Julie Zenatti : « Le mélange des cultures est une richesse » [Interview]

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A 35 ans, Julie Zenatti chante toujours et termine actuellement une longue tournée entamée en 2014. Avant de dévoiler son nouveau projet, Méditerranéennes, elle se confie par téléphone.

Vous donnez encore quelques concerts dans les prochains jours. Qu’est-ce qui différencie cette tournée de la précédente ?

Les chansons sont d’abord nées sur scène avant d’être dévoilées sur un disque. Ça change énormément le rapport au public et l’énergie scénique. Face à un CD qu’on ne connaît pas, on est dans une émotion différente et l’artiste a envie d’émouvoir, d’être au plus juste d’une émotion afin de créer une histoire et de la faire partager. Cela fait maintenant deux ans que je suis en tournée et je me rends compte maintenant que les gens se sont appropriés les chansons car, depuis, l’album et ses singles principaux sont sortis et ont eu le temps de se faire connaître. J’ai pu vivre la gestation des chansons et ensuite la réception à travers cette tournée. Les gens ont été fidèles et au rendez-vous.

Avec une grosse major derrière soi, cela aurait-il été plus contraignant ? Les grands artistes populaires n’ont presque pas ce luxe… ou alors ils font une exception pour les festivals.

Oui, il y a plusieurs emplois pour les chanteurs. Les indés se font plus découvrir à travers les festivals à thématiques et leur public est très, très curieux. Et puis, on a les artistes qui passent plus à la télé et pour qui la scène est la cerise sur le gâteau, et non le gâteau. Elle vient après, c’est la récompense après de bonnes ventes et des singles bien identifiés. Avec mon dernier album, mon équipe et moi avons réussi à créer une vraie curiosité. Le pari était de faire venir le public dans les salles pour découvrir un disque pas encore sorti. Et puis, aujourd’hui, les réseaux sociaux permettent de faire découvrir les choses en avant-première, en amont. Du coup, on suscite une curiosité qui pousse les gens à se déplacer. Je pense que la musique est un métier d’artisan qui vaut le coup quand on monte sur scène. Bon, concevoir un disque, c’est génial… mais ce n’est pas là qu’on se met, entre guillemets, en danger. julie-zenatti-215x300

La réception du public est donc bel et bien vivante et vous comble ?

Oui sinon ça ne ferait pas deux ans qu’on ne se promènerait pas un peu partout avec cet album. Au départ, on avait programmé 5 ou 6 dates en espérant plus. Et le bouche-à-oreille a fait son travail ! Il y a bientôt deux ans, fin novembre 2014, c’était la première date.

 

« Un artiste plus populaire a droit à la scène après de bonnes ventes.

J’ai inversé la tendance pour mon dernier disque. »

 

Tournée la plus longue de votre carrière alors ?

D’habitude, c’est toujours très concentré sur un même temps et la particularité de celle-ci est d’avoir grandi jour après jour. On a tracé un vrai petit chemin, ville après ville pour passer un peu partout. Grosse satisfaction pour moi et les musiciens de pouvoir vivre ça.

Et avez-vous été invitée à découvrir la nouvelle mouture de la comédie musicale qui vous a révélée, Notre-Dame de Paris ?

Si je suis disponible pour la première (qui a lieu le 23 novembre, NDLR), bien sûr j’irai avec plaisir, évidemment. J’ai hâte de voir dans le rôle d’Esméralda car j’adore la voix d’Hiba Tawaji, et de revoir Daniel Lavoie qui parraine un peu cette nouvelle troupe.

 

« Un nouveau disque sortira en mars 2017. »

 

Quels sont vos autres projets ? Qu’est-ce qui vous attend à présent ?

