’amour. Le mariage permet de mieux supporter le fardeau que peut parfois être la vie. Car nous avons tous des tempêtes intérieures. Supporter la souffrance seul, c’est infernal. A deux, cela peut donner une communion nouvelle et un bien-être autre, profond et inattendu. » Finalement, on pourrait penser qu’il a été plus aisé pour Arielle de devenir riche, puissante et chanteuse accomplie qu’une amoureuse comblée. BHL est, en effet, son second mari. Et quand elle l’a rencontré, elle ne l’a plus lâché. « Non seulement, nous nous sommes sans cesse revus avant de décider d’apparaître au grand jour mais nous travaillons aussi sur notre relation chaque jour. Il ne faut pas perdre de vue ce que j’appelle la grâce de l’amour. » Les passions dites heureuses nous donnent des ailes parce que le sentiment de liberté est alors très fort. A l’inverse, les passions dites malheureuses nous renvoient au poids de nos contraintes. Et c’est vers cela que les personnes « qui portent leur croix d’amour blessé » ne veulent absolument pas retourner. « La passion est une liberté naturelle et il ne faut pas s’en affranchir car elle est bonne, explique le psychologue François Jacques. L’homme est, par nature, un être de passion et un prisonnier du sensible. Un de ses confrères, le psychanalyste Patrick Lambouley, enfonce le clou : « L’amour, le vrai, n’a rien à voir avec la sérénité. » Car ce qui nous lie à quelqu’un serait-il forcément toujours explicable ? On peut aller vers l’autre pour son image (sa beauté, sa ressemblance avec un visage rassurant ou celui d’une star), ce qu’il symbolise (un père, une mère, le pouvoir, la réussite), mais aussi pour son secret et son mystère personnel. « L’amour s’adresse à notre part d’inconnu », explique Patrick Lambouley. Et pour secouer les infirmes de l’ardente passion, il utilise des images fortes… et même carrément poétiques : « Il y a un vide en nous qui peut causer notre perte, nous pousser à combler certains besoins de manière destructrice. Et bien, l’amour, c’est comme la rencontre de deux failles, le partage avec quelqu’un de ce qu’on recherchait, de ce qui nous manque. Une relation est une alliance. Mais aussi une aventure. » Et oui, le sentiment amoureux est terriblement ambivalent. Dans l’amour, et pas seulement sur un champ de bataille, on marque son territoire pour le défendre, on intimide, on donne ou on rend les coups, on s’affirme pour défendre sa liberté, et parfois pour prendre le pouvoir. Pour éviter de glisser vers l’irrespect, voire le malsain, il convient d’être clair avec ses valeurs, de les interroger et de ne faire qu’un avec la joie. Elle va nous remettre d’exalter nos forces intérieures, de nous sentir légers. « Un individu heureux et accompli est un être en chemin, engagé, relié aux autres et qui a développe le sens de la vie, explique François Jacques. Etre heureux est une décision personnelle. » Mais il se pourrait qu’aujourd’hui on en vienne à confondre bonheur et plaisir.

