Myriam Leroy : « Je ne pense pas être quelqu’un de cynique ! » [Interview]

ok-kpt6109 Myriam Leroy arrive au Théâtre de la Toison d’Or. Pour soutenir des comédiens ? Oui, les siens. Ou plutôt ceux qui servent son texte, SA pièce. La première en l’occurrence : « Cherche l’amour » qui débute ce jeudi 27 octobre à 20h30. Le but ? Montrer que l’offre amoureuse made in 2016 devrait nous satisfaire – comme le rayon des chips chez Cora – mais qu’en fait, cela est plus difficile. Les études les plus sérieuses montrent, en effet, que l’ultra-choix a plutôt tendance à paralyser le consommateur. Et les analyses les plus fines peuvent aussi prouver que Myriam Leroy est faite de cynisme (regardez sa timeline Twitter !) alors qu’en fait… elle avoue que non ! Rencontre un lundi matin dans la grisaille bruxelloise.

 

Cette pièce pour le TTO est-elle une commande assez libre ou le thème fut-il imposé d’emblée ?

Nathalie Uffner, directrice du théâtre, m’a proposé d’écrire une pièce et elle avait envie d’un truc romantique, de parler d’amour et d’une aventure dans laquelle chacun puisse se projeter. On connaissait toutes les deux la série anglaise « Date » où des personnages sont filmées dans une conversation in-extenso sans montage et ça parle de rendez-vous amoureux. Ça nous a bien botté ! Ça m’a bien inspiré de pouvoir montrer des gens dans leurs conversations, montrer ce qu’ils cherchent et qu’ils veulent. Nathalie m’a conseillé de creuser là-dedans et je lui ai proposé une série de neuf scénettes où on voit des rendez-vous : des premiers, des derniers et organisés via des réseaux sociaux ou des applications comme Tinder ou AdopteUnMec.

Cette pièce a été nourrie par tout ce que vous avez pu entendre de la bouche de vos amis, à l’instar des scénaristes de feu « Sex and the City » ?

Tout à fait, j’ai absolument pillé les histoires de mes amis ! Je me suis nourrie des histoires qu’on me racontait car je n’ai, pour ma part, jamais fréquenté ces sites même si je les trouve fascinants. Et puis, j’ai assisté aux récits de leurs déconvenues amoureuses. Mon constat ? C’est extrêmement cruel. Les relations amoureuses sont, aujourd’hui, de plus en plus cruelles à cause de la démultiplication de l’offre et la peur de manquer quelque chose. Il y a une angoisse qui tenaille tout le monde à l’idée de louper plein d’autres histoires même si on est en couple. On  a l’impression qu’on peut choisir toutes les caractéristiques du catalogue mais ce dernier n’est qu’une auto-fiction, une mise en forme du réel pas réelle du tout justement. Cela explique les nombreuses déceptions. Mais ce n’est pas une pièce désenchantée. Elle va notamment montrer que sur base d’accidents, on peut se rencontrer !

On sait que vous aimez le cynisme et que vous l’êtes vous-même assez…

Moi, je ne trouve pas (rire) !

Non ? Pas un peu sarcastique ? Mais ce genre d’humour permet de dire des choses vraies. Vous trouvez l’époque très cynique ?

Oui, je trouve mais je n’ai vécu que mon époque donc que dire sur les autres ? Quoique… « Madame Bovary » est encore d’une actualité déconcertante. C’est le jeu social qui est cynique, en fait. Je crois que si je suis cynique, c’est juste en réponse à la cruauté du monde environnant. Je n’aime pas tellement les gens sans cesse cyniques au 1er degré, je ne trouve pas ça très intéressant. Ce qui est sûr, c’est que la pièce a des accents et des élans d’amertume mais j’essaie de faire en sorte que ça se termine bien car je suis, malgré tout, profondément romantique. J’ai envie que la pièce se termine bien mais ce n’est pas parce que les premières rencontres qu’on verra se terminent bien que tout se passera bien après. C’est comme dans les contes de fée finalement… La fin n’est que le début et la tragédie arrive ensuite (rire) !

Donc ce sera une pièce avec de l’introspection ?

Les personnages n’en feront pas mais leur introspection se dessine en creux dans ce qu’il montre. C’est une sorte de jeu de dupes, un bal masqué où les gens essaient de montrer qui ils sont mais pas trop, de prendre des risques mais pas trop… tout en étant très bavards. Il y a énormément de texte et les comédiens ont beaucoup à apprendre mais ils sont excellents. Je ne me fais absolument aucune frayeur à ce niveau-là.

Cela vous donne envie d’être comédienne ?

Je crois que je serai une piètre comédienne car incapable de jouer autre chose que moi-même. Je sais me jouer, jouer mes propres émotions mais pas quelqu’un d’autre. C’est vraiment un métier et les comédiens de la pièce me rappellent à chaque instant qu’on ne s’improvise pas dans le métier.

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Avez-vous participé au choix des comédiens ?

Oui, j’en ai discuté avec Nathalie. Elle me les a imposés entre guillemets car je ne les connaissais tout simplement pas ou juste une partie de leur travail. Nathalie est une formidable directrice d’acteurs et à la première lecture, j’ai été convaincue que c’était le bon choix pour tous. A titre personnel, je souhaitais avoir Myriam Akheddiou que je trouve très fine, très subtile et très sensible. Je suis ravie qu’elle soit là ! Je connaissais le travail de Pierre Poucet qui est hyper drôle, doux et très subtil sur plein de registre différents. Nous avons aussi Marc Weiss que j’avais découvert dans une série télé où il ne pouvait pas démontrer tout l’étendu de son talent et là, il est assez stupéfiant. Et puis Sandy Duret que je ne connaissais pas du tout. Nathalie Uffner a découverte cette nana complètement étonnante dans un café-théâtre. Et l’alchimie prend entre tous ces comédiens qui ont chacun 4 personnages à interpréter. C’est un sacré boulot de transformiste !

Ca fait vraiment référence au fait qu’on peut être une personne différente selon les applications utilisées.

Bien sûr. Et aussi selon la personne face à soi, ça détermine le ton de la relation.

C’était vraiment un sujet dont il fallait se saisir étant donné le nombre hallucinant d’inscrits sur les applications. Les personnes qui ont créé ça doivent dormir dans des draps en or.

Oui, c’est clair ! Et puis, ces applications ont le charme désuet de la petite annonce amoureuse ayant toujours existé. Finalement, ce n’est pas si nouveau que ça.

Mais les annonces ne contenaient pas de photo… Et on devait attendre alors que des applications fonctionnent aussi par repérage, géolocalisation.

Oui (rire). Qui peut consommer là à l’instant T sur le marché sentimental ? C’est très pragmatique.

Vous citiez une série britannique tout à l’heure. C’est une écriture qui vous plaît ?

Oui, je l’aime beaucoup et la trouve hyper moderne. En ce moment, je découvre les épisodes de « Fleabag », nouvellement diffusée sur la BBC. Mais c’est impossible à pitcher car c’est juste la vraie vie d’une vraie fille d’une trentaine d’années assez handicapée des sentiments à cause d’une famille qui l’est tout autant. Elle navigue de relation en relation et c’est extrêmement moderne. Ça peut avoir l’air trash sur papier alors qu’en fait, pas du tout. Pendant une scène, elle se masturbe devant un discours de Barack Obama. Sur papier, j’aurais soupiré mais à l’écran, ça sonne hyper juste. Donc je trouve qu’il y a de plus en plus de personnages féminins de séries qui sont très intéressants, épais et ressemblant aux filles qu’on rencontre tous les jours.

