Antoine Guillaume et la magie de Noël en chansons… au théâtre [Interview]

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Noël est en avance cette année ! Dès la fin d’Halloween, les vitrines des commerçants ont été décorées de boules et de guirlandes. Alors, allons-y : parlons du spectacle qui succédera à « Cherche l’amour » de Myriam Leroy au Théâtre de la Toison d’Or d’Ixelles. Après tout, il ne faut jamais trop tarder pour réserver comme nous l’a montré le spectacle actuellement à l’affiche. Pour le retour des fêtes, Antoine Guillaume célèbre les grands classiques de Noël, autrefois chantés par Dean Martin, Bing Crosby ou Nat King Cole ! On les a tous écoutés un après-midi d’hiver au coin du feu, le chat sur les genoux et les enfants dehors, la langue tirée pour avaler les flocons de neige… Et même si la neige est devenue radioactive, la magie des chansons est toujours là !

 

Comment est né ce spectacle de Noël pour le TTO ?

C’est moi qui ai proposé l’idée et il avait déjà été programmé la saison dernière. J’ai toujours baigné dans cette culture américaine qui fête Noël à fond, et de ses tours de chants très classiques qu’on se passe sur CD en Europe. Les gens n’ont pas l’habitude de les entendre durant des concerts et j’ai eu cette idée. Le spectacle ayant fonctionné l’année passée, nous avons décidé de le reprogrammer. Nous rempilons donc pour deux dates (9 et 10 décembre 2016, NDLR).

A votre grand regret ? Vous auriez aimé une semaine entière ?

Non, non, ce n’est pas à mon grand regret. C’est juste lié à des possibilités de production et de disponibilité du lieu. Pas toujours facile de débloquer des dates juste avant Noël. Mais j’aurais beaucoup aimé me produire durant une semaine. Qui sait, ce serait peut-être pour une prochaine fois ? Je suis partant pour plusieurs saisons ! agassume_002_jpohl

Vous êtes la Mariah Carey de Bruxelles. Elle a décidé d’exploiter son catalogue de Noël et ces concerts spéciaux fonctionnent plus que ses concerts de nouvelles chansons. Ce sont des rendez-vous très prisés à New-York ou Londres.

La dernière fois que je suis allé à New-York, Hugh Jackson proposait une série de concerts pas spécialement de Noël mais ils étaient programmés pendant la semaine de Noël. A Broadway, ils ont The Rockettes, un gigantesque spectacle qui se joue durant un mois, et ça m’a donné l’envie. J’ai une attache particulière à cette fête.

D’autant que vous vous étiez déjà inspiré de Broadway pour « Antoine Guillaume assume » en 2010. Le public a-t-il été réceptif ? Vous avez pu récolter quelques avis l’année passée ?

Je crois que c’est un format de spectacle qu’ils n’avaient pas l’habitude de voir. Beaucoup de gens adorent cette période de l’année car c’est avant tout du partage, des retrouvailles avec la famille. Même les gens qui ont peu de contact avec leur famille privilégient la période de Noël pour se retrouver. Les concerts de l’année passée avaient un peu cette humeur. Les gens se retrouvaient pour un moment agréable durant un moment du mois de décembre… et ils ont retrouvé les chansons de CD qu’on avale au coin du feu avant la dinde. Les commentaires étaient positifs car je pense que les gens s’attendaient à des variétés, mais on a fait ça de manière très cosy. On a fait comme si on était une grande famille qui se réunissait, mais on ne pouvait pas distribuer de la dinde à tout le monde !

Qui sait, qui sait… A Nathalie Uffner, rien d’impossible ! Et quid du feu sur scène ?

On a hésité à mettre une cheminée sur le plateau mais on a déjà un sapin, d’énormes cadeaux et une décoration qui rappelle celle des grands talk-shows américains. Et puis, un feu de cheminée, ce n’est pas possible dans un théâtre. Mais on se disait aussi qu’on pouvait mettre une cheminée avec un feu sur images pré-enregistrées.

Avec lunettes 3D distribuées à l’entrée alors ! On ne vous a plus vu dans une pièce du TTO depuis « Rire please » en septembre 2015. Qu’avez-vous fait depuis ?

J’ai longtemps été occupé par la tournée de « Cabaret » produit par le Théâtre Le Public et le Théâtre National. Je suis aussi occupé avec la télévision et la radio. Et puis, j’ai monté un spectacle sur l’histoire de Broadway pour le Théâtre Le Public. Sans oublier la reprise de « Boeing Boeing » dans un célèbre château de Karreveld de Molenbeek cet été. Par ailleurs, je fais aussi de la mise en scène et notamment pour des mouvements chorégraphiés pour le spectacle « Chaplin » actuellement à l’affiche au Théâtre Royal du Parc. Mais je reviens à la fin de la saison culturelle au TTO. On va bientôt commencer les répétitions de la comédie « Pyjama pour six » qui sera programmée au printemps.

Un retour aux pièces à grand budget avec plusieurs intrigues dans une seule comme « Boeing Boeing » ?

C’est ça. C’est le même auteur en plus ! « Pyjama pour six » est une pièce de grand boulevard avec tout ce que cela a de noble dans la manière de le formuler. C’est la pièce des quiproquos par excellence et ça commence dès le lever du rideau. Jusqu’à la fin, les spectateurs vont se demander comment les personnages vont se dépêtrer de la situation. Et, évidemment, il y aura plein de coups de théâtre car il y a des amants et des maîtresses pour tout le monde. Ce sera loufoque et ça partira dans tous les sens.

antoine-guillaume-studioEt le café-théâtre du TTO ?

J’ai coaché les nouveaux comédiens dans « En vous remerciant »… cette année ?

L’an dernier, en novembre 2015.

C’est marrant comme le temps passe. Cette année, d’autres portes s’ouvrent. Mes projets n’ont pas fait l’unanimité auprès de tous mais ce n’est pas grave. En tout cas, je souhaite déjà « Joyeux Noël » à tout le monde puisque les magasins ont été complètement timbrés cette année. C’est déjà Noël depuis septembre, non ?