Un nouvel album commencera à se dévoiler dès ce 18 novembre 2016. C’est un album un peu particulier nommée Méditerranéennes car je collabore avec plusieurs artistes : Rose, Samira Brahmia, Sofia Essaïdi, … Le premier extrait est un duo avec Chimène Badi et il commencera son petit bonhomme de chemin le 18 novembre. Le disque, lui, est normalement prévu en mars 2017. Il rend hommage aux cultures méditerranéennes et à tous ces peuples qui ont voyage, migré et qui se sont rencontrés. Ces peuples qui font les belles couleurs de la France. Ce pays est une belle culture mélangée. J’aime bien dire qu’on vient tous de quelque part et quand on commence à faire le chemin en arrière, on se rend compte à un moment que nous nous sommes peut-être croisés au bord de la Méditerranée…

A l’heure où le concept d’identité revient en force sur le devant de la scène…

julie-zenatti_01_bd-239x300Oui, je me suis étonnée moi-même car j’avais germé l’idée de ce disque il y a presque un an et je percevais une certaine froideur à son encontre. On me disait que ça allait peut-être être un peu compliqué de mélanger les langues et de revendiquer l’identité. Mais, à travers cet album, je n’en revendique pas une. Je rends juste hommage à une culture ayant beaucoup apporté au monde occidental. L’idée est de raconter l’histoire telle qu’elle est, et de fédérer. Je veux qu’on voit l’autre comme un ami car il ne faut pas que des minorités extrêmes deviennent la majorité. Mais j’avoue que ça a été difficile de monter ce projet. Des copines-chanteuses ont accepté, elles se sont fédérées au fur et à mesure et l’énergie de ces personnes a fait le reste pour partager ce message de tolérance, de paix et surtout de richesse. Le mélange des cultures est avant tout une richesse.

Interview > Luigi Lattuca

 

  • En cette fin 2016, des concerts encore à Binche (Belgique) dimanche 27 novembre, à Brunoy le vendredi 2 décembre, au Casino de Jonzac le 17 décembre,
  • Puis à la  salle Charles Trenet de Chauvigny le 28 janvier 2017 et à Epernon (28) – Salle des Prairiales le samedi 4 février 2017.

Paradisio gambille toujours

Paradisio photo du duo

Le groupe liégeois, qui tourne toujours dans le monde entier, fête les 20 ans de Bailando et vient tout juste de sortir son Greatest Hits. Rencontre à Namur.

 

 

Black Box, Technotronic, Mc Hammer, Moby, … Ils ont été les premiers à s’emparer des tambouilles de l’eurodance fin des années 80/début des 90. A eux s’est joint le groupe belge Paradisio dont le single Bailando fête déjà ses 20 ans ! Rien que le titre le prédestinait à devenir un tube de l’été. Cinq millions d’exemplaires écoulés dans le monde entier. Toujours classé dans les charts scandinaves et mexicains, le producteur et papa du projet Patrick Samoy est désormais accompagné – depuis 8 ans quand même – par une brune plantureuse hispano-italienne du nom de Shelby.

SOIS BELLE ET (NE) CHANTE (PAS)

Entre le old fashion et le moderne, le duo, qui reste attentif aux évolutions de la dance actuelle (en venant, par exemple d’arriver sur Spotify), préfère qu’on l’appelle concept : « L’historique de Paradisio est un peu particulier car il a pris naissance dans les 90 où le special marketing de l’eurodance préconisait de prendre une fille aux attributs ravageurs en lui attribuant la voix d’une autre ne voulant pas faire carrière.», explique Patrick Samoy. Courant dans la musique électronique, l’important était de vendre du rêve. Patrick, DJ et producteur aux casquettes multiples, parle sans ambages et sans filtre de cette période : « Je voulais faire des tubes d’été dans des endroits de rêve avec de belles personnes (dont Maria Del Rio à une époque, ndla). De fil en aiguille, quand tu fais des tubes, un autre facteur arrive : l’indentification. Les one shots, c’est bien beau mais le public veut aussi voir quelqu’un interpréter le tube qu’on entend à la radio. » Problème : il faut une fille un minimum artiste, un minimum interprète dans sa gestuelle. Et le concept s’est alors renforcé.