Des points de départ audacieux comme dans cette série que vous citez ou comme dans Jane The Virgin qui part tout sur la virginité et l’insémination artificielle, ne viendraient jamais de la France…

Non, c’est clair. J’estime les Français assez à la traîne dans le domaine des séries télé. Miraculeusement, la Belgique est en train de tirer son épingle du jeu en ce moment et ça fait du bien de voir à l’écran des personnages se parlant comme on se parle dans la vraie vie. Et c’est ce que j’ai essayé de faire dans la pièce : faire dialoguer mes héros de façon crédible et qui nous font penser à des gens qu’on connaît même si j’aurais pu tendre vers le kitch et le monstrueusement drôle, vers l’archétype, … Mais, en fait, la vie est toujours plus dingue que la fiction. C’était important pour moi qu’on puisse croire à ces personnages. Le rire n’est pas nécessairement une fin en soi même si j’espère qu’il sera présent et que les gens passeront un bon moment.

N’oublions pas que c’est souvent pour cela d’ailleurs que le TTO va vers certains auteurs !

Il y a, bien sûr, une ligne éditoriale au TTO, on peut essayer de la transcender mais il faut la respecter. J’ai essayé de respecter ses fondamentaux mais je voulais aussi donner de vraies émotions, les faire grincer des dents, et pas livrer quelque chose de monolithique. En outre, je voulais livrer des sous-propos que je ne souhaitais pas voir dénaturés et ça a été respecté. Le texte n’est pas du tout sacré et les comédiens en font ce qui veulent, le malaxer comme ils le sentent.

Et faire rire, c’est plus difficile que d’émouvoir ?

C’est clair. On pleure tous pour les mêmes choses… ou alors on a de sacrées névroses. On pleure tous sur le même tempo : une rupture amoureuse, la mort d’un proche, … Ciseler un truc comique m’impressionnait beaucoup car c’est plus subtil. On rit de choses différentes et quand Nathalie m’a demandé d’écrire quelque chose, je me suis longtemps dit que c‘était peut-être un peu trop difficile pour moi.

Il y avait une pression du style « Il y a meilleur que moi » pour une perfectionniste comme vous ?

Non, je n’ai pas essayé de me mettre une pression de ce type-là. Rien n’a été pompé sur quoi que ce soit et il y aura toujours certainement mieux ailleurs. Il faut s’affranchir de cela sinon on ne fait plus rien. On reste comme le chat impressionné par les phares d’une voiture.

D’ailleurs, avez-vous d’autres projets de théâtre ?

Non, non (rire). Je poursuis mes activités habituelles et j’ai quelques projets à venir mais pas suffisamment construits pour en parler. Après, la VRAIE pièce à écrire serait « Trois ans plus tard… » ou bien « Sept ans plus tard… ». Pourquoi pas ?

Et vous vous verriez écrire sur quels autres sujets ?

Je trouve que le monde du travail et de l’entreprise est une sortie de microsociété soumise à pas mal de violences, de pression et de cruauté donc ce serait intéressant de produire quelque chose dessus. Ecrire une série ou une pièce tragique ou shakespearienne, même si nous avons The Office, m’intéresserait.

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Interview réalisée par Luigi Lattuca,

Photos prises par Dorian Lohse.

Le portrait chinois de Laurence Bibot

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Entre « Bibot debout » (seule-en-scène) et « Bibot et Guiz se testent », Laurence est très occupée. S’il ne reste apparemment plus de places pour le second, le premier est à redécouvrir ce vendredi 23 septembre au Kings of Comedy Club de Bruxelles (Chaussée de Boondael).

Si vous étiez… une couleur ?

Le rouge. On ne peut pas rater le rouge, c’est un signal chaud.

Une saison ?

L’été pour la lumière et la chaleur. Et puis, c’est une saison plus rigolote.

Un accessoire ?

Des baskets. Avec la pilule et les antibiotiques, ça fait partie des inventions majeures ! J’adore porter des talons mais je n’ose pas à cause de ma taille.

Une tenue pour glander ?

Pieds nus, ça, c’est sûr, et pratiquement en culotte et marcel. A mon âge, c’est pathétique mais bon…

La chanson qui tourne en boucle dans votre iTunes ?

Je change très souvent toute ma play-list. C’est entre les années 50 et 70. L’an dernier, j’écoutais surtout « Funky Chicken ». Ça venait de sortir, ce sont des morceaux groove belges des années 70. On ne devine absolument pas que c’est de chez nous.

Un film ?

« Blanche-Neige » car c’était le premier film que je suis allée voir au cinéma. Mais les autres enfants dans la salle me tapaient sur le système.

Un livre ?

« L’Arabe du futur » de Riad Saatouf.

Une photo ?

Un paysage urbain de Massimo Vitali.

Un site ?

Wikipedia, évidemment. C’est indispensable.

Un compte Instagram ?

Je ne sais même pas ce que c’est…  bibot_guiz

Un doudou, un gri gri ?

Un Parker rose.

Un moyen de transport ?

Le tapis volant. J’aimerais tellement que ça existe.

Ce que vous avez toujours dans votre sac ?

Des Chokotoff.

Un tic, une manie ?

Je commence très souvent mes phrases par « Non ».

Un goût ?

Je serais le mélange sucré/salé. Le sel sur les fruits, par exemple.

Un artiste ?

Je serais Walt Disney. Il a transformé le monde à son image.

Un cadeau à vous-même ?

Je me prive assez peu, je sais me faire plaisir. Je dirais peut-être grand-mère plus tard. L’un des avantages de vieillir, c’est de transmettre.

Une ennemie ?

L’impatience

Votre dernier geste avant d’aller vous coucher ?

Je vérifie que mon smartphone est en mode « silencieux ».

Votre premier geste quand vous vous levez ?

Ben, je regarde l’heure.

Une crasse ?

Des frites du McDo.

Un mec ?

Mon mari.

Une fille ?

Calamity Jane ou une autre femme aventurière.

Un plaisir coupable ?

Ne regarder que des séries pendant tout un week-end.

La dernière photo prise avec votre smartphone ?

C’est une photo de ma télé. On parlait de l’homme sans chapeau dans une église en Arménie pendant le discours du Pape. L’image a fait le tour du net. En général, ce sont des photos qui ne font rire que moi.

 

Luigi Lattuca

GiedRé : « Je n’irai jamais corriger quelqu’un qui se trompe sur moi.» [Interview]

18 - GiedRé-2La fofolle – mais rationnelle – GiedRé était à Ronquières le premier week-end d’août. A l’opposé du feu qui l’animait sur scène, elle évoque avec moi – et dans les rires – la scène, son contrat avec la FNAC, la mort et ses séries préférées. La belle Lituaniene en est déjà à son cinquième album. Parmi ses titres les plus emblématiques : « On fait tous caca », « Grand-mère », « Toutes des putes » et, évidemment, « Pisser debout ». Des textes forts car anti-politiquement corrects présentés sur scène à Bruxelles dans une semaine et en décembre à Liège.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contente de revenir à Ronquières une seconde fois ?

Oh oui, c’était trop bien il y a deux ans et je suis, du coup, bien contente de revenir. L’accueil est super mais c’est la spécialité de la Belgique. C’est vraiment toujours un plaisir de venir jouer ici.

Quelle serait la différence entre le public belge et français ?

Oh, c’est une bonne question. Je crois que le public belge est, de manière générale, un peu plus généreux et il encourage plus. Il est d’emblée chaleureux. Parfois, peut-être que le public français attend avant de juger. Ça dépend peut-être des régions. Ici, vous devez être fiers d’être l’un des pays les plus généreux ! Non ?