 

Interview > Luigi Lattuca

Photos > Julien Pohl

Julie Zenatti : « Le mélange des cultures est une richesse » [Interview]

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A 35 ans, Julie Zenatti chante toujours et termine actuellement une longue tournée entamée en 2014. Avant de dévoiler son nouveau projet, Méditerranéennes, elle se confie par téléphone.

Vous donnez encore quelques concerts dans les prochains jours. Qu’est-ce qui différencie cette tournée de la précédente ?

Les chansons sont d’abord nées sur scène avant d’être dévoilées sur un disque. Ça change énormément le rapport au public et l’énergie scénique. Face à un CD qu’on ne connaît pas, on est dans une émotion différente et l’artiste a envie d’émouvoir, d’être au plus juste d’une émotion afin de créer une histoire et de la faire partager. Cela fait maintenant deux ans que je suis en tournée et je me rends compte maintenant que les gens se sont appropriés les chansons car, depuis, l’album et ses singles principaux sont sortis et ont eu le temps de se faire connaître. J’ai pu vivre la gestation des chansons et ensuite la réception à travers cette tournée. Les gens ont été fidèles et au rendez-vous.

Avec une grosse major derrière soi, cela aurait-il été plus contraignant ? Les grands artistes populaires n’ont presque pas ce luxe… ou alors ils font une exception pour les festivals.

Oui, il y a plusieurs emplois pour les chanteurs. Les indés se font plus découvrir à travers les festivals à thématiques et leur public est très, très curieux. Et puis, on a les artistes qui passent plus à la télé et pour qui la scène est la cerise sur le gâteau, et non le gâteau. Elle vient après, c’est la récompense après de bonnes ventes et des singles bien identifiés. Avec mon dernier album, mon équipe et moi avons réussi à créer une vraie curiosité. Le pari était de faire venir le public dans les salles pour découvrir un disque pas encore sorti. Et puis, aujourd’hui, les réseaux sociaux permettent de faire découvrir les choses en avant-première, en amont. Du coup, on suscite une curiosité qui pousse les gens à se déplacer. Je pense que la musique est un métier d’artisan qui vaut le coup quand on monte sur scène. Bon, concevoir un disque, c’est génial… mais ce n’est pas là qu’on se met, entre guillemets, en danger. julie-zenatti-215x300

La réception du public est donc bel et bien vivante et vous comble ?

Oui sinon ça ne ferait pas deux ans qu’on ne se promènerait pas un peu partout avec cet album. Au départ, on avait programmé 5 ou 6 dates en espérant plus. Et le bouche-à-oreille a fait son travail ! Il y a bientôt deux ans, fin novembre 2014, c’était la première date.

 

« Un artiste plus populaire a droit à la scène après de bonnes ventes.

J’ai inversé la tendance pour mon dernier disque. »

 

Tournée la plus longue de votre carrière alors ?

D’habitude, c’est toujours très concentré sur un même temps et la particularité de celle-ci est d’avoir grandi jour après jour. On a tracé un vrai petit chemin, ville après ville pour passer un peu partout. Grosse satisfaction pour moi et les musiciens de pouvoir vivre ça.

Et avez-vous été invitée à découvrir la nouvelle mouture de la comédie musicale qui vous a révélée, Notre-Dame de Paris ?

Si je suis disponible pour la première (qui a lieu le 23 novembre, NDLR), bien sûr j’irai avec plaisir, évidemment. J’ai hâte de voir dans le rôle d’Esméralda car j’adore la voix d’Hiba Tawaji, et de revoir Daniel Lavoie qui parraine un peu cette nouvelle troupe.

 

« Un nouveau disque sortira en mars 2017. »

 

Quels sont vos autres projets ? Qu’est-ce qui vous attend à présent ?

Un nouvel album commencera à se dévoiler dès ce 18 novembre 2016. C’est un album un peu particulier nommée Méditerranéennes car je collabore avec plusieurs artistes : Rose, Samira Brahmia, Sofia Essaïdi, … Le premier extrait est un duo avec Chimène Badi et il commencera son petit bonhomme de chemin le 18 novembre. Le disque, lui, est normalement prévu en mars 2017. Il rend hommage aux cultures méditerranéennes et à tous ces peuples qui ont voyage, migré et qui se sont rencontrés. Ces peuples qui font les belles couleurs de la France. Ce pays est une belle culture mélangée. J’aime bien dire qu’on vient tous de quelque part et quand on commence à faire le chemin en arrière, on se rend compte à un moment que nous nous sommes peut-être croisés au bord de la Méditerranée…

A l’heure où le concept d’identité revient en force sur le devant de la scène…

julie-zenatti_01_bd-239x300Oui, je me suis étonnée moi-même car j’avais germé l’idée de ce disque il y a presque un an et je percevais une certaine froideur à son encontre. On me disait que ça allait peut-être être un peu compliqué de mélanger les langues et de revendiquer l’identité. Mais, à travers cet album, je n’en revendique pas une. Je rends juste hommage à une culture ayant beaucoup apporté au monde occidental. L’idée est de raconter l’histoire telle qu’elle est, et de fédérer. Je veux qu’on voit l’autre comme un ami car il ne faut pas que des minorités extrêmes deviennent la majorité. Mais j’avoue que ça a été difficile de monter ce projet. Des copines-chanteuses ont accepté, elles se sont fédérées au fur et à mesure et l’énergie de ces personnes a fait le reste pour partager ce message de tolérance, de paix et surtout de richesse. Le mélange des cultures est avant tout une richesse.

Interview > Luigi Lattuca

 

  • En cette fin 2016, des concerts encore à Binche (Belgique) dimanche 27 novembre, à Brunoy le vendredi 2 décembre, au Casino de Jonzac le 17 décembre,
  • Puis à la  salle Charles Trenet de Chauvigny le 28 janvier 2017 et à Epernon (28) – Salle des Prairiales le samedi 4 février 2017.

Découvrez Petosaure : « Nous formons un trio dévastateur ! » [INTERVIEW]

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Rencontre à Saint-Germain-des-Prés, avec un nouveau groupe musical : Petosaure. Bientôt à nouveau en concert à Paris, ils semblent chargés d’inspiration. C’était leur tout premier entretien avec la presse pour leur premier album : Le Fantôme de l’Enfant.