Du virtuel au réel

Passer du virtuel au réel

L’époque moderne est un formidable terrain d’observation. On essaie au maximum de valoriser son identité et même de la mettre en avant. On se vante de tout consommer (regardons les profils d’amis – ou le sien – sur Facebook) et l’amour fait partie des plats de résistance ! On flirte et on passe à autre chose aussi vite que possible. Pas d’engagement donc pas de souffrance, juste des CDD érotiques. Au bout de trois mois, on a déjà le sentiment d’avoir accompli « un bout de chemin » avec quelqu’un. Ces relations offrent ce sentiment d’une maîtrise de sa propre existence, forte, bien remplie et indépendante des contraintes institutionnelles. La rupture est alors vue comme une simple formalité administrative qu’on peut régler par SMS. La rudesse de notre époque nous dédouane vis-à-vis d’un tel comportement. Comme le confirmait le professeur de Philosophie Florianne Gani en décembre dernier lors d’un séminaire organisé par le Collège international de Philosophie en France, l’homme du 21ème siècle est habité par la recherche permanente de l’idéal d’authenticité tout en restant égoïste : « Le Narcisse moderne ne renvoie pas à un moi glorieux, mais plutôt à un moi replié pétri d’un fantasme de toute-puissance et d’autosuffisance mortifères faisant fond sur une impuissance fondamentale. En effet, la transformation de la subjectivité par le libéralisme suscite une fragmentation du social où les liens entre les Hommes se réduisent et cet isolement donne lieu à un moi appauvri. C’est pourquoi, le phénomène moderne du narcissisme invite aussi à réfléchir sur l’importance du lien social pour fonder une politique destinée à une communauté déliée. » On ne pense qu’à satisfaire son orgueil et l’excès devient petit à petit la norme. Beaucoup de gens ont alors peur de s’approcher et restent accrochés au virtuel. Le matérialisme sécurisant aurait-il, comme les blessures du passé, tué lui aussi l’amour ? Dans le virtuel, on se décrit sans s’engager. Chacun y a le loisir d’examiner les possibilités de la société et de prendre le meilleur profil. L’amour est l’une des expériences les plus douloureuses de la vie subjective, avec son lot de contradictions, de remises en question, de violences et de drames. Et le hasard de la rencontre deviendrait aussi de plus en plus rare… Mais l’ennemi principal de mon amour parfois, c’est juste moi.  Moi et mes peurs. La peur paralyse. Nous pouvons tous avoir peur de ce que l’autre va penser, peur de ce qu’il ne va pas penser, peur de ce qu’il dit, de ce qu’il ne dit pas, d’un silence trop long ou d’un excès de parole, peur de son excès d’amour aussi, peur d’être seul, peur de construire une relation. « Que d’énergies consacrées à ces peurs !, sourit le psychothérapeute François Jacques. De petites peurs séparées les unes des autres paraissent bénignes, inoffensives, passagères. Ensemble, c’est un réseau tentaculaire et il y a danger pour le bien-être et l’équilibre. Il faut lâcher sa vieille peau faite d’habitudes, de clichés, de se dépasser et d’entrer à pas comptés dans l’authenticité ». Et la carapace sera alors ôtée… Dans nos vies, nous devrions toujours déployer beaucoup d’efforts mais en choisissant le sens inverse.

La quête d’amour est, avec la quête de sens, une condition essentielle pour connaître ce que nous appelons le bonheur.

 

© Luigi Lattuca

Michel Onfray à Charleroi : le bilan

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Ce 29 octobre 2015, à la veille d’Halloween, Michel Onfray était de passage au Pays Noir du Pays du Surréalisme. Lisez à Charleroi, en Belgique. Non pas pour nous faire peur mais nous ouvrir les yeux, une fois de plus.

Que retenir de ce moment de respiration intellectuelle à Charleroi Danses (en collaboration avec le Centre d’Action Laïque de la ville) ?