Oh oui ! Ça vous fait quoi maintenant d’être distribuée dans de grandes enseignes, vous qui avez signé avec la FNAC…

Ouais ! J’ai réussi à garder mon indépendance car je suis toujours en auto-production et pas sur un contrat de maison de disques. Je n’ai donc pas l’impression que ça dénature quoi que ce soit… Cette distribution est surtout un moyen plus pratique de rentrer dans la maison des gens. Si j’avais pu, j’aurais continué à vendre mes albums sur mon site et à mes concerts mais au bout d’un moment, ça devenait très compliqué (rire). Aller à la Poste avec de gros sacs à dos trois fois par jour, euh… (rire) C’est donc plus un côté pratique. Même si on entre dans le populaire avec la FNAC, je pense qu’il faut garder un côté artisanal quand on est artiste. Il faut que ces deux mots se mélangent.

Et la  FNAC le fait…

Oui, voilà et ça c’est qui est cool. C’est finalement juste une plateforme pour que des gens indépendants comme moi ou d’autres comme Patrick Fiori se retrouvent côte à côte sur la même étagère. Moi, je trouve ça plutôt rock’n’roll. Ça me fait rire.

Vous soignez aussi votre look, si tant est qu’on aime ce mot. Vous vous verriez créer des choses dans la mode ?

C’est drôle, on ne m’avait jamais posé cette question ! La mode en soi ne m’intéresse pas du tout mais alors pas du tout… C’est une industrie qui me dérange car je pense qu’elle a juste été créée pour accroître le côté consumériste de notre société. Pour reprendre votre mot, le look, je trouve qu’en tant qu’auto-décoration, les vêtements et accessoires sont très intéressants. En fait, on se décore et on choisit sa décoration pour se montrer aux autres.

Et il y a toujours cette frontière entre « être soi », cette dictature du « soyez-vous-même » et la création du personnage quand on est un artiste. Et c’est parfois utile si on a besoin d’un masque pour monter sur scène. Ça ne vous dérange pas qu’on dise parfois de vous que vous êtes un personnage ?

En général, ce qu’on dit de moi ne me dérange pas forcément car les gens ont le droit d’avoir l’avis qu’ils veulent et l’analyse qu’ils souhaitent. Ça leur appartient et je n’ai rien envie d’imposer à personne. Je n’irai jamais corriger quelqu’un qui se trompe sur moi car ça voudra dire que je lui ai montré quelque chose qui a induit ça. Dans l’absolu, je m’en fous. Mais je ne vois pas ma carrière comme la présentation d’un personnage. Quand on est en représentation, la seule chose qui change, c’est qu’on va choisir ce qu’on va montrer de soi. C’est plus artificiel que la vie. En ce sens, je pense que tous les gens montant sur scène choisissent à un moment de montrer ceci ou cela. Par exemple, la chanteuse spécialisée dans les chansons d’amour va se dire que pleurer, avoir un brushing à paillettes et une belle robe longue serviront le plus ses chansons et son univers. Ce sera ce côté d’elle qu’elle estimera cohérent à montrer au public. On est déjà pas la même personne le matin, le midi ou le soir ou quand il fait froid ou chaud. Et puis, le « soyez-vous-même » est tellement en Une des magazines féminins en même temps que le « Comment perdre 5 kilos avant l’été »… C’est assez marrant d’être soi et en même temps pas trop grosse, avec les ongles faits, sans poils et surtout pas célibataire !

« On fait plus de choses avec des ovaires qu’avec des couilles ! »

Vous pensez aux plus jeunes générations en vous disant que c’est difficile d’être une femme aujourd’hui ?

Je pense qu’il faut arrêter de penser que c’est dur d’être une jeune demoiselle. Il faut leur dire que c’est cool d’avoir des ovaires et qu’on fait plus de choses avec ça qu’avec des couilles (rire). C’est comme pour tout : si on se dit que c’est difficile et qu’on est une victime, tout sera toujours difficile et tout sera vu avec embûches. Je ne me suis jamais considérée par rapport à mon sexe. Je ne me suis jamais dit qu’en étant une fille, je devais montrer ça sur scène.

Mais vous aimeriez pisser debout de temps en temps…

Mais si j’avais été un homme, j’aurais aimé pisser assis ! Je trouverais que c’est cool de se faire porter ses sacs parce qu’on a un décolleté, de ne pas payer ses PV parce qu’on a mis une jupe, … Je parle de ce que je connais mais je pense que je me dirais que je suis un homme qui ne rentre également pas dans le stéréotype de l’homme modelé par la société. Tout ceci est absurde.

A propos d’être, si demain vous deviez arrêter la musique pour une question X ou Y, vous vous verriez faire quoi ?

Je ne sais pas… Je ferais pousser des courgettes ou des tomates.

« Si je savais que je n’allais jamais mourir, je passerais ma vie dans mon canapé à regarder des séries. »

Comment voyez-vous l’avenir ?

L’avenir ? Oh, je ne le vois pas et heureusement (rire). Si on sait déjà où on va, on a envie d’aller ailleurs, non ?

En ce sens, l’immortalité vous intéresserait-elle si demain on la mettait au point ?

Oui car la mort est la seule chose à nous faire peur dans la vie et en même temps non car elle fonctionne comme un moteur. Si je savais que je n’allais jamais mourir, je passerais ma vie dans mon canapé à regarder des séries (éclat de rire).

Et vous regardez quoi ?

Oh, j’en regarde plein. J’adore les séries, c’est ma passion. En ce moment, je regarde une série très vintage : « Parks And Recreation ». C’est un peu comme « The Office »… Très absurde et ça me fait beaucoup rire. La mort nous pousse donc à faire des choses avant.

Il est l’heure de clôturer. Au revoir et bonne cohérence, bons choix artistiques quels qu’ils soient ! Dans le fond, c’est un métier très égoïste, non ? Faire ce qui nous plaît et espérer que le public suive ?

Ça, c’est dans le meilleur des cas. Mais faire les choses pour que ça plaise aux autres, c’est se tromper de chemin. Il ne faut plus avoir peur de ne plus être aimé. J’espère que si un jour j’ai envie de faire de la new-wave en espagnol ou du rap allemand – alors que je ne le parle pas – j’espère que j’aurai suffisamment de mauvais orgueil pour le faire sans avoir peur que d’être aimé. Les gens ont ce droit.

Interview > Luigi Lattuca

GiedRé en concert en Belgique à :

  • Bruxelles/La Madeleine (1er octobre)
  • Liège/Réflektor (10 décembre)

 

Galerie photos > Jérémie Piasecki

 

 

Le plein de stars parisiennes au Centre Culturel d’Auderghem – que réserve la toute nouvelle saison ?

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Tour d’horizon de la nouvelle saison au petits oignons de cet élégant centre de loisirs et de divertissement bruxellois. Objectif cette année : rapprocher et faire réfléchir… avec des visages bien connus du petit écran.

Le Centre Culturel d’Auderghem est, avec le Théâtre Saint-Michel, le haut lieu de la comédienne parisienne à Bruxelles. Depuis des années cependant, le CC dirigé par André Baccichet a pris de l’avance. En 2016 et 2017, c’est sûr, c’est là-bas qu’on pourra applaudir beaucoup de doux visages bien connus des téléspectateurs fidèles de TF1 ou des chaînes de France Télévisions.

« Avec les pièces déjà passées à Paris et que je vais voir pour faire ma sélection, on tente de convenir aux attentes du public et ce qu’on reflète comme image sur Bruxelles : quelque chose de complémentaire plutôt que de proposer de l’original avec des succès populaires. Le CC d’Auderghem rassemble. » nous confie A. Baccichet son directeur depuis 1999.