Musique très « cold électro », assez organique, pénétrante et vivante au programme du jeune portfolio auditif de Petosaure. Ça palpite, ça donne envie de bouger, d’aimer et de violence ; ça peut donc toucher différents types de personnes. Et cela, c’est plutôt réjouissant. Autour d’une boisson en terrasse, rencontre avec les membres du groupe :

  • Petosaure, le chanteur donnant son nom au groupe,
  • Krispy Krust (Don Coco), percussions et vidéos,
  • Meunier, production, qui a été quasiment muet lors de notre rencontre.

Ils confient d’entrée de jeu que nous sommes le premier média à les interviewer. Let’s go !

Tout d’abord, d’où vient le nom de votre groupe ?

Petosaure : Petosaure est le nom de mon plus ancien ancêtre connu. Il était l’époux de l’unique sœur d’Attila le Hun et un de ses plus proche conseillers. Il a mis a feu et à sang une grande partie de l’Asie Occidentale après l’enlèvement et le meurtre de sa femme. Et ce, avec seulement deux acolytes. Leur ruse et leur force sans comparaison leur permettaient à trois de rivaliser avec des armées de 300 soldats. Peu d’écrits parlent d’eux. Mes parents possèdent encore une dizaine de parchemins, récits de son histoire.

Pour faire court : Petosaure était un roi sorcier assoiffé de vengeance. Son bras droit, un assassin insaisissable du nom de Munihar. Son bras gauche une brute gigantesque, Krespekraut. J’aime penser qu’il s’agit de mon bon Meunier et de mon cher Krispy Krust. Et que nous reformons tous trois un trio aussi dévastateur que celui de mon ancêtre et de ses compagnons.

« Pourquoi nous mettre
des limites et des contraintes ? »

 

Vous faites partie de la “culture bidouilleuse” de l’underground, non ?

Krispy Krust : Pourquoi nous mettre des limites et des contraintes ? Je pense qu’il faut tout faire exploser.

Petosaure : Exactement, nous sommes pour le fait de déranger les gens. Nous aimons l’impertinence et l’insolence. Il y a clairement une provocation dans nos gênes et qui, je pense, est dans le sang de presque chaque artiste. Nous, nous avons pris le parti de ne pas simplement exister dans le monde musical mais également de déranger les gens, de les bousculer. Il faut de l’irrévérence.

Vous faites aussi référence à votre nom ?

Petosaure : Parfaitement. Le nom du projet est un test. Si vous vous y arrêtez, c’est que vous êtes un pauvre con qui devrait arrêter d’écouter de la musique. Si cela vous empêche de passer notre musique par vos médias, quittez ce milieu, vous n’êtes qu’un de ces sceptiques obsédés du packaging qui pourrissent ce système. On nous demande souvent de changer le nom. Ça ne se fera pas et si il fait chier les gens, c’est avec plaisir.

« La musique de Petosaure a pour vocation
d’appuyer sur nos plaies béantes »

 

Comment définiriez-vous votre musique ?

Petosaure : Petosaure ne peut se classer dans un style particulier. Disons qu’il s’agisse de chanson française puisque nos paroles sont en français. Hormis cela, nous jouerons la musique qui nous plaît. S’il devait s’avérer que demain nous voulions jouer du zouk ou de la trap, nous le ferions avec la même énergie sombre et distinguable.

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Vous bousculez aussi le public avec votre visuel. Cela semble très important pour vous ? La pochette de l’album Le Fantôme de l’Enfant évoque la peinture, les barbouillis et on perçoit du Francis Bacon.

Nous n’avons pas pensé à lui, ce n’est pas un clin d’œil mais cela aurait pu. Notre visuel est uniquement réalisé par une artiste incroyable, une amie à nous, Jaky La Brune. L’idée serait de distribuer physiquement notre album lors d’un happening commun où elle exposerait ses œuvres et nous notre musique. Ce serait trop génial. C’est une très grande envie.

Le visuel comme les titres de l’album insistent sur la peur et la violence interne à chacun…

Petosaure : Nous sommes tous pareils avec des tares et des fêlures immondes. Si la musique de Petosaure n’a pas de message à délivrer, elle a au moins pour vocation d’appuyer sur nos plaies béantes, d’y mettre du sel et du vinaigre, pour que les gens s’interrogent sur eux même et qui sait peut être que leur laideur pourrait finir par leur plaire.

« On ne joue que la musique
que l’on aime profondément »

 

Vous êtes montés sur scène avec un artiste réputé « génie fou » et iconoclaste, Nicolas Ker.

Petosaure : Oui, le 14 octobre au Batofar pour sa première partie. Nous avons déjà beaucoup joué en Europe sans être Petosaure. Là, on est parti pour une aventure absolument étonnante, nous en sommes convaincus.

Dans quel sens ? Ce sera un partage massif d’émotions avec le public ? On sent votre bouillonnement créatif et on se demande donc si vous n’allez pas profiter du net pour balancer un tas de morceaux qui doivent dormir sur vos disques durs externes.

Krispy Krust : Oui, pourquoi nous en priver ? On est tellement convaincus que ce qu’on fait est génial qu’on a envie de le partager avec les autres. On ne joue que la musique que l’on aime profondément. Si elle est assez bien pour nous, elle l’est pour le reste du monde.

Interview > Luigi Lattuca

  • Le premier album de Petosaure, Le Fantôme de l’Enfant, a été enregistré et mixé en début d’année. Masterisé par Vincent Hervineau, il est disponible sur la plateforme digitale Bandcamp depuis juin 2016 via le label indépendant La Souterraine.
  • TRACKLIST de l’album Le Fantôme de l’Enfant :1- La Rose et le Revolver
    2- La Gorge du Diable
    3- Love Viseur (feat. Weerdo et Jaky Labrune)
    4- La Traversée
    5- Sa Silhouette
    6- La Cigale
    7- La Plage (feat. N. Horbacz)
    8- Pantagruel
    9- Roiseau
    10 – Docile Amie
  • Concert le 30 novembre 2016 au Motel (Paris, France) – 20 à 23h.

Tribune : « La culture populaire est vecteur de Beauté ! » (gloire à Bob Dylan)

LA CHANSON PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE !

(Tribune de Roger BERTOZZI, conseiller et analyste stratégique pour les questions relatives au Climat et à l’Environnement)

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« Très grande joie à l’annonce du Prix Nobel de Littérature 2016, d’abord pour le lauréat, le magnifique Bob Dylan, mais aussi, et avec force, pour la reconnaissance ainsi donnée, enfin, à la chanson, part intégrante de notre patrimoine littéraire. L’Académie Nobel a loué à juste titre dans son communiqué la poésie de Bob Dylan. Or, la poésie, dans les temps les plus antiques, était indissociable du chant. La poésie grecque, par exemple, est née comme incantation.

Il est extraordinaire qu’il a fallu attendre 2016 pour que le Prix Nobel couronne un chanteur ! Qui ne sait qu’en tous lieux et en tous temps, du cante hondo au ragtime, de la variété au rock, des clubs cubains au rap marseillais, nombreux furent et sont les paroliers, les chanteurs-compositeurs, les artistes de scène dont les textes atteignent les plus hauts niveaux de l’intensité poétique et de ce que nous nommons par conventions la beauté littéraire ? Ce glorieux et joyeux Nobel à Bob Dylan couronne aussi tous ceux qui par leurs chansons ont enchanté et enchantent nos âmes. Et n’oublions pas que pour des millions de jeunes la chanson est le premier accès, parfois le seul accès, à la littérature et à la poésie, c’est à dire à la parole habitée par l’âme et incarnée dans un style. Je vois d’ici venir ceux que ce Prix pour du folk, pour du « populaire » choquera. Il ne faut pas s’y attarder, certains conservatismes sont de simples aveuglements, et le meilleur moyen d’y répondre c’est de ne pas les voir !

Je me souviens que même le très prestigieux Pascal Quignard avait dû faire face à une bronca pour son Goncourt octroyé à des recueils de fragments, et non au sacro-saint roman ( au mépris et de l’art du fragment et du testament des frères Goncourt qui instituèrent leur prix pour toute oeuvre de fiction, et les pensées sont des fictions, indépendamment du genre ). Et puis il y aura sans doute la complainte des thuriféraires de la culture savante. Dieu sait mon amour de la culture savante et de l’érudition ! Mais comment imaginer que l’amour de la culture puisse nourrir le désamour pour telle ou telle forme de culture, et non pas cultiver en nous une plus grande capacité de goûter universellement à la variété merveilleusement infinie des pratiques et des formes culturelles ? La culture populaire est vecteur de beauté et ferment de communion, elle remplit la noble fonction thaumaturgique et initiatrice de tous les arts, elle accompagne les vivants dans les méandres de la destinée et elle fait vivre les morts dans le coeur des restés… N’est-ce pas là la fonction immémoriale de la Poésie dans ses multiples incarnations humaines ? Alors je salue le Poète Dylan et tous ses frères de scène, je félicite l’Académie Nobel pour son choix avisé et je prie tous les grincheux de nous épargner leur chanson ! »

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2012 : Bob Dylan in Los Angeles.

GiedRé : « Je n’irai jamais corriger quelqu’un qui se trompe sur moi.» [Interview]

18 - GiedRé-2La fofolle – mais rationnelle – GiedRé était à Ronquières le premier week-end d’août. A l’opposé du feu qui l’animait sur scène, elle évoque avec moi – et dans les rires – la scène, son contrat avec la FNAC, la mort et ses séries préférées. La belle Lituaniene en est déjà à son cinquième album. Parmi ses titres les plus emblématiques : « On fait tous caca », « Grand-mère », « Toutes des putes » et, évidemment, « Pisser debout ». Des textes forts car anti-politiquement corrects présentés sur scène à Bruxelles dans une semaine et en décembre à Liège.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contente de revenir à Ronquières une seconde fois ?

Oh oui, c’était trop bien il y a deux ans et je suis, du coup, bien contente de revenir. L’accueil est super mais c’est la spécialité de la Belgique. C’est vraiment toujours un plaisir de venir jouer ici.

Quelle serait la différence entre le public belge et français ?

Oh, c’est une bonne question. Je crois que le public belge est, de manière générale, un peu plus généreux et il encourage plus. Il est d’emblée chaleureux. Parfois, peut-être que le public français attend avant de juger. Ça dépend peut-être des régions. Ici, vous devez être fiers d’être l’un des pays les plus généreux ! Non ?

Oh oui ! Ça vous fait quoi maintenant d’être distribuée dans de grandes enseignes, vous qui avez signé avec la FNAC…

Ouais ! J’ai réussi à garder mon indépendance car je suis toujours en auto-production et pas sur un contrat de maison de disques. Je n’ai donc pas l’impression que ça dénature quoi que ce soit… Cette distribution est surtout un moyen plus pratique de rentrer dans la maison des gens. Si j’avais pu, j’aurais continué à vendre mes albums sur mon site et à mes concerts mais au bout d’un moment, ça devenait très compliqué (rire). Aller à la Poste avec de gros sacs à dos trois fois par jour, euh… (rire) C’est donc plus un côté pratique. Même si on entre dans le populaire avec la FNAC, je pense qu’il faut garder un côté artisanal quand on est artiste. Il faut que ces deux mots se mélangent.

Et la  FNAC le fait…

Oui, voilà et ça c’est qui est cool. C’est finalement juste une plateforme pour que des gens indépendants comme moi ou d’autres comme Patrick Fiori se retrouvent côte à côte sur la même étagère. Moi, je trouve ça plutôt rock’n’roll. Ça me fait rire.

Vous soignez aussi votre look, si tant est qu’on aime ce mot. Vous vous verriez créer des choses dans la mode ?

C’est drôle, on ne m’avait jamais posé cette question ! La mode en soi ne m’intéresse pas du tout mais alors pas du tout… C’est une industrie qui me dérange car je pense qu’elle a juste été créée pour accroître le côté consumériste de notre société. Pour reprendre votre mot, le look, je trouve qu’en tant qu’auto-décoration, les vêtements et accessoires sont très intéressants. En fait, on se décore et on choisit sa décoration pour se montrer aux autres.