200 MILLIONS D’ANCIENS FRANCS

N°1 dans le monde entier, le tube Bailando a, en tout rapporté 5 millions d’euros, soit 200 millions bruts d’anciens francs belges. A une époque bénie sans téléchargement illégal. La Sacem considère encore le single comme un gold grâce à ses rotations radio. « Je dois dire que Patrick Sébastien nous a beaucoup aidés en France, insiste Patrick Samoy. Et on est souvent dans Les Années Bonheur. C’était particulier dans ce pays car on était dans n°1 dans les clubs mais personne ne voulait jouer le titre. Ni NRJ, ni Fun Radio, ni les autres. Et je suis allé trouver Sébastien… qui a réussi à me faire vendre 50 000 disques en un week-end. » C’était il y a pile vingt ans avec, chez nous, d’abord un succès en Flandre avec un maximum de DJ apprivoisés. Stratégie séductionnelle percutante. Conscients de proposer une musique divertissante primaire, Paradisio continue donc sur sa lancée avec bientôt une tournée au Danemark et en Finlande – doublée de la sortie d’un best-of (pochette ci-dessous) – … et pense à un nouvel EP.

Paradisio - Bailando

 

Luigi Lattuca

Mustii : « Le live musical me procure plus que le théâtre ! »[Interview]

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En sortant de scène samedi dernier au Ronquières Festival (où il a fait un tabac), Mustii s’est posé avec quelques journalistes. D’emblée, il avoue avoir « hâte de faire la moule », lui qui n’arrête pas depuis la sortie de son premier EP (infos ci-dessus). D’autres concerts sont également prévus… et la rediffusion de la série « La Trêve » (dans laquelle il tient un rôle régulier) se fera fin du mois sur France 2. Soyez attentifs : le phénomène ne fait que commencer !

Vous enregistrez actuellement votre premier LP…

C’est bien ça, sa sortie est prévue en janvier donc je m’active dessus (rire). Il sortira toujours chez Black Gizah, le label du producteur et directeur Kid Noize. Après, on verra si on collaborera avec d’autres labels pour sa distribution mais l’idée est vraiment de le terminer pour le début de l’année prochaine. C’est mon projet personnel car je suis auteur et compositeur. Kid Noize, lui, est mon guide.

Mustii, ça vient d’où ?

C’est mon nom de famille Mutin sans le « n » et avec un « i » en plus…

Et tous ces titres entendus à Ronquières étaient déjà disponibles ?

Cinq sont sur l’EP sorti en février (Amazon, iTunes, Spotify, stands de concerts) et d’autres seront à retrouver sur mon album. Les gens ne connaissaient pas encore.

La musique réussit-elle à vous faire vivre ou vos contrats de comédiens sont aussi utiles ?

Je peux vivre grâce à mes deux métiers : acteur et musicien. C’est très jouissif de vivre de sa passion.

Et niveau filmographie, où en êtes-vous ?

Je joue, avec Romain Duris dans une comédie qui sera le 31 août en salles : « Un p’tit boulot« . Le 7 septembre, il y a « Les Survivants« , un film belge avec Fabrizio Rongione et fin de l’année sortira « Grave » qui s’est fait remarqué à Cannes. Puis, d’autres projets arriveront mais je ne peux pas trop en dire. Début 2017, je reviendrai également au théâtre sur les planches du National à Bruxelles dans une création sur l’autisme.

Avec le timbre de voix que vous avez, vous-a-t-on encouragé à chanter ? Comment ça s’est passé ?

La musique est une passion depuis que je suis tout petit. A la fin de mes études de théâtre, j’ai commencé à composer et une fois les démos accumulées, je me suis dit qu’il fallait que j’en fasse quelque chose ! Il fallait trouver des musiciens et partager cela. Aujourd’hui, la musique occupe la moitié de mon temps et je me suis pris au jeu, j’ai envie d’écrire des choses car j’ai à dire… Je commence seulement à légitimer mon côté musicien. Le live en musique, c’est nouveau pour moi. C’est le premier été où je fais des festivals. C’est un état unique que je n’ai même pas au théâtre donc ça me donne envie d’approfondir cet état.

En concert, le répondant du public est immédiat…

Disons que le rapport avec les gens est tellement direct qu’on se sent très libre sur scène. Tout peut arriver et c’est excitant.

Et ce rapport existe car vous êtes très vif !

En tout cas, j’essaie d’être attentif à tout ce qui se passe, à tous les signes et à toutes les réactions du public. J’essaie d’être en lien avec lui. Il ne faut pas mentir en live sinon les gens le sentent et se laisser nourrir par les émotions qu’on ressent à l’instant T. Feed me (rires)…

Comment qualifieriez-vous votre genre musical ?