Déjà 2200 acheteurs pour les nouveaux tickets

L’endroit accueillera, cette saison encore, l’un des habitués : Francis Huster. « Ses performances sont toujours incroyables et il attire du monde. Francis a su créer un lien particulier avec Bruxelles. » Et il emmènera cette fois dans ses bagages la belle Ingrid Chauvin dont il fait tourner la tête dans « Avanti ! ». « On a la chance d’avoir Ingrid, très belle comédienne parfaite dans le rôle qu’elle tient dans « Avanti ! ». Sa rencontre avec Francis Huster est assez exceptionnelle. » D’ores et déjà un succès assuré dans la billetterie.

L’équipe s’active actuellement pour garantir à tous les comédiens un accueil digne de ce nom. « Chaque rentrée est importante, explique monsieur Baccichet. Elle est la consécration de nos choix, des objectifs à atteindre et on espère que le public répondra présent. » Le CC fonctionne toujours avec un concept d’abonnement et il y a déjà à peu près 2200 séduits depuis juillet. Beaucoup de fidèles et un éternel roulement d’année en année, nous glisse-t-on. « On remplit les salles avec aussi un public d’un jour attiré par les affiches. » 

Voeux du coeurDemandez (et réfléchissez) le programme !

D’un côté, on a « Paris-Théâtre » (avec environ 6 représentations pour chaque gros spectacle) et de l’autre des venues assez exceptionnelles d’une ou deux fois seulement.

Mais allez, on verra quoi ? Sélection non exhaustive :

Les Beatles ouvrent le bal ! Oui, oui. Enfin, pas les vrais mais lisez… Ils furent des chercheurs féconds et exigeants, nous dit le programme du site officiel. En 1969, leur musique n’avait plus rien de commun avec celle de leurs débuts. En six ans, stimulés par George Martin, leur producteur, ils s’étaient retournés comme des gants. Après « Bach to Rock », Dominique Jonckheere, chef d’orchestre, compositeur, musicien et chanteur, relève le défi de les interpréter … dans leur jus! Dans son spectacle « BeatleJuice » (du 28 au 30 septembre), il est seul en scène, avec ses guitares, sa voix, son piano, ses ordinateurs, soutenu par les invisibles complices de l’Orchestre de Chambre Oratorio, restés en studio. Pour que la musique soit totale!

Isabelle de Botton (du Théâtre Bouvard) vient en début de saison du 18 au 23 octobre. Puis, Bruno Madinier du 13 au 18 décembre.

« Les chatouilles ou la danse de la colère » (du 7 au 12 février 2017) a reçu des critiques incroyablement dithyrambiques. L’histoire insolite d’Odette, une jeune danseuse dont l’enfance a été volée et qui se bat pour se reconstruire. A travers une galerie de personnages entre rires et émotions, les mots et la danse s’entremêlent et permettent à Andréa Bescond de transporter le spectateur dans un grand huit émotionnel.

Il y a comme un fil-rouge cette saison : des pièces qui prêtent toutes à réflexion, qui vont droit au but : « l’important est l’amour, le partage et l’intolérance. » Le spectateur va s’imprégner sans qu’on lui impose des idées. « C’est important pour moi, souligne André Baccichet. Les spectateurs pourront en tout cas profiter longuement de chaque vedette venue de Paris (ou d’ailleurs) puisque six représentations sont programmées par gros spectacle. Ils vont tous dans des directions particulières mais toujours dans l’espoir de pousser les gens à s’interroger sur le chemin du retour… et au-delà.

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Au-delà de la saison « Paris-Théâtre », on verra, le 4 février, Michèle Bernier revenir à Auderghem. Elle sera sur scène avec sa fille dans « Je t’ai laissé un mot sur le frigo« , une pièce assez remarquée. « Pas de comédie avec de happy-end mais c’est un petit bijou d’émotion », nous promet le directeur du centre. Ensuite, en mars, viennent de s’ajouter « 24 heures de la vie d’une femme » (que Clémentine Célarié ira aussi jouer à Binche) et « Un nouveau départ » avec Corinne Touzet. En avril, enfin, « Avanti ! » clôturera une saison bien faste.

La garantie de bien voir

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cet endroit, il possède une salle arrondie, à la manière de celle de Wolubilis. Son directeur en est d’ailleurs particulièrement fier : « Elle est très bien faite, en forme de gradins et toutes les places sont bonnes. Le dernier rang est à 26 mètres de la salle donc que les gens ne s’inquiètent pas trop. Le premier rang a aussi ses inconvénients. Si le plateau est bien occupé par les comédiens, c’est mieux de voir à partir du 10ème rang. On profite mieux du décor, des entrées et des sorties. » téléchargement (1)

Et comme nous parlons ici d’un centre culturel, il y a aussi des thrillers haletants, des films sur les voyages (collection « EXPLO »), des spectacles de danse orientale et d’autres surprises à consulter ici : http://www.ccauderghem.be/

Belles émotions !

Luigi Lattuca 

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Séances proposées pour chaque spectacle : voir site.

Le guichet est ouvert le lundi, mardi, jeudi et vendredi de 11h à 15h , le mercredi de 13h à 17h et le samedi de 10h à 14h.

Réservation par téléphone : lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 11h à 17h, le mardi de 11h à 15h et le samedi de 10h à 14h.

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Christophe Beaugrand : « J’aurais adoré présenter ‘Secret Story’ avec Dorothée ! » [Interview]

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L’animateur accro aux réseaux sociaux signe sa deuxième année de présentation au sein de l’émission et se réjouit de l’investissement de PlugRTL dans la production de Secret Story. Rencontre à Paris à la Tour TF1.

Des appréhensions à présenter cette émission l’année passée ?

Oui mais j’adorais car j’ai regardé toutes les saisons de Castaldi donc je savais de quoi j’allais parler. Aujourd’hui, je me pince pour y croire ! Mais j’ai beaucoup bossé tout en me demandant si le public allait m’adopter après un animateur aussi emblématique. Benjamin a heureusement été très bon camarade et m’a donné toute sa confiance. La saison 9 a été énorme sur Plug par rapport aux habitudes d’audience de la chaîne. Ca nous a beaucoup touchés pour le paquebot Secret Story. C’est un terrain de jeu génial pour un animateur. Il n’y a rien que j’aime plus que l’imprévu. Quand votre camarade belge Coralie a quitté spontanément l’aventure l’an passé, on était tous très surpris et on a fait édition spéciale. Il n’y a rien de plus excitant, non ? C’est une émission fatigante qui demande vigilance mais c’est génial.

Vous n’avez pas l’air de vous prendre au sérieux en tout cas. Un point commun avec le peuple belge.

C’est vrai que les Belges ont une autodérision qui me fascine assez. Quand on se moque de ses propres défauts, on peut se permettre de se moquer un peu plus librement de ceux des autres donc c’est plus rigolo (sourire). En tout cas, dans la voix et dans les yeux d’un animateur, on peut voir si celui-ci est sincère ou pas. Le public sait qui vous êtes et j’accepte qu’on ne m’apprécie pas. Pour l’instant, je le suis suffisamment pour avoir du boulot (rire).

Que regardiez-vous plus jeune à la télé ?

J’ai regardé Dorothée très tard mais je connais tous les génériques. Des traces très gravissimes (rire). J’étais également passionné par les interviews politiques, notamment celles de 7 sur 7. Mais il y avait moins d’émissions intergénérationnelles comme Secret Story. C’est un carton sur les 15 – 24 ans. NT1 a été première chaîne de France sur cette cible l’an dernier devant TF1 ou M6. Mon patron est le téléspectateur finalement et s’il est là, ça veut dire contrat rempli.

Vous vous seriez bien vu présenter cette émission avec Dorothée ?

Ah oui, j’aurais adoré. J’aurais pu m’amuser avec elle !

« Les Belges ont une autodérision qui me fascine. »

Vous allez assumer l’émission de A à Z ?