Et il y a toujours cette frontière entre « être soi », cette dictature du « soyez-vous-même » et la création du personnage quand on est un artiste. Et c’est parfois utile si on a besoin d’un masque pour monter sur scène. Ça ne vous dérange pas qu’on dise parfois de vous que vous êtes un personnage ?

En général, ce qu’on dit de moi ne me dérange pas forcément car les gens ont le droit d’avoir l’avis qu’ils veulent et l’analyse qu’ils souhaitent. Ça leur appartient et je n’ai rien envie d’imposer à personne. Je n’irai jamais corriger quelqu’un qui se trompe sur moi car ça voudra dire que je lui ai montré quelque chose qui a induit ça. Dans l’absolu, je m’en fous. Mais je ne vois pas ma carrière comme la présentation d’un personnage. Quand on est en représentation, la seule chose qui change, c’est qu’on va choisir ce qu’on va montrer de soi. C’est plus artificiel que la vie. En ce sens, je pense que tous les gens montant sur scène choisissent à un moment de montrer ceci ou cela. Par exemple, la chanteuse spécialisée dans les chansons d’amour va se dire que pleurer, avoir un brushing à paillettes et une belle robe longue serviront le plus ses chansons et son univers. Ce sera ce côté d’elle qu’elle estimera cohérent à montrer au public. On est déjà pas la même personne le matin, le midi ou le soir ou quand il fait froid ou chaud. Et puis, le « soyez-vous-même » est tellement en Une des magazines féminins en même temps que le « Comment perdre 5 kilos avant l’été »… C’est assez marrant d’être soi et en même temps pas trop grosse, avec les ongles faits, sans poils et surtout pas célibataire !

« On fait plus de choses avec des ovaires qu’avec des couilles ! »

Vous pensez aux plus jeunes générations en vous disant que c’est difficile d’être une femme aujourd’hui ?

Je pense qu’il faut arrêter de penser que c’est dur d’être une jeune demoiselle. Il faut leur dire que c’est cool d’avoir des ovaires et qu’on fait plus de choses avec ça qu’avec des couilles (rire). C’est comme pour tout : si on se dit que c’est difficile et qu’on est une victime, tout sera toujours difficile et tout sera vu avec embûches. Je ne me suis jamais considérée par rapport à mon sexe. Je ne me suis jamais dit qu’en étant une fille, je devais montrer ça sur scène.

Mais vous aimeriez pisser debout de temps en temps…

Mais si j’avais été un homme, j’aurais aimé pisser assis ! Je trouverais que c’est cool de se faire porter ses sacs parce qu’on a un décolleté, de ne pas payer ses PV parce qu’on a mis une jupe, … Je parle de ce que je connais mais je pense que je me dirais que je suis un homme qui ne rentre également pas dans le stéréotype de l’homme modelé par la société. Tout ceci est absurde.

A propos d’être, si demain vous deviez arrêter la musique pour une question X ou Y, vous vous verriez faire quoi ?

Je ne sais pas… Je ferais pousser des courgettes ou des tomates.

« Si je savais que je n’allais jamais mourir, je passerais ma vie dans mon canapé à regarder des séries. »

Comment voyez-vous l’avenir ?

L’avenir ? Oh, je ne le vois pas et heureusement (rire). Si on sait déjà où on va, on a envie d’aller ailleurs, non ?

En ce sens, l’immortalité vous intéresserait-elle si demain on la mettait au point ?

Oui car la mort est la seule chose à nous faire peur dans la vie et en même temps non car elle fonctionne comme un moteur. Si je savais que je n’allais jamais mourir, je passerais ma vie dans mon canapé à regarder des séries (éclat de rire).

Et vous regardez quoi ?

Oh, j’en regarde plein. J’adore les séries, c’est ma passion. En ce moment, je regarde une série très vintage : « Parks And Recreation ». C’est un peu comme « The Office »… Très absurde et ça me fait beaucoup rire. La mort nous pousse donc à faire des choses avant.

Il est l’heure de clôturer. Au revoir et bonne cohérence, bons choix artistiques quels qu’ils soient ! Dans le fond, c’est un métier très égoïste, non ? Faire ce qui nous plaît et espérer que le public suive ?

Ça, c’est dans le meilleur des cas. Mais faire les choses pour que ça plaise aux autres, c’est se tromper de chemin. Il ne faut plus avoir peur de ne plus être aimé. J’espère que si un jour j’ai envie de faire de la new-wave en espagnol ou du rap allemand – alors que je ne le parle pas – j’espère que j’aurai suffisamment de mauvais orgueil pour le faire sans avoir peur que d’être aimé. Les gens ont ce droit.

Interview > Luigi Lattuca

GiedRé en concert en Belgique à :

  • Bruxelles/La Madeleine (1er octobre)
  • Liège/Réflektor (10 décembre)

 

Galerie photos > Jérémie Piasecki

 

 

Eric Morena continue de mener son bateau ! [Interview]

Eric MORENA 1Avant de revenir en novembre en Belgique (où il présentera un disque justement enregistré chez nous), l’artiste lyrique se confie avec bonhomie.

 

Février 1987. Oh, mon bâteau débarque sur les ondes. Ça fait quelques années qu’on a fièrement lancé les radios dites libres et l’époque est décrite comme folle et créative. Eric Morena se prend pour un hidalgo héroï-comique et gagne son public. Suivront Je suis le torero de l’amour, Ramon, Pedro et plusieurs albums au succès honorable. Morena peut se targuer d’être toujours là en 2016 car une tournée s’annonce avec une étape belge programmée dans deux mois à Tubize. « Je suis très souvent venu en Belgique, j’y ai enregistré mon dernier disque [pochette ci-dessous] et je prends beaucoup de plaisir avec votre public. » Les paie-t-on tous ces artistes pour nous dire ça ? « Mais du tout, c’est la vérité, réplique-t-il. J’ai toujours reçu un accueil fabuleux sur scène ou durant des émissions télé. »

D’ailleurs, la scène, c’est ce qu’Eric préfère. Il peut aujourd’hui encore vivre de ses prestations. « S’il n’y avait pas ces rendez-vous, je n’existerai pas. La vraie vie artistique est à travers le contact populaire. A la limite, tout le reste me gonfle. Après les spectacles, je suis toujours étonné de voir les gens rester pour me parler. C’est une vraie preuve d’amour et de fidélité. Je savoure cette récompense et me dit que je ne me suis pas trompé de métier ! »

« La vraie vie artistique est à travers le contact populaire.