  • Sur ses relations avec les médias : « Je pourrais passer ma vie dans les médias. J’y vais pour mes défendre des idées minoritaires chez eux et pourtant majoritaires chez le peuple. C’est lui que je veux rencontrer : le peuple d’où je viens. Je ne voudrais pas lui être infidèle. Et c’est pour ça que j’apparais : pour parler de lui. Voilà pourquoi on me voit beaucoup. Mais ceux-ci vous enferment dans une prison. Vous êtes comme ça et c’est tout. Je crois beaucoup au peuple et je pense que les médias ont transformé le peuple en « populace », c’est-à-dire en peuple qui ne sait plus penser. On me reproche beaucoup de choses mais un philosophe constate ce qui est, il n’invente pas. »
  • Sur l’Histoire : « En histoire, il faut penser les longues durées. Plus on voit les choses de loin, plus on les voit de près et mieux. On ne fait de l’histoire que lorsque on se pose la question suivante : Quelle est l’histoire de l’histoire ?« 
  • La pensée & la réflexion : « Quand on pense, on est très vite solitaire car nous sommes dans un monde qui ne pense plus. Pour penser et débattre, il faut des fresques mais pour cela il faut la culture ! La superstructure idéologique, c’est cela : culture, idée, philosophie. »
  • Sur les religions : « La religion est consubstantielle au capital. Si le capital l’exploite, il y aura refuge dans la religion. On sait qu’on est mortel mais on y croit pas. Or, une civilisation est toujours construire sur une spiritualité. L’effondrement des religions, c’est l’effondrement des civilisations. On ne fait pas l’économisme du religieux. Il y aura toujours des gens qui auront besoin d’un « arrière-monde » comme disait Nietzsche. Et donc les athéistes sont toujours une minorité. La figure de l’arrière-monde construit le divin. »
  • Sur Dieu : « Il existe mais est une fiction. La question de la religion pose la question de la laïcité qui pose la question de la théocratie et du politique. Le philosophe est, pour moi, laïc. Dieu existe mais est une aliénation. S’il y a eu fabrication, il peut donc y avoir défabrication. Soyez forts pour que Dieu soit faible. Travaillez sur ce terrain philosophique ! Aucun évangéliste ne l’a jamais connu ! »
  • Sur la Bible : « Le pouvoir était à ceux qui donnaient les direction de lecture de livres religieux. Quand on brûlait les sorcières, on voulait éteindre la sagesse populaire. Eve voulait savoir et sur l’arbre du Jardin d’Eden, poussaient les fruits de la connaissance. Dieu veut qu’elle lui obéisse pour être heureuse et en paix. Eve représente le « vouloir savoir ». Elle veut savoir et mord dans le fruit. La sorcière, c’est l’écho d’Eve. Le laïc à l’époque, c’est elle. De même que Lucifer, l’ange qui s’est rebellé. En plus, étymologiquement, Lucifer veut dire « qui vient de la lumière ».
  • Sur le retour du religieux après le 11 septembre : « Aujourd’hui, on assiste à un retour du religieux. La politique fait rire tout le monde, l’ordre des choses se retrouve donc changé. Le logiciel des années 60, 70 et même 80 n’est plus le même. Et le 11 septembre 2001 est un jour important : on doit choisir entre le Coran de Ben Laden ou la Bible de Bush. Moi, encore une fois, je suis athée et ultra laïc. Je crois à la raison, au débat et à la dialectique… tout en restant attaché au slogan de la République formulé par Robespierre. Avec le 11 septembre, l’Islam a surgi comme une force politique. C’est le retour de la théocratie. Tout le travail d’arrachement de la religion comme affaire publique a été balayé. L’Islam apparaît comme le contraire de ce que propose l’Occident. Notre ignorance d’aujourd’hui nous fait dire que l’Islam est une religion de tolérance, de paix et d’amour. Mais il y a DES Islams, des façons d’être musulmans. Si tu veux augmenter ta foi, augmente ton savoir. L’histoire est toujours faite par les minorités agissantes. Depuis le 11 septembre, c’est le retour de l’esprit des Croisades. Les Occidentaux ont créé le terrorisme à cause de leur impérialisme ! Ne nous leurrons pas : la France est au Mali pour le pétrole. Si elle veut réellement défendre les opprimés, pourquoi ne court-elle pas en Chine, pays où les Droits de l’Homme sont bafoués ? L’Europe n’est pas encore assez libérale pour les politiques. Ces discours tuent des gens. On bombarde sans cesse à présent. Mais à propos de l’Islam, le problème reste le même que pour la religion judéo-chrétienne : il faut dissocier religion et politique, dissocier les affaires de César et celles de Dieu. »
  • Sur l’ouverture aux idées et Marine Le Pen : « On aime juste la tolérance quand on est Charlie en France. J’ai analysé le fait qu’une partie des 30% de gens voulant voter pour Marine Le Pen provient des écœurés du libéralisme, celui qui a promis tant de choses ! La pensée « On vous force à être libre » avec le libéralisme a du plomb dans l’aile. On a rendu cela possible. Le philosophe analyse le réel, il ne l’invente pas ! Si la fille Le Pen arrive au pouvoir, en quelque sorte, ce sera la naissance d’une nouvelle civilisation. Mais les autres partis politiques ont été complices de ça. C’est bien beau de prôner la fraternité à gauche mais ça n’est qu’une idée. Concrètement, comment organiser une fraternité ? Le savent-ils eux-mêmes ? »
  • Sur les philosophes et « les autres » : « J’écoute les gens… mais pas forcément des philosophes. Et faire une thèse sur Foucault, ce n’est pas forcément être philosophe. Aussi, on peut être spinoziste sans avoir lu Spinoza. Pour ma part, j’aime plus discuter avec des pêcheurs ou des agriculteurs. Bien sûr qu’ils ont des choses à dire, on a beaucoup de choses à apprendre d’eux. Ils peuvent en dire beaucoup sur une donnée sociétale. »