Je travaille tous les jours en visionnant les images de la veille pour la quotidienne du soir. Avec les équipes, on va choisir ensemble les angles et les axes. Je suis un gros bosseur et donc j’écris aussi mes textes avec un auteur.

Et vous réveillez aussi la France tous les matins sur RTL, on peut vous voir dans Ninja Warrior le vendredi et dans 50 Min Inside le samedi.

Le samedi, les interviews sont passionnantes mais coupées ensuite pour montage alors que Secret Story est en direct et que tout peut y arriver.

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Interview > Luigi Lattuca

Amanda Lear : laissez-la vous divertir…… puisqu’elle vous le demande [Interview]

 

Alors qu’on entre dans l’été, la septuagénaire vit de nouveau une actualité brûlante : un double-album (sorti un 13 mai), une nouvelle pièce de théâtre (qui s’arrête pendant l’été) et peut-être bientôt un concert. Entretien avec une Amanda qui fait les questions et les réponses.

Amanda-Lear

Amanda Lear, reine de la nuit ? Plus vraiment… plutôt reine des soirées. Après les pièces « Panique au Ministère » (qui avait notamment cartonné dans toute la Belgique et sur la RTBF), « Lady Oscar » et « Divina », elle présente au public parisien depuis février « La Candidate », la suite de « Panique » où elle se présente carrément à l’élection présidentielle française de 2017.

Au bout du fil, elle est très heureuse d’aussi parler de son nouvel album, « Let Me Entertain You » (« Laissez-moi vous divertir » pour les non-anglophiles), qu’elle espère porter jusqu’à la scène. Que de croix sur le calendrier ! « Moi, vous savez, vu mon espérance de vie, je ne fais pas trop de projets sur les dix ans à venir. » nous lance-t-elle nonchalamment. Mouais, on a du mal à la croire tant les propositions se bousculent au portillon. Amanda Lear joue donc sur scène à Paris, s’apprête à partir à Rome fin juin pour un film… et vient de sortir un double-album. Chaque interview avec cette croqueuse d’hommes, pardon, de projets  a donc de quoi durer une heure… « C’est très excitant de sortir un album un vendredi 13. Je suis très superstitieuse comme tous les artistes. Normalement, ça porte chance ! » Elle s’y est consacré durant presque toute l’année 2015 alors qu’on lui écrivait une nouvelle pièce. Une année en studio pour un disque pensé dès le départ comme une double compile. « Ca ne m’était jamais arrivé et il était temps de marquer le coup. A force de jouer des rôles comiques et d’enchaîner les pièces, les gens avaient oublié que j’étais chanteuse. J’ai souhaité leur rafraîchir la mémoire et revisiter toute ma carrière musicale. »

 

TOUT POUR LA FRANCE

amanda lear

La pochette du nouvel album de la diva

Un disque pensé pour la scène, le lieu où les gens viennent vous voir pour écouter le nouveau matériel mais également les étoiles d’une couronne et les blessures de guerre. Mais Amanda est plutôt pour un retour au positivisme. « J’ai écrit de nouvelles chansons en français car on me reproche souvent de ne chanter qu’en anglais. Les Français sont vraiment à part. Bref, dans ces nouveaux textes – dont « Couleurs » car je peins beaucoup -, je suis sur des notes optimistes car les temps sont assez noirs. J’ai pris exemple sur Charlie Chaplin ou Tony Bennett. » Et aussi étonnant que cela puisse paraître, cet album du plaisir fut pour l’artiste la première occasion de voir d’authentiques instruments de musique dans un studio ! Adieu les ordinateurs, les machines, les synthés, les boîtes à rythmes et bonjour les clarinettes. Elle l’avait déjà martelé sur la pochette d’un album précédent : « I don’t like disco ! ». De la nouvelle musique qui lui donne des envies de récital, de tournée, de partage avec son public. « Vous savez, c’est quand même mon 18ème album donc j’en ai des centaines, de chansons ! Mais ce n’est pas pour tout de suite. Une fois que vous cartonnez au théâtre à Paris, on vous prolonge sans cesse ! ». Un bémol pour la Lear qui adore le changement et avoue se lasser très vite. « La pièce « La Candidate » fait quasiment salle comble chaque soir malgré les attentats de Paris et de Bruxelles et je m’arrête en juin pour aller tourner dans un film pendant un mois à Rome. Je reprends ensuite à la rentrée jusqu’au début de l’hiver. Puis, stop hein. Je ne vais pas la faire toute ma vie non plus ! » Avant qu’on ne la traite d’ingrate, elle ajoute « Je me rends compte que j’ai beaucoup de chance. Des tonnes d’auteurs me contactent pour m’écrire des projets et je suis ouverte à tout. Ca m’excite de chercher de nouveaux moyens pour faire passer de nouvelles idées. » Nul doute qu’elle donc prépare déjà la suite…

 Interview > © Luigi Lattuca pour La Dernière Heure

 

A quand un retour sur une scène belge ?

 Me lasser vite, dit-elle souvent. On en aurait presque la larme à l’œil… Cela signifie donc qu’Amanda ne viendra pas présenter sa pièce en Belgique ? « Je ne me suis pas encore décidée, nous avoue-t-elle. Les tournées sont fatigantes surtout si elles surviennent après plus de 50 dates à Paris. Dans l’idéal, j’aurais adoré commencer par présenter « La Candidate » dans un autre pays que la France et ainsi venir à Bruxelles et Liège. J’adore le Forum de Liège chez vous ! Le souci, c’est que quand ça marche à Paris, vous êtes coincé. On veut absolument vous garder ! Vous élisez domicile dans le théâtre et vous n’avez plus de soirée pour aller au cinéma ! En plus, la pièce sera prochainement filmée et c’est certainement foutu après pour la Province. Qui paiera encore 40après avoir regardé la pièce sur une chaîne ? C’est dommage pour les Provinciaux car la culture est plus rare chez eux et donc chaque événement en est réellement un. Les gens vont limite chez le coiffeur pour venir vous applaudir ! »

En grande fana des moules-frites, Amanda aimerait sincèrement refouler les scènes belges. Elle a déjà son hôtel attitré près de la Grand Place  de Bruxelles et des tas d’amis aux quatre coins de notre capitale. Le côté blasé et très « soldat » des Parisiens l’ayant lassée, elle a élu domicile en Provence. « Paris est juste un lieu de travail. Tout se passe là mais j’ai besoin de soleil car ça me rappelle l’Italie. » On la quitte donc en lui annonçant que la Belgique a un peu des airs de Italie en ce moment avec un climat très agréable. Au cas où ça lui donne envie d’y revenir… L.L.

 

 

Jean-Pierre Castaldi s’enferme dans une boîte ! [Interview]

Entre 110 et 120 personnes chaque soir à Binche pour sa « Boîte à Images ». Jean-Pierre Castaldi est content ! Entretien très convivial avec un comédien accessible (et pas avare de confidences) en tournée dans toute la Belgique jusqu’au 19 juin. 

Rencontre avec Jean-Pierre Castaldi à Binche - 16.04.2016

Chaque soir, et rien qu’en Belgique, Jean-Pierre Castaldi monte sur scène pour présenter « La Boîte à Images », un spectacle itinérant sur son amour et sa passion du cinéma. En deux heures de séances, le public en prend plein les oreilles (et la vue) avec beaucoup d’anecdotes. Un concept renouant avec le café-théâtre donc normal que le public puisse dévorer du pop-corn pendant que Jean-Pierre ne s’économise pas. « La télé régionale du Centre » a vendu ça comme LE spectacle à voir. Je suis arrivé à Binche en terrain conquis avec des soirs quasiment sold-out. Idem à Rochefort, Verviers et Charleroi. »

On rencontre donc un Jean-Pierre Castaldi ravi et comblé ce samedi 16 avril dans la ville du carnaval.