                                                                                                               A la limite, tout le reste me gonfle. »

Un capitaine qui ne coule pas

Destiné à une carrière de chanteur lyrique dans les années 80, l’artiste a vite quitté ce monde après quelques coups bas. La rencontre avec un producteur de variétés qui lui fait découvrir Oh, mon bâteau sera déterminante. Un succès tel qu’il a encore l’impression de le vendre : « Tous les ans, il est repris sur au moins une compilation. J’en ai des dizaines chez moi. » Eric Morena est, en somme, un homme bienheureux. Il est même tendre avec le milieu du show-bizz qui lui avait demandé de cacher son homosexualité et de poser avec des mannequins dans certains magazines. « Ce n’est pas plus noir qu’ailleurs. Je n’ai pas de raison de ne pas être épanoui. J’ai tout eu en enregistrant ce titre en 1987. Il m’a apporté tant de choses et je peux encore vivre de mon métier. C’est une grâce d’avoir vécu et de vivre tout ça. » Pour Tubize, il promet des titres sérieux mais surtout festifs, avec son dernier album tout spécialement mis en lumière. Show must go on… à tout âge.   

© Luigi Lattuca pour La Dernière Heure

En concert en Belgique au Centre Culturel de Tubize le dimanche 13 novembre à 15h.

 

 Eric MORENA 2

 

Frigide Barjot comme témoin de mariage !

Fin des années 80, quand le single-fétiche d’Eric sort, la France débat sur le PACS (avant de s’écharper sur le mariage pour tous presque 25 ans plus tard). Les producteurs d’Oh, mon bâteau veulent faire le buzz et organisent un faux mariage avec Dorian, son compagnon de l’époque. La témoin n’était autre que Frigide Barjot, people issue de la jet-set française et « ayant vu la lumière » début 2000. Elle sera la figure de prouve du mouvement anti-mariage gay en France en 2013 et 2014… ce qui prouve bien l’hypocrisie de cette dernière. Et surtout le grand courage d’Eric Morena à une époque plus réfractaire.

Paradisio gambille toujours

Paradisio photo du duo

Le groupe liégeois, qui tourne toujours dans le monde entier, fête les 20 ans de Bailando et vient tout juste de sortir son Greatest Hits. Rencontre à Namur.

 

 

Black Box, Technotronic, Mc Hammer, Moby, … Ils ont été les premiers à s’emparer des tambouilles de l’eurodance fin des années 80/début des 90. A eux s’est joint le groupe belge Paradisio dont le single Bailando fête déjà ses 20 ans ! Rien que le titre le prédestinait à devenir un tube de l’été. Cinq millions d’exemplaires écoulés dans le monde entier. Toujours classé dans les charts scandinaves et mexicains, le producteur et papa du projet Patrick Samoy est désormais accompagné – depuis 8 ans quand même – par une brune plantureuse hispano-italienne du nom de Shelby.

SOIS BELLE ET (NE) CHANTE (PAS)

Entre le old fashion et le moderne, le duo, qui reste attentif aux évolutions de la dance actuelle (en venant, par exemple d’arriver sur Spotify), préfère qu’on l’appelle concept : « L’historique de Paradisio est un peu particulier car il a pris naissance dans les 90 où le special marketing de l’eurodance préconisait de prendre une fille aux attributs ravageurs en lui attribuant la voix d’une autre ne voulant pas faire carrière.», explique Patrick Samoy. Courant dans la musique électronique, l’important était de vendre du rêve. Patrick, DJ et producteur aux casquettes multiples, parle sans ambages et sans filtre de cette période : « Je voulais faire des tubes d’été dans des endroits de rêve avec de belles personnes (dont Maria Del Rio à une époque, ndla). De fil en aiguille, quand tu fais des tubes, un autre facteur arrive : l’indentification. Les one shots, c’est bien beau mais le public veut aussi voir quelqu’un interpréter le tube qu’on entend à la radio. » Problème : il faut une fille un minimum artiste, un minimum interprète dans sa gestuelle. Et le concept s’est alors renforcé.

200 MILLIONS D’ANCIENS FRANCS

N°1 dans le monde entier, le tube Bailando a, en tout rapporté 5 millions d’euros, soit 200 millions bruts d’anciens francs belges. A une époque bénie sans téléchargement illégal. La Sacem considère encore le single comme un gold grâce à ses rotations radio. « Je dois dire que Patrick Sébastien nous a beaucoup aidés en France, insiste Patrick Samoy. Et on est souvent dans Les Années Bonheur. C’était particulier dans ce pays car on était dans n°1 dans les clubs mais personne ne voulait jouer le titre. Ni NRJ, ni Fun Radio, ni les autres. Et je suis allé trouver Sébastien… qui a réussi à me faire vendre 50 000 disques en un week-end. » C’était il y a pile vingt ans avec, chez nous, d’abord un succès en Flandre avec un maximum de DJ apprivoisés. Stratégie séductionnelle percutante. Conscients de proposer une musique divertissante primaire, Paradisio continue donc sur sa lancée avec bientôt une tournée au Danemark et en Finlande – doublée de la sortie d’un best-of (pochette ci-dessous) – … et pense à un nouvel EP.

Paradisio - Bailando

 

Luigi Lattuca

Christophe Beaugrand : « J’aurais adoré présenter ‘Secret Story’ avec Dorothée ! » [Interview]

Christophe-Beaugrand-donne

L’animateur accro aux réseaux sociaux signe sa deuxième année de présentation au sein de l’émission et se réjouit de l’investissement de PlugRTL dans la production de Secret Story. Rencontre à Paris à la Tour TF1.

Des appréhensions à présenter cette émission l’année passée ?