Il y a un peu de rock, de la pop et de l’électro. C’est un peu hybride, j’aime confronter les genres donc j’ai vraiment du mal à mettre des étiquettes dessus. J’aime beaucoup la musique des années 80 et j’écoute la new wave… Ça dépend des morceaux mais je fais de la pop à mon avis (sourire)… mais je dis ça pour voir large. Mon fil rouge sont mes thématiques sombres : l’angoisse, la solitude à l’adolescence, … Niveau musique, j’aime varier entre du up-tempo et des énergies plus fragiles.

Le dark a une autre dimension et éveille quelque chose en nous…

Des émotions pures et souvent de tristesse mais le but n’est pas d’être dépressif. Plutôt d’en ressortir vivant et être galvanisé. Le live doit être un moment d’énergie où je recherche la vie. De toute façon, on ne peut que l’être.

Et lorsqu’un artiste sort un album live, pas mal de gens ont du mal à retourner vers les morceaux studio…

Oui car il s’est passé quelque chose de différent. La voix offre d’autres émotions et les arrangements sont nouveaux. Je découvre ça et c’est unique pour moi !

Et si demain le succès va crescendo et que le métier vous happe, les salles grossiront certainement… Pensez-vous prendre le même plaisir à Forest National ou Bercy ?

Aujourd’hui, à Ronquières, la foule allait assez loin et il faut prendre ça en compte. J’ai joué au BSF à La Madeleine et le rapport intimiste était évident et plus facile. Ici, contraste : en plein air et ça s’étale loin. Mais il y a des moyens pour aller chercher les gens du fond : le regard, la voix, les gestes, … Je me pose souvent la question. A priori, rien ne vaut une salle où on se voit tous, les grands espaces plein air sont aussi jouissifs avec le contact avec le ciel, l’air, … Les gens sentent que ça influence l’artiste.

En parlant de live, vous serez prochainement au Cirque Royal et ce, sans être passé par l’AB…

Oui, directement, voilà (rire). J’aimerais vraiment faire l’AB mais je suis ravi pour le Cirque Royal qui est, pour moi, l’une des plus belles salles de Bruxelles. Son aspect théâtral m’excite beaucoup et je suis donc très impatient.

Pour terminer, parlons du visuel. Vous bossez sur des clips ?

Oui, je travaille sur le premier album donc le travail contient aussi du visuel évidemment. On pense à l’imagerie, c’est un travail lié. Je suis un gros fan de Florence and the Machine, c’est une grande source d’inspiration pour moi.

Interview > Luigi Lattuca

Prochaines dates de Mustii :

  • Seine-Sur-Sambre : 27 août
  • Namur (Solidarités) : 28 août
  • Cirque Royal : 21 octobre

> EP « The Darkest Night » sur Black Gizah Records depusi le 12 février 2016.

> LP (album complet) en janvier.

Galerie photos > Jérémie Piasecki

Tickets, affiche, food, ambiance : un sans-faute pour le Ronquières Festival 2016 ?

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C’était fièrement deux jours avant : le week-end du Ronquières Festival était, cette année, complet. La foule a surtout accouru samedi pour venir applaudir des groupes belges émergeants et des artistes confirmés tels que Thomas Dutronc ou Zazie.

 

Le Ronquières Festival est l’un des seuls à ne pas subir de plein fouet la peur du terrorisme en Belgique. Le Brussels Summer Festival et Couleur Café, rien qu’eux, ont baissé au niveau des entrées à la capitale. Bruxelles se bat pour calmer les angoisses et les gênes. Mais c’est surtout l’affiche qui a donné envie aux gens d’accourir à Ronquières.

Selah Sue revenait à la maison, Alice On The Roof était très émue quand elle a entendu la foule connaître par cœur ses chansons, Thomas Dutronc a parlé saucisses et bières, Zazie avait la voix éraillée, Sharko a ravi ses nostalgiques et Puggy a cartonné à l’applaudimètre. Nous sommes également tombés sous le charme animal de Mustii (de retour sur France 2 le 29 août dans la rediffusion de « La Trève »,) de la voix du chanteur de Beautiful Badness, des sons planants d’Ulysse, de la fougue presque hystérique d’Hyphen Hyphen (lauréat d’une Victoire de la musique en février dernier) et du si bel accent gallois de Shake Shake Go.