 » J’ai rencontré Cédric Monnoye, brillant jeune producteur belge qui a notamment produit « Les Bijoux de la Castafiore » et le Festival du Film Policier de Liège. Il y a trois ans, le concept reposait sur du jazz à l’intérieur d’une boîte. Celle-ci revient avec moi dedans. Lors d’un festival à Waterloo, il m’a présenté cette idée de récit de l’histoire du cinéma où je serai aidé d’un écran. D’emblée, il m’a dit qu’il souhaitait faire ça sur quasiment un an, de septembre à juin. J’ai trouvé le concept génial et j’ai dit banco. Les conditions ont été bouclées et je suis arrivé en août 2015 à Bruxelles pour répéter. Depuis, je suis en Belgique pour un an – non pas pour raisons fiscales – avec un aller-retour le week-end à Paris toutes les deux semaines. Le bouche-à-oreille s’est surtout fait entre octobre et novembre derniers. »

AMOUREUX DE LA BELGIQUE ET DU THÉÂTRE

Jean-Pierre Castaldi dit adorer notre pays, où vit l’un de ses meilleurs amis, « géant de la communication » et où il a présenté le cortège folklorique de l’Ommegang. Il nous avoue même qu’il va être décoré comme Citoyen d’honneur de la Ville de Liège très bientôt. « J’y viens tellement souvent… Le nouveau gouverneur de la Ville aimerait me loger au palais. Je suis rentré dans le cœur de votre pays à travers cette expérience qu’est « La Boîte à Images ». J’ai pu rencontrer des échevins et des gouverneurs. On me fait visiter ce qu’il y a d’intéressant. Un vrai voyage initiatique où je rencontre de belles personnes.» Chez nous, il est donc en terrain conquis, de par sa popularité et ses amitiés cultivées. Le comédien avoue vivre une expérience jubilatoire : « Le public belge vient pour faire la fête et pas pour tirer la gueule. C’est un bon public rieur et connaisseur, on ne doit pas vous vendre n’importe quoi. Les Français aiment la fête, c’est juste un peu plus prout-prout à Paris.» Et c’est d’abord la province qui aura les honneurs de sa prochaine comédie. Il retournera prochainement à Paris pour les répétitions d’une nouvelle pièce, « Aux frais de la princesse », dont 45 dates sont déjà programmées dans toute la France. Un directeur de théâtre achètera peut-être ce Feydau pour la capitale ensuite. « Une mécanique implacable avec les portes qui claquent donc ce sera drôle, drôle, drôle. Normalement, je devrais d’ailleurs revenir à Binche pour la jouer. Et aussi au Luxembourg car je suis très populaire là-bas. »

L’ESPOIR DU RETOUR AU CINÉMA

Mais maintenant ou à son retour chez nous, pas question pour lui de se jeter sur nos bonnes gaufres. Délesté de 25 kilos, Jean-Pierre Castaldi avoue faire très attention… et notamment pour son retour au cinéma. Sous la lumière un peu crue de cette belle boîte, on lui reconnaît d’ailleurs un petit air de Robert De Niro. « C’est une troisième carrière sur grand écran qui s’annonce maintenant pour moi, ce que j’appelle les rôles de vieux. J’ai disparu depuis dix ans et j’espère un come-back sur des rôles intéressants. Les anciens nous quittent et d’autres doivent prendre leur place. Je suis dans la tête de deux, trois jeunes producteurs mais le cinéma reste une occasion et une rencontre. Les choses ne sont pas si évidentes. Beaucoup de choses se font en amont.»

Et la télé ? « Ça ne m’intéresse pas. Deux ou trois séries sont bonnes mais on ne me propose pas des rôles consistants. En plus, je fais beaucoup de théâtre et je suis très pris lorsque je pars en tournée. J’ai suffisamment de rediffusions pour exister donc je m’en fous. » L’image avec cheveux blancs restera car l’acteur est bien décidé à l’imposer. Plus question de paraître 50 ans pour postuler chez les producteurs d’Astérix et Obélix. Il avoue cependant aimer « Danse avec les Stars » malgré la cadence imposée. « A 72 ans, ce n’est plus possible mais j’aurais aimé y participer, moi qui suis un ancien grand danseur de rock. Le niveau est devenu trop élevé. » Trop vieux, certes, mais pas au point de se faire appeler Papy : « Dans la famille, on m’appelle Casta, moi, monsieur ! »

© Luigi Lattuca

Boîte à...

« La Boîte à Images », c’est donc jusqu’au 19 juin en Belgique et rien que chez nous. « On n’aurait pas pu faire ça en France. Trop d’autorisations à demander, trop de papiers à remplir », se désole Jean-Pierre Castaldi.

Deux filles et un cupcake

                                                                                                                                                                                                           Aujourd’hui en France (et en Belgique, on verra selon le fournisseur…), sort le coffret DVD d’une sitcom bien sympathique :
« 2 Broke Girls – saison 1 ».

2 Broke Girls
Si je puis me permettre un conseil de rentrée : il vous faut découvrir « 2 Broke Girls ». Sur une dizaine d’amis convertis, tous ont adoré. Qui dit mieux ? Ces personnages féminins vont devenir des amies… Et il vous faudra ensuite du lourd pour vous distraire en attendant la saison 2.
Style irréverencieux
Chaque épisode dure 20 minutes et rappelle la grande époque de “Friends” : délirante à souhait (même plus salace et on peut s’étonner qu’elle passe entre 20 et 21h en Amérique). Le petit « plus » du scénario de base, c’est d’être authentique sur la crise économique. Pour preuve : je crois que pas un seul épisode ne se déroule sans entendre le mot “vagin”. Ce style irrévérencieux loin des sitcoms familiales pépères apporte, à lui seul, la preuve que “2 Broke Girls” est spéciale et réservée à un public averti. Rare pour une sitcom !
Galérer mais avec du soutien
Mais ça parle de quoi et que veut dire mon titre, me direz vous ? Vous avez raison, j’y viens. On joue tout simplement sur les oppositions fille blonde naïve ultra positive et souriante tout le temps et la fille brune qui a élevé dans la misère et qui n’a aucun rêve tout en étant pessimiste et cynique. Rien de révolutionnaire mais ce qui compte, c’est la façon de raconter et faire évoluer ses personnages, n’est-ce pas ? Et bien, le duo fait des étincelles ! Caroline est une fille privilégiée d’une vingtaine d’années qui a toujours vécu à Manhattan, cité qu’on ne présente plus. Du jour au lendemain, elle perd ses milliards et se retrouve sans un sou à cause des arnaques de son papa chéri. Elle décide donc de travailler dans un resto-snack de Brooklyn où elle va faire la rencontre d’une autre fille de son âge, Max, qui l’aidera à se débrouiller.
Les deux collègues décident d’ouvrir leur propre pâtisserie et c’est la base du scénario. La série a un vrai but pour les années à venir. Caroline a un diplôme en marketing et Max est une excellente productrice de cupcakes. Il leur faut un peu plus de 200 000 dollars. Elles en ont 387 à la fin de l’épisode-pilote. Les scénaristes ont donc de la marge avant qu’elles n’aient un succès fou. Et j’adore la série pour cela surtout : elle ne lésine pas sur les galères que les deux nouvelles copines si différentes vont trouver (comme tout le monde) sur leur route. Au fil des épisodes, elles vont tenir l’une à l’autre comme deux sœurs… alors que leur amitié n’était pas donnée d’emblée.
Au milieu de tout cet humour décapant, on est même surpris d’être ému par l’une ou l’autre réplique qui résonne à point nommé étant donné que les deux filles doivent, toutes les deux, vivre sans père mais pour des raisons différentes. Bref, ça dure à peine 20 minutes et c’est très, très fun. Un bon investissement. 😉