Retranscription : Luigi Lattuca

Pourquoi le retour de Madonna n’a pas de saveur

madonna-releases-rebel-heartTandis que certains (jeunes) fans se réjouissent de la qualité de son retour musical, d’autres aimeraient quand même sans doute que la Madone la mette de temps en temps en veilleuse, se refasse une vraie image et arrête de courir après les jeunettes qui font le buzz.

Madonna passe la fin de l’année à se ronger les ongles. Alors que treize titres ont fuité des studios et se sont retrouvés sur le net (sous le LP « Iconic »), d’autres morceaux – en partie produits par monsieur « Hard Candy » Pharell Williams – viennent de se dévoiler aux oreilles des auditeurs. Certaines sont d’ailleurs déjà sur YouTube et ne volent pas bien haut. Un peu comme si le ciel avait voulu punir la chanteuse après les âneries prononcées récemment en interview.

Un coup d’œil sur Twitter dans la liste de tweets reliés par le hash-tag #RebelHeart permet de voir que le nouvel album (EP) de Madonna officiellement dévoilé sur ITunes est surtout défendu par la frange la plus jeune de son public. Les jeunes gens qui s’extasient n’y vont pas par quatre chemins : c’est une tuerie. Les autres, un peu plus âgés, repensent avec nostalgie au passé et constate que l’artiste fière et conquérante qui prenait des risques n’est plus qu’une caricature.

Aujourd’hui, c’est en réalisant la même chose qu’on a déjà entendu durant une année complète non stop à la radio que Madonna considère qu’elle se renouvelle. Au sens littéral du terme, passe encore. On peut analyser la situation actuelle en deux sens : une star qui a trente ans de carrière derrière elle peut définitivement s’amuser et enchaîner deux (voire trois) disques moyens ou bien elle doit toujours repousser les limites et les exigences.

A mon sens, depuis qu’elle a dépassé les 50 ans, Louise Veronica Ciccone passe un cap difficile dans sa vie privée et professionnelle. L’ère musicale précédente, « MDNA », restera dans les mémoires comme une suite de buzzs superficiels éclipsant totalement sa musique. Plutôt que de retenir la leçon comme après le semi-échec d’  « Erotica » en 1992, Madonna persiste. Elle veut s’amuser, disait-elle à « Rolling Stone » récemment.

Dans cette interview, elle nous conseille également de diffuser de l’amour partout autour de nous et d’être unis. La clé de la paix, c’est l’amour fraternel. C’est beau. Pourquoi ne prendrait-elle pas les clins d’œil des autres comme des preuves d’amour alors ? Elle n’a jamais raté une occasion de lancer une pique à Lady GaGa qu’elle voit clairement comme une menace.

Pourtant, toujours pour « Rolling Stone », Madonna se décrit comme un être fragile. Mais dès l’écoute de « Bitch, I’m Madonna  » (déjà son second duo avec la reine de la subtilité, Nicky Minaj), on peine à la croire. Même sa communication a du plomb dans l’aile. La Madonne donne l’impression d’être dépassée. Encore plus quand elle avoue que sans ces leaks, elle aurait agi comme dans le passé : lancer le single en radios, un clip rapidement après et ensuite donner quelques petites interviews à gauche et à droite. Toutefois, une star de son envergure doit privilégier les surprises à la « BEYONCE », l’album visuel de l’artiste du même nom publié d’un coup, un matin sans annonce préalable, sur iTunes.