Oui mais j’adorais car j’ai regardé toutes les saisons de Castaldi donc je savais de quoi j’allais parler. Aujourd’hui, je me pince pour y croire ! Mais j’ai beaucoup bossé tout en me demandant si le public allait m’adopter après un animateur aussi emblématique. Benjamin a heureusement été très bon camarade et m’a donné toute sa confiance. La saison 9 a été énorme sur Plug par rapport aux habitudes d’audience de la chaîne. Ca nous a beaucoup touchés pour le paquebot Secret Story. C’est un terrain de jeu génial pour un animateur. Il n’y a rien que j’aime plus que l’imprévu. Quand votre camarade belge Coralie a quitté spontanément l’aventure l’an passé, on était tous très surpris et on a fait édition spéciale. Il n’y a rien de plus excitant, non ? C’est une émission fatigante qui demande vigilance mais c’est génial.

Vous n’avez pas l’air de vous prendre au sérieux en tout cas. Un point commun avec le peuple belge.

C’est vrai que les Belges ont une autodérision qui me fascine assez. Quand on se moque de ses propres défauts, on peut se permettre de se moquer un peu plus librement de ceux des autres donc c’est plus rigolo (sourire). En tout cas, dans la voix et dans les yeux d’un animateur, on peut voir si celui-ci est sincère ou pas. Le public sait qui vous êtes et j’accepte qu’on ne m’apprécie pas. Pour l’instant, je le suis suffisamment pour avoir du boulot (rire).

Que regardiez-vous plus jeune à la télé ?

J’ai regardé Dorothée très tard mais je connais tous les génériques. Des traces très gravissimes (rire). J’étais également passionné par les interviews politiques, notamment celles de 7 sur 7. Mais il y avait moins d’émissions intergénérationnelles comme Secret Story. C’est un carton sur les 15 – 24 ans. NT1 a été première chaîne de France sur cette cible l’an dernier devant TF1 ou M6. Mon patron est le téléspectateur finalement et s’il est là, ça veut dire contrat rempli.

Vous vous seriez bien vu présenter cette émission avec Dorothée ?

Ah oui, j’aurais adoré. J’aurais pu m’amuser avec elle !

« Les Belges ont une autodérision qui me fascine. »

Vous allez assumer l’émission de A à Z ?

Je travaille tous les jours en visionnant les images de la veille pour la quotidienne du soir. Avec les équipes, on va choisir ensemble les angles et les axes. Je suis un gros bosseur et donc j’écris aussi mes textes avec un auteur.

Et vous réveillez aussi la France tous les matins sur RTL, on peut vous voir dans Ninja Warrior le vendredi et dans 50 Min Inside le samedi.

Le samedi, les interviews sont passionnantes mais coupées ensuite pour montage alors que Secret Story est en direct et que tout peut y arriver.

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Interview > Luigi Lattuca

Mustii : « Le live musical me procure plus que le théâtre ! »[Interview]

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En sortant de scène samedi dernier au Ronquières Festival (où il a fait un tabac), Mustii s’est posé avec quelques journalistes. D’emblée, il avoue avoir « hâte de faire la moule », lui qui n’arrête pas depuis la sortie de son premier EP (infos ci-dessus). D’autres concerts sont également prévus… et la rediffusion de la série « La Trêve » (dans laquelle il tient un rôle régulier) se fera fin du mois sur France 2. Soyez attentifs : le phénomène ne fait que commencer !

Vous enregistrez actuellement votre premier LP…

C’est bien ça, sa sortie est prévue en janvier donc je m’active dessus (rire). Il sortira toujours chez Black Gizah, le label du producteur et directeur Kid Noize. Après, on verra si on collaborera avec d’autres labels pour sa distribution mais l’idée est vraiment de le terminer pour le début de l’année prochaine. C’est mon projet personnel car je suis auteur et compositeur. Kid Noize, lui, est mon guide.

Mustii, ça vient d’où ?

C’est mon nom de famille Mutin sans le « n » et avec un « i » en plus…

Et tous ces titres entendus à Ronquières étaient déjà disponibles ?

Cinq sont sur l’EP sorti en février (Amazon, iTunes, Spotify, stands de concerts) et d’autres seront à retrouver sur mon album. Les gens ne connaissaient pas encore.

La musique réussit-elle à vous faire vivre ou vos contrats de comédiens sont aussi utiles ?

Je peux vivre grâce à mes deux métiers : acteur et musicien. C’est très jouissif de vivre de sa passion.

Et niveau filmographie, où en êtes-vous ?

Je joue, avec Romain Duris dans une comédie qui sera le 31 août en salles : « Un p’tit boulot« . Le 7 septembre, il y a « Les Survivants« , un film belge avec Fabrizio Rongione et fin de l’année sortira « Grave » qui s’est fait remarqué à Cannes. Puis, d’autres projets arriveront mais je ne peux pas trop en dire. Début 2017, je reviendrai également au théâtre sur les planches du National à Bruxelles dans une création sur l’autisme.

Avec le timbre de voix que vous avez, vous-a-t-on encouragé à chanter ? Comment ça s’est passé ?

La musique est une passion depuis que je suis tout petit. A la fin de mes études de théâtre, j’ai commencé à composer et une fois les démos accumulées, je me suis dit qu’il fallait que j’en fasse quelque chose ! Il fallait trouver des musiciens et partager cela. Aujourd’hui, la musique occupe la moitié de mon temps et je me suis pris au jeu, j’ai envie d’écrire des choses car j’ai à dire… Je commence seulement à légitimer mon côté musicien. Le live en musique, c’est nouveau pour moi. C’est le premier été où je fais des festivals. C’est un état unique que je n’ai même pas au théâtre donc ça me donne envie d’approfondir cet état.

En concert, le répondant du public est immédiat…

Disons que le rapport avec les gens est tellement direct qu’on se sent très libre sur scène. Tout peut arriver et c’est excitant.

Et ce rapport existe car vous êtes très vif !

En tout cas, j’essaie d’être attentif à tout ce qui se passe, à tous les signes et à toutes les réactions du public. J’essaie d’être en lien avec lui. Il ne faut pas mentir en live sinon les gens le sentent et se laisser nourrir par les émotions qu’on ressent à l’instant T. Feed me (rires)…

Comment qualifieriez-vous votre genre musical ?