Sébastien Ministru : on l’aime à l’italienne ! (interview)

Ciao Ciao Bambino

« Mille violons chantent leur mélodie / Un arc-en-ciel dans le ciel se déplie » fredonnait Dalida dans « Ciao Ciao Bambina ». Ces vers évoquent vraiment l’événement « Ciao Ciao Bambino » de Sébastien Ministru. Car c’est un événement, oui. Au Théâtre de la Toison d’Or à Ixelles, Nathalie Uffner est fière de son nouveau succès, complet jusqu’au 1er juin prochain. La culture gay a une nouvelle référence. Pas de panique, Sébastien Ministru confie que de nouvelles représentations sont prévues pour la saison 2014-2015. Et plein d’autres choses encore autour d’un café…

C’est assis à côté du tableau aux couleurs vert, blanc, rouge que Sébastien Ministru s’installe pour l’interview. C’est son oncle Antonio qui a l’honneur d’être sur l’affiche de « Ciao Ciao Bambino », une pièce toute personnelle qui parle de sa grande famille italo-belge. Les personnages n’existent pas dans la réalité, le trait est forcé pour que le spectateur reparte avec un mal de ventre de la salle. Cependant, c’est l’expression de la propre vie de Ministru. Bref, un miroir déformant.

Lors d’une veillée funèbre, Ciccio Bello, le défunt (incarné par Antoine Guillaume, comédien-fétiche de Sébastien Ministru) se souvient de ce que sa famille lui a fait vivre… il nous les présente à sa manière. Ceux-ci ignorent que, depuis l’au-delà, Ciccio s’amuse à les critiquer. Toujours en ironie et en tendresse. Car, oui, ils sont venus, ils sont tous là : Charles, le jules de Ciccio, mais aussi la famille proche : Carmelo, Nancy, Eric et Silvana. Bref, comme le dit le communiqué de presse « une réunion de famille italo-belge où on ne sait plus très bien ce qui est italo et ce qui est belge. »

Sébastien Ministru, rédacteur en chef adjoint pour le magazine télé « Moustique » et animateur sur Pure FM, n’en est pas à son premier coup d’essai arc-en-ciel. Il a obtenu une nouvelle reconduction de « Cendrillon, ce macho » au Centre Culturel d’Uccle du 15 au 25 janvier 2014. « Ciao Ciao Bambino a commencé en avril une semaine avant que la loi ne soit votée, raconte Sébastien. Mais il y avait plus de rapport avec le mariage gay dans Cendrillon, ce macho qui parlait vraiment du mariage. Je reprenais le schéma du conte de fée qui se termine par un mariage et des enfants, bref du bonheur. Dans les dernières représentations fin 2012, les comédiens ont rajouté une allusion au débat qui venait de débuter en France. »

Et vu le nouveau carton du conte de fée à la sauce gay en décembre 2012, Sébastien Ministru est bien parti pour jouer cette pièce à vie… « Oh oui, c’est un petit peu mon « Born To Be Alive » à moi ! se réjouit-il. Pour les comédiens, c’est absolument génial de travailler sur un spectacle qui démarre sold-out quasiment et auquel le public fait la fête à chaque réplique, chaque acte. Pareil pour Ciao Ciao Bambino, on était très surpris du succès dès le début. » Une parole difficile à croire tant le public a répondu présent plusieurs semaines avant les premières représentations. Le spectacle est désormais prolongé mais affiche complet jusqu’au 1er juin. De quoi faire déstresser le sympathique journaliste. « La saison prochaine est déjà entièrement calée. On parle de replacer Ciao Ciao Bambino mais pas avant septembre 2014. C’est un carton, il a même fallu ajouter des dates. Mais j’avais peur que les gens ne comprennent pas, n’aiment pas et ne viennent plus. On a toujours peur la veille d’un spectacle. Chaque nouvelle pièce est un retour à la case départ. Plus j’ai du succès, plus j’ai de la pression sur mes épaules. »

Justement, cette nouvelle prouesse, parlons-en. Elle fait écho à tous les débats sur le cosmopolitisme qui anime nos chers politiques. Une bonne source d’inspiration ? « Non, je n’ai pas du tout pensé à l’actualité sur l’identité culturelle et aux débats relatifs à l’immigration pour Ciao Ciao Bambino. Quand le TTO m’a commandé une nouvelle pièce, j’ai eu envie d’écrire sur mes origines et les quelques trucs de mon adolescence que j’avais en moi. Au départ, la pièce est du divertissement. Si celui-ci prend d’autres reliefs et fait écho chez le spectateur et les médias, pourquoi pas. Mais la base, c’est vraiment le divertissement. »  Ce nouveau spectacle fait d’un jeune homme gay son héros mais parle avant tout de mort. Deux thèmes qui ont traversé la carrière de Dalida. Celle à qui on pense en entendant le titre. « Ce n’est pas du tout un hommage, infirme Ministru. Je voulais simplement avoir un titre italien qui fasse référence au départ, au deuil. Quelqu’un meurt et on raconte son enfance… Ce titre se prête bien à la situation. Dalida a repris Ciao Ciao Bambina et je souhaitais faire entendre quelques notes de cette chanson. Je trouvais dommage que les gens l’attendent et qu’elle ne vienne jamais à un moment du spectacle. » Et la chanson « Bambino » de la même interprète passait sur toutes les radios au milieu des années 50. Un bon moyen pour les immigrés massifs de se raccrocher à une parcelle d’Italie, un parfum de méditerranée. Dalida_ciao

« Quelques unes de mes tantes ont vu des extraits du spectacle à la télé et elles m’ont dit que ce n’était pas du tout notre famille. Je confirme, ce n’est pas du tout l’histoire de ma famille. Ce qui est vrai, ce sont les situations et les souvenirs racontés. Effectivement, ma grand-mère ne sortait pas de la maison sans ses kilos d’or sur elle, Je suis sicilien et sarde. Les Sardes ont une réputation de gens farouches, rugueux et plus réservés que les Siciliens plus bling-bling.  Mon grand-père a toujours dit que s’il quittait la Sicile, c’était pour New-York ou pour Flénu (près de Mons) et il a choisi Flénu, la scène chez le coiffeur est vraie aussi, … Les situations sont vraies mais les personnages sont inventés. Mais, oui, ma famille était inquiète de ce que j’allais raconter (rire). »

Une des scènes de la pièce raconte les sous-entendus d’un des professeurs de Sébastien. On devine que la famille a éprouvé des difficultés à s’intégrer. « Il m’est parfois arrivé, tout petit, de ressentir un sentiment de racisme larvé. Le plus dur a sans doute été pour mes parents et grands-parents. Ça n’a pas été évident pour eux. Ils arrivaient de Sicile, un pays pauvre mais baigné de soleil. Quand on quitte ce décor pour arriver dans le Borinage au milieu des années 50, c’est difficile. Ma grand-mère pleurait parfois. »

La famille débarque donc en Belgique pour se fabriquer d’autres souvenirs. Les hommes partaient « tâter le terrain » seuls et emménageaient dans un vrai camp. « On n’appelait pas ça des maisons mais des baraquements, explique Sébastien. D’abord, les hommes immigraient seuls et habitaient dans des cantines, c’est-à-dire des dortoirs pour hommes. Les femmes et les enfants arrivaient par la suite et habitaient dans des baraquements avant d’emménager dans des maisons de mineurs, les corons. Je suis né dans l’une d’entre elles. C’était particulièrement inconfortable. La partie sanitaire était dehors. Ensuite, j’ai vécu la cité. Ça, c’était très moderne et assez coquet. Ce n’était pas le grand luxe mais c’était déjà plus confortable. Il y avait beaucoup d’Italiens et un peu de Polonais. En tout cas, s’il y a un processus d’intégration qui a réussi en Belgique, c’est celui des Italiens ! Le terreau était assez identique malgré les grandes différences entre Belges et Italiens. La preuve : notre Premier ministre est italien. »