En ce sens, le retour de la reine de la pop n’a pas de saveur. Rappeler Nicky Minaj une seconde fois, se contredire en paroles et actes, ne plus marquer les esprits par une musique de qualité et innovante, … Les mauvais points sont nombreux. Il ne lui reste plus que la scène pour se rattraper… pour ceux qui pourront se payer la place.

Eric Zemmour en plein choc culturel : il le sait lui-même

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Le nouveau passage d’Eric Zemmour dans le fauteuil de Laurent Ruquier samedi soir est une nouvelle fois l’occasion de s’interroger sur l’ensemble des mathématiques : qui est finalement inclus dans quoi quand les sociétés (comme la France et son « mariage pour tous » récemment) tendent à devenir encore plus progressistes et égalitaires ?

Le choc culturel aboutirait à une plus grande conscience de soi. C’est vrai qu’un vif échange avec Eric Zemmour nous revigore. Quand on est attentif à la société et aux autres, ainsi qu’à leur souffrance et leurs désirs, on ne peut qu’entrer dans le souffle démocrate qui règne dans bon nombre de sociétés européennes depuis des années et défendre bon nombre de droits. On peut monter sur le ring avec un personnage tel qu’Eric Zemmour. L’ex-chroniqueur de Ruquier qui accuse les Roms de mettre la France sans dessus dessous, le mariage homosexuel de déconstruire le tissu social, … et surtout de pointer les droits accordés aux femmes comme premiers responsables de tout ce bordel (car, à cause d’eux, « le pouvoir se dilapide »). Oui, les livres publiés par Zemmour sont ceux avec lesquels les féministes se torchent le cul.

Ici, « choc culturel » est à prendre au sens d’évolution des espèces et des sociétés qui les abritent. Une certaine idée diffuse nous fait croire que si on a la chance de vivre dans une démocratie, nous vivons dans des sociétés progressistes. Large immigration, IVG autorisée, droits des homosexuels élargis, … Les changements des dernières décennies ont été les déclencheurs de chocs culturels importants. Une constante inscrite dans nos histoires et nos cultures occidentales. On peut constater qu’aujourd’hui les clivages sont sociétaux (immigration, mariage gay, adoption pour les couples homosexuels) et plus tellement « sociaux » (au sens, par exemple, de « classes sociales”). L’attitude de Zemmour et d’autres intellectuels conservateurs est-elle à la limite du religieux ou révolutionnaire ? Car l’ex-sbire de « On n’est pas couché » estime qu’il est désormais inclus dans la minorité française, celle qui doit désormais se battre pour redresser la France. Un pays beaucoup plus mis à terre (voir titre de son livre) par ses changements sociétaux que par les évolutions économiques, bien sûr. La morale défendue par Eric Zemmour semblant assez obsolète et les sondages indiquant qu’une majorité de Français étaient pour le mariage homosexuel, ainsi que contre son abrogation, Zemmour semble sentir lui-même qu’il fait du surplace. Il suffit de voir à quel point il fut raillé samedi soir sur le plateau de son ancien employeur, Laurent Ruquier. A ce stade, on dépasse le cadre humain pour atteindre l’ordre divin et quasiment immanent des choses.

Contre les idées reçues, il s’agissait de montrer pour le gouvernement socialiste, à travers le projet de loi sur le « mariage pour tous » par exemple puisqu’il est encore d’actualité (et auquel Zemmour s’opposait) que les couples et les parents de même sexe sont une réalité concrète de la société française. On est donc en plein choc culturel pour les ultraconservateurs. La société avance, ils le sentent mais continuent de freiner des quatre sabots.

« Ravis par Marine » : le documentaire qui ne réjouit pas tout le monde

Un documentaire proposé lundi par France 3 permettait de revenir sur les raisons du succès du FN. Un succès fait de recettes correctement appliquées. Tout le monde n’est pas à la fête. Ni J-M Le Pen, ni les téléspectateurs.