Il y a un peu de rock, de la pop et de l’électro. C’est un peu hybride, j’aime confronter les genres donc j’ai vraiment du mal à mettre des étiquettes dessus. J’aime beaucoup la musique des années 80 et j’écoute la new wave… Ça dépend des morceaux mais je fais de la pop à mon avis (sourire)… mais je dis ça pour voir large. Mon fil rouge sont mes thématiques sombres : l’angoisse, la solitude à l’adolescence, … Niveau musique, j’aime varier entre du up-tempo et des énergies plus fragiles.

Le dark a une autre dimension et éveille quelque chose en nous…

Des émotions pures et souvent de tristesse mais le but n’est pas d’être dépressif. Plutôt d’en ressortir vivant et être galvanisé. Le live doit être un moment d’énergie où je recherche la vie. De toute façon, on ne peut que l’être.

Et lorsqu’un artiste sort un album live, pas mal de gens ont du mal à retourner vers les morceaux studio…

Oui car il s’est passé quelque chose de différent. La voix offre d’autres émotions et les arrangements sont nouveaux. Je découvre ça et c’est unique pour moi !

Et si demain le succès va crescendo et que le métier vous happe, les salles grossiront certainement… Pensez-vous prendre le même plaisir à Forest National ou Bercy ?

Aujourd’hui, à Ronquières, la foule allait assez loin et il faut prendre ça en compte. J’ai joué au BSF à La Madeleine et le rapport intimiste était évident et plus facile. Ici, contraste : en plein air et ça s’étale loin. Mais il y a des moyens pour aller chercher les gens du fond : le regard, la voix, les gestes, … Je me pose souvent la question. A priori, rien ne vaut une salle où on se voit tous, les grands espaces plein air sont aussi jouissifs avec le contact avec le ciel, l’air, … Les gens sentent que ça influence l’artiste.

En parlant de live, vous serez prochainement au Cirque Royal et ce, sans être passé par l’AB…

Oui, directement, voilà (rire). J’aimerais vraiment faire l’AB mais je suis ravi pour le Cirque Royal qui est, pour moi, l’une des plus belles salles de Bruxelles. Son aspect théâtral m’excite beaucoup et je suis donc très impatient.

Pour terminer, parlons du visuel. Vous bossez sur des clips ?

Oui, je travaille sur le premier album donc le travail contient aussi du visuel évidemment. On pense à l’imagerie, c’est un travail lié. Je suis un gros fan de Florence and the Machine, c’est une grande source d’inspiration pour moi.

Interview > Luigi Lattuca

Prochaines dates de Mustii :

  • Seine-Sur-Sambre : 27 août
  • Namur (Solidarités) : 28 août
  • Cirque Royal : 21 octobre

> EP « The Darkest Night » sur Black Gizah Records depusi le 12 février 2016.

> LP (album complet) en janvier.

Galerie photos > Jérémie Piasecki

Tickets, affiche, food, ambiance : un sans-faute pour le Ronquières Festival 2016 ?

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C’était fièrement deux jours avant : le week-end du Ronquières Festival était, cette année, complet. La foule a surtout accouru samedi pour venir applaudir des groupes belges émergeants et des artistes confirmés tels que Thomas Dutronc ou Zazie.

 

Le Ronquières Festival est l’un des seuls à ne pas subir de plein fouet la peur du terrorisme en Belgique. Le Brussels Summer Festival et Couleur Café, rien qu’eux, ont baissé au niveau des entrées à la capitale. Bruxelles se bat pour calmer les angoisses et les gênes. Mais c’est surtout l’affiche qui a donné envie aux gens d’accourir à Ronquières.

Selah Sue revenait à la maison, Alice On The Roof était très émue quand elle a entendu la foule connaître par cœur ses chansons, Thomas Dutronc a parlé saucisses et bières, Zazie avait la voix éraillée, Sharko a ravi ses nostalgiques et Puggy a cartonné à l’applaudimètre. Nous sommes également tombés sous le charme animal de Mustii (de retour sur France 2 le 29 août dans la rediffusion de « La Trève »,) de la voix du chanteur de Beautiful Badness, des sons planants d’Ulysse, de la fougue presque hystérique d’Hyphen Hyphen (lauréat d’une Victoire de la musique en février dernier) et du si bel accent gallois de Shake Shake Go.

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Pas de pluie… mais des déçus pour Zazie

Dix minutes de battement entre chaque set ont permis aux gens d’aller d’une plaine à une autre (de bâbord à tribord) pour assister aux sons live des invités. Ces derniers avouent tous vouloir resigner pour l’année prochaine. On les comprend, l’ambiance fut bon enfant et la pluie a été totalement absente. Ca n’a pas toujours été le cas mais ça met forcément sur un nuage.

Zazie, qui avait interdit les photographes au pied de la scène avant de se raviser, a un peu déçu par rapport à sa voix. Son dernier opus « Encore Heureux » est sorti en octobre et il s’est peu vendu. Serait à cause des critiques (y compris venant d’admirateurs) comparant sa voix à un paquet de cigarettes vivant ? Avec un titre comme « I Love You All » (un « 20 ans » bis mais non sorti en single, dommage), Zazie tenait, par exemple, une belle occasion de communier avec le public et même de le dynamiser afin que le soufflé ne retombe pas trop vite en début de performance. Elle n’est pourtant pas une débutante…  mais il n’en fut rien. Néanmoins sincèrement ravie d’être là, la chanteuse a pris conscience que la foule de Ronquières n’est sans doute pas celle de ses concerts (quatre Cirque Royal à Bruxelles en juin dernier mais aucune date complète), elle se devait donc de miser sur les anciennes partitions : « Merci à vous d’avoir aidé ces grandes sœurs à grandir. ». Petites sœurs de qui ? De son dernier opus « Encore Heureux » qui s’est quand même taillé une part de choix sur scène.

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Cela n’empêche : ce fut un très, très bel anniversaire (et les animateurs ont d’ailleurs demandé à la foule de chanter Happy Birthday to you). Après Mika, James Blunt et tous les artistes précités, que nous réserve l’édition 2017 ? On a, en tout cas, hâte d’y être.

Galerie ( © Luigi Lattuca) :