Alors que l’adolescence touche à sa fin, chacun des quatre enfants de la famille doit choisir sa voie. Sébastien se lance alors dans la gestion des ressources bibliothécaires. « J’ai voulu devenir journaliste depuis tout petit mais j’ai un diplôme de documentaliste, avoue-t-il. Ça m’a ennuyé mais quand j’entame quelque chose, je vais jusqu’au bout. J’ai dit à mon père que j’allais continuer même si je n’ai pas aimé l’environnement de ce secteur fin des années 70. Après, j’ai entamé une licence de Journalisme à l’UCL. Grâce à mon diplôme de bibliothécaire/documentaliste, j’ai pu sauter les deux premières années. Je me suis fait rapidement repéré par « Télé Moustique ». Mon premier job journalistique et mon dernier. C’était il y a 28 ans… J’avais commencé par la création des grilles de programmes télé. J’aime la presse écrite et la radio sans choisir. A l’écrit, on peut plus travailler son texte. J’aime l’écriture. En pleine crise, la qualité d’écriture est d’autant plus importante. A l’écrit, on peut plus montrer ce qu’on sait faire avec des mots et un univers. A la radio, c’est plus direct et plus éphémère. Quand j’y repense, c’était une époque économique moins violente pour la presse. L’ambiance était plus bon enfant et beaucoup plus tournée vers l’artisanat. Un peu le paradis sur terre. »

En tant que rédacteur en chef adjoint de « Moustique », l’auteur de Ciao Ciao Bambino n’ignore rien des difficultés que rencontre la profession de journaliste. L’obsession du buzz, les modes qui s’épuisent vite, les valeurs sûres que deviennent l’émotion et les people, le politiquement correct. Cela pousserait-t-il les publications à être moins audacieuses ?  « Au contraire, il faut essayer de l’être de plus en plus. La mutation d’Internet et la crise économique ont une influence sur les rentrées publicitaires. Nous sommes dans un cul-de-sac qui provoque un peu de panique. On cherche des solutions… Avant quand on lançait une nouvelle formule, on était tranquille 5/6 ans. »

Et quel conseil donnerait-il alors à de jeunes journalistes ? Sincèrement, il hésite… « C’est difficile pour les jeunes journalistes des années 2010. On leur demande d’être multi-médias. Il faut savoir écrire, jongler avec les réseaux sociaux et d’avoir une culture numérique que nous autres, anciens, n’avions pas. On avait notre spécialité et on ne mélangeait pas. Il ne faut pas se voiler la face, les places ne sont pas distribuées à la sortie de l’université. L’économie de la presse influence aussi le mode de vie des jeunes journalistes. Ils galèrent beaucoup plus pour gagner un peu d’argent. »

Et souhaitons-lui d’en gagner encore prochainement avec son prochain spectacle : « Les Pétasses » qui démarrera le 2 octobre au Théâtre de la Toison d’Or. «On va le rôder pendant une semaine début juin, explique Ministru. La saison prochaine, on le jouera 6 semaines. C’est encore une comédie mais on y parlera plus de mort. Pour une fois, il n’y aura pas la thématique de l’homosexualité. C’est un miracle chez moi. Et il y aura aussi Irène De Langelée. Un beau spectacle où cette dame raconte sa vie de folle, puis s’arrête et chante ses chansons préférées. C’est à pisser de rire ! »

D’autres spectacles que la vie de prince et de souillon avec laquelle il a cartonné du côté du public et des critiques. Si on se la joue Hollywood deux minutes, on pouvait penser que cela aurait donné naissance à un second volet. Sébastien Ministru avoue enfin ! « Ça m’amuse de fantasmer donc j’ai eu l’idée d’un Cendrillon 2 avec les deux héros mariés mais ça n’a pas été plus loin que la blague autour de la table. » Dans une poignée d’années peut-être étant donné qu’il souhaite travailler le plus tard possible et être le nouveau Jean d’Ormesson !

Et elle critique Madonna …

Foresti-Party-Bercy On sentait dans ses récents propos que sa grande idole Madonna l’avait déçue en 2012 … Chère Florence, si je devais donner quelques conseils aux stars sur le déclin, ce serait plutôt par toi que je commencerais. « Foresti Party Bercy » n’est pas un bon investissement. Ni à Bercy-même, ni en salle de cinéma UGC ou Gaumont et ni sur DVD ou Blu-Ray. Bon, trop tard, les fêtes de Noël sont passées mais c’est – au moins – un avertissement pour le public qui attend déjà ton prochain spectacle. Enfin, celui qui n’a pas décidé de raccrocher. Car, si l’inspiration baisse, la grossièreté, elle, augmente.

Florence Foresti, nul besoin de la présenter. Son dernier spectacle « Mother Fucker » a récolté toutes les louanges possibles et deux ans plus tard, Florence a décidé de faire sa Mylène Farmer en restant à Bercy pour un show gigantesque qui doit rendre hommage à sa petite personne. Gigantesque par la scénographie, minuscule par le niveau d’humour. Florence Foresti est devenue une caricature d’elle-même. C’est sympa à elle de critiquer son idole Madonna mais au point de vue du show, elle se débrouille mieux que Florence pour se réinventer et toujours re-séduire son public (dans sa grande majorité). Ce Bercy n’était qu’une excuse pour en mettre plein la vue visuellement et être habillée en Jean-Paul Gaultier mais demeure une coquille vide ! Un spectacle pour SE faire plaisir, pas pour distraire le public qui a, sans aucun doute, du mal à comprendre durant les deux heures la logique et le fil rouge du spectacle (qu’est venue faire Sonia Lacen là-dedans, par exemple ?).

Devenir l’humoriste préférée des Français ne réussit pas à Florence Foresti qui devient de plus en plus vulgaire, abusant des « Putain » dans chaque phrase, forcant son jeu à outrance (celui qu’on connait tous où elle mime une femme ulcérée par le quotidien) ou formatant chacune de ses répliques (qui se ponctue par un « Connard » ou un « Connasse »).  C’est principalement la redondance qui a tué ce show. Forest’ en rajoute, en fait de trop, cabotine dès qu’elle le peut et n’arrête pas de hurler dans chaque scénette … Qui cela surprend encore ? Toujours les mêmes thèmes et SURTOUT des reprises d’anciens sketchs ! Ces reprises sont nombreuses, ça ne passe même plus pour des « clins d’œil ». D’accord en fin de carrière, mais là, Flo, tu es encore jeune … Non !? Un hommage à toi-même réalisé vingt ans trop tôt.

Alors, un conseil, Florence Foresti  : arrêtez la scène pendant au moins trois ans et réfléchissez à d’autres sujets que les différences hommes/femmes. L’ex-humoriste préférée des Français, Muriel Robin, l’a fait, elle, pour réfléchir sereinement. Une parenthèse qui lui a profité (voir  à ce sujet « Mourir d’aimer » de Josée Dayan). Proposer ceci est un peu honteux, on vous connaissait tant de talent pour faire rire … Tout est une question de dosage dans la vie.
Et si vous vous ennuyez durant cette pause : sachez que les meilleurs moments furent dans l’introdution du spectacle avec les imitations de stars. Vous êtes championne de cette catégorie. Un petit retour en télé serait sans doute bénéfique. 😉  » Non, non, je ne suis pas fou, Bonsoir ! «