 

1305677« Etre de droite, c’est d’abord refuser d’être de gauche » : cette phrase de Jean-Marie Le Pen prononcée en 1984 illustre bien pourquoi il n’a pas beaucoup apprécié la dédiabolisation de son parti par un membre de sa famille, la bien-connue désormais présidente du Front National Marine Le Pen. Car l’héritière du parti brouille désormais les pistes et emprunte même à la gauche des parties de son programme. On comprend pourquoi elle s’attire aujourd’hui le mépris de son père.

Lundi soir, un documentaire de 90 minutes (« Ravis par Marine ») a souhaité revenir sur les raisons du succès du Front National et a déchaîné les passions sur les réseaux sociaux. France 3 fut notamment accusée de réaliser la propagande du parti diabolique. Ce document donnait notamment à voir que si Marine Le Pen et le FN fonctionnent de plus en plus (comme l’indiquent les plus récentes élections), c’est parce qu’ils démontrent un certain « tempérament politique ». Cette notion fut introduite par François Goguel, considéré comme l’un des fondateurs de la sociologie électorale. Ce politiste disait que la politique n’est pas seulement nourrie d’idées et d’intérêts, mais aussi de tempéraments. Donc en plus d’être démagogue, Marine Le Pen met en avant des affirmations presque instinctives, en tout cas irrationnelles sur la nature de l’homme et la fin des sociétés. Elle propose des choses beaucoup plus « stables ». Elle met en avant les corrélations sociales. Le FN, c’est quand le politique rencontre le culturel.

Et c’est sans doute ce qui a manqué ces dernières années aux partis traditionnels. Ils ont tous les deux laissé des plumes dans la bataille… Le politique ne cesse de légiférer dans les domaines essentiels de l’être ensemble que sont la morale, les usages de la raison, la justice, le semblable ou le beau en demandant tout simplement aux personnes « du peuple » de les recevoir sous formes d’argumentations simplistes manquant souvent cruellement de psychologique et d’analyse sociologique de terrain.

Un hash-tag mal compris lundi soir

Le terrain, c’est précisément où Marine Le Pen and co sont présents. Le documentaire de France 3 donnait à le voir. Il démontrait également que l’ex-avocate est clairement devenue la star de son parti. Elle est très souvent citée comme « la sauveuse » (dixit Brigitte Bardot) des quartiers sensibles de France, notamment dans cette scène où le FN apprend à ses élus à rédiger un bon communiqué de presse : «Avec Marine Le Pen et le Front National et la liste que conduirai, nous rétablirons la sécurité dans votre quartier». Voilà pourquoi le mot-dièse « MarineLePen » fut mal compris par une grande majorité des internautes ayant tweeté. Cette soirée politique avec débat en direct sur le site de France TV Info disposait d’un mot-clé servant à relier les réactions sur le documentaire entre elles. Alors que le documentaire dévoilait scène inédite sur scène inédite (le FN ayant autorisé la chaîne à filmer sans restriction), les internautes se sont insurgés contre le choix du hash-tag MarineLePen pour des raisons philosophiques différentes. Hors de question de la placer en « trending topic » (sujet tendance du réseau), elle n’est pas le sujet central du documentaire, propagande déguisée, etc. Le compte Twitter officiel de France 3 s’est juste fendu d’un laconique« Comme précisé dans le débat avant le doc, je ne souhaite ni diaboliser, ni mettre en avant le FN, mais comprendre. » signé du réalisateur Frédéric Biamonti. Les interactions ne furent, hélas, guère présentes. Animer une discussion sur un sujet sensible n’est pas chose aisée et la soirée de lundi l’a, une fois de plus, rappelé.

On rappellera juste en guise de conclusion, aux plus frileux que le savoir est une arme et qu’une chaîne du service public, ayant dans son contrat des missions portant notamment sur l’éducation permanente, compte sur nous pour utiliser notre esprit critique. Rendez-vous en 2017.

Sarko show : sa future France ne rassemblera pas tout le monde

Sarkozy face à Delahousse... et à la France de demain Fourbe, Nicolas Sarkozy prétend avoir changé et vouloir rassembler tout le monde. Or, c’est toujours un excellent démagogue. Les exemples sont nombreux mais prenons un des récents débats ayant cristallisé à merveille l’opposition gauche-droite : le « mariage pour tous ».

Quelqu’un m’a dit que tu m’aimais encore… La France réveille douloureusement les paupières. Elle serait endormie et il lui faudrait bien un chevalier pour baiser ses lèvres et la réveiller. Elle s’adresse à Nicolas Sarkozy : « Tu m’aimerais encore ? ». Bien sûr qu’il t’aime ! Pour preuve, il a décidé de revenir. Il est bien brave comme tous les chevaliers des contes de fée. Mais comme tous les preux chevaliers, son côté sombre est plus intéressant à analyser. Et dans son côté sombre : son envie d’être prêt à tout pour séduire l’électorat.

Dès le début de l’entretien diffusé hier soir par France 2, Nicolas Sarkozy ne joue pas vraiment franc jeu. Pour preuve : il ne regarde même pas Laurent Delahousse dans les yeux quand il le gratifie d’un joyeux « Merci de m’avoir invité« . Pourquoi regarder dans les yeux quand il s’agit d’une complaisance et d’une hypocrisie ? Il fallait une jolie arène à l’ex-chef d’État pour annoncer son retour et son attaché de presse a simplement contacté une grande chaîne publique, point. Ce n’est pas une invitation.

La suite, tout le monde en parle à la cafétéria, dans les bistrots ou sur les réseaux sociaux. Ce ne sera qu’une suite d’auto-congratulations, de caresses dans le sens du poil à ces « Français simples et dignes » ( formule d’Henri Guaino, député UMP, pour parler des Français contre le « mariage pour tous ») et de reproches à l’animateur préférée des ménagères.

Lequel est d’ailleurs revenu sur le débat de société qui fait couler tant d’encre à cause des manifestations parfois violentes du peuple français au premier semestre 2013 : le fameux « mariage pour tous ». Alors qu’il avait affirmé récemment ne pas en faire une priorité dans son programme présidentiel s’il devait se représenter et qu’il souhaite « rassembler » toutes les individualités, Nicolas Sarkozy a sous-entendu hier soir qu’il comptait bien venger les gens humiliés par le débat sur le mariage entre personnes de même sexe. « On a blessé des gens, qui se sont radicalisés (…) On a humilié la famille » a-t-il dit, tête haute.

On sent bien que l’ancien président cherche encore comment récolter le plus de voix possible s’il devait refaire campagne en 2017. Le sous-entendu de cette nouvelle sortie médiatique révoltant les associations LGBT est que la famille n’existe que sous un seul avatar : celui de la famille nucléaire. Papa, maman et leurs enfants ont vu leur image bafouée par le gouvernement ayant porté cette réforme. Sarkozy ne fait qu’adopter lui-même la mutation de la rhétorique entendue et réentendue durant les débats par les personnes hostiles à la réforme : tout le monde a aujourd’hui des amis homosexuels mais l’opposition au mariage signifie la protection de la famille. La famille, cette corde sensible à faire bouger pour présenter son argumentation (et opinion) comme un fait irréfutable et inébranlable.

La rhétorique que révèle l’interview menée par Delahousse s’appuie, du côté des anti-mariage pour tous, sur ce qui est ressenti comme une menace : ceux qui se présentent comme les garants, ou supporters, de la norme se sentiraient – selon leur discours – victimes d’une violence causée par le projet de loi du gouvernement Hollande. Ainsi l’ordre symbolique est bousculé et le tissu social sera réduit en lambeaux. Les manifestations « anti » et leur florilège de slogans peuvent inclure la confusion entre un jugement de valeur morale et un jugement descriptif sur un certain équilibre de vie, un certain bien-être. Une orientation idéologique est d’office donnée à la manifestation des hostiles au projet. Le fait de demander législativement les mêmes droits serait un mal moral car on ne penserait pas au bien-être des enfants. C’est à peu près le discours de Sarkozy hier soir. Bref, son projet pour la France n’est donc pas pour tout le monde.

Enfin, si Nicolas Sarkozy souhaite relancer les discussions sur le mariage pour tous, c’est qu’il a peut-être un peu joué son rôle dans l’incursion du religieux dans le débat en 2012-2013. Avant que le débat ne s’ouvre sous la présidence socialiste actuelle, M. Sarkozy ne s’est-il pas félicité de ce que le curé ou le pasteur serait un garant moral beaucoup plus fiable que l’instituteur ? De plus, avant que l’ancien maire de Neuilly ne cède sa place à François Hollande à l’Élysée, il avait lancé le grand débat sur l’identité nationale et avait rappelé le grand principe de laïcité (clin d’œil aux musulmans) : la religion catholique était censée fonder une France de souche. Le programme de la Droite Forte, une des motions de l’UMP pousse pour le fait d’inscrire dans la Constitution que la France est « un pays laïc de tradition chrétienne ». Ce souhait un peu beaucoup paradoxal dans le fond rend aujourd’hui possible l’alliance possible entre droite, extrême-droite et groupes catholiques militants. Une action que les Catholiques ont pris comme un encouragement à s’engager dans le débat politique.

Le bon, la brute et le truand

Bon bute truant Dans trois jours, Madonna met un terme à sa huitième tournée mondiale « The MDNA Tour ». Un gigantesque tour de chant (et de danse) ponctué de nombreuses polémiques. La Madonne a vécu un drôle d’été ! Le symbole fasciste des nazis a notamment été apposé sur le front de Marine Le Pen, la leader du Front National français lors d’un interlude qui représentait toutes les religions du monde. Mystique, Madonna l’a toujours été. Il y a donc forcément un message à la clé.

Mi-juillet, une plainte contre Madonna a été déposée devant le Tribunal de grande instance de Bobigny (en Seine-Saint-Denis). Elle émanait du vice-président du Front National, Florian Philippot. Un bon coup de pub … Ah ben non, les élections présidentielles étaient déjà passées !Avec à la clé, de très jolis scores pour le parti dédiabolisé grâce à la parole d’une blonde. Laquelle n’a pas apprécié qu’une autre blonde utilise son image associée au symbole nazi qu’est la croix gammée. Mais d’où provient cette croix gammée ? Correspond-t-elle vraiment à ce que Marine Le Pen réprésente et désire ?

La croix gammée trouve son sens dans l’une des plus vieilles religions du monde : l’hindouisme. La croix utilisée par l’ancien dirigeant allemand, Adolf Hitler,  est, en réalité, un ancien signe hindou nommé « svastika » qu’on trouve reproduit dans des vestiges de plusieurs civilisations en Asie (elle symbolise l’éternité en Chine), en Afrique et en Amérique mais aussi en Europe dès les âges préhistoriques. Il paraît qu’elle devait représenter la roue et, par conséquent, suggérer la rotation, jusqu’à donner le vertige. De plus, elle devait représenter le soleil (et sa lumière). Rien à voir avec le national-socialisme à l’origine donc … Quoique … Hitler, comme Le Pen, ont rejeté la faute sur une communauté bien précise et se sont imposés comme « les sauveurs d’une nation malade ». Ils sont la lumière vers laquelle les gens doivent tendre ! On assiste à une véritable lobotomie et n’est-ce pas ce que la roue représente aussi ? La roue n’a ni commencement, ni fin. Elle symbolise un tout, une radicalisation.

Regarder une rotation favorise l’endormissement. N’est-ce pas plutôt là ce que Madonna a voulu représenter ? Juste sur le crâne qui habite le cerveau qui lui-même doit abriter l’esprit critique. Ce n’est pas étonnant de la part d’une chanteuse ultra-démocrate qui s’est toujours battue pour faire avancer les libertés individuelles.