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Pas de pluie… mais des déçus pour Zazie

Dix minutes de battement entre chaque set ont permis aux gens d’aller d’une plaine à une autre (de bâbord à tribord) pour assister aux sons live des invités. Ces derniers avouent tous vouloir resigner pour l’année prochaine. On les comprend, l’ambiance fut bon enfant et la pluie a été totalement absente. Ca n’a pas toujours été le cas mais ça met forcément sur un nuage.

Zazie, qui avait interdit les photographes au pied de la scène avant de se raviser, a un peu déçu par rapport à sa voix. Son dernier opus « Encore Heureux » est sorti en octobre et il s’est peu vendu. Serait à cause des critiques (y compris venant d’admirateurs) comparant sa voix à un paquet de cigarettes vivant ? Avec un titre comme « I Love You All » (un « 20 ans » bis mais non sorti en single, dommage), Zazie tenait, par exemple, une belle occasion de communier avec le public et même de le dynamiser afin que le soufflé ne retombe pas trop vite en début de performance. Elle n’est pourtant pas une débutante…  mais il n’en fut rien. Néanmoins sincèrement ravie d’être là, la chanteuse a pris conscience que la foule de Ronquières n’est sans doute pas celle de ses concerts (quatre Cirque Royal à Bruxelles en juin dernier mais aucune date complète), elle se devait donc de miser sur les anciennes partitions : « Merci à vous d’avoir aidé ces grandes sœurs à grandir. ». Petites sœurs de qui ? De son dernier opus « Encore Heureux » qui s’est quand même taillé une part de choix sur scène.

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Cela n’empêche : ce fut un très, très bel anniversaire (et les animateurs ont d’ailleurs demandé à la foule de chanter Happy Birthday to you). Après Mika, James Blunt et tous les artistes précités, que nous réserve l’édition 2017 ? On a, en tout cas, hâte d’y être.

Galerie ( © Luigi Lattuca) :

 

Conventions séries : nouveau phénomène à prix d’or

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Rencontrer des acteurs de télé à prix d’or : c’est le principe de ces événements devenus véritables phénomènes dans les communautés de fans. Suivez le guide !

Convention : derrière ce terme un peu rigide se cache en réalité de grandes joies… si tant est qu’on puisse se les payer. Une convention est en fait une rencontre organisée avec vos comédiens préférés. Surtout réservé aux phénomènes de la télé, elle prend place dans un endroit réputé (un palais des congrès, un hôtel luxueux ou même Disneyland) et permet aux fans de se faire signer des autographes, prendre en photo et même de poser des questions aux acteurs qui veulent bien se déplacer. Même si rien n’est gratuit, le phénomène va grandissant et ne cesse de faire des petits.

CHER COMME UNE SEMAINE DE VACANCES

Tout a commencé en 2007 avec 100 personnes pour « Buffy Memories » à Paris. Depuis, le concept s’est démocratisé et a prospéré sur les succès de « Twilight », « Supernatural » et « Skins ». L’organisation n’a pas changé et les acteurs tentés de se déplacer sont même de plus en plus nombreux. Une journée de convention débute le plus souvent à 9h pour se terminer à 18h. Entre ces deux timings, le fan acharné peut écouter des interviews de ses comédiens préférés, prendre la pose désirée (en général, les stars jouent le jeu) et faire la file pour le bien connu autographe personnalisé. Mais le prix d’entrée ne donne pas nécessairement accès à toutes ces étapes. Pour chaque envie, le portefeuille doit s’ouvrir. Si les organismes tentent de garder la même gamme de prix pour éviter de trop faire râler les acheteurs, un acteur peut se montrer gourmand. S’il ferait trop pencher la balance du prix d’entrée, les organisateurs nomment alors l’invité « extra-guest » pour être sûrs de ne pas dépasser les moyennes de prix établis sur base des cachets demandés par les acteurs qui vivent aussi désormais de ces rencontres. C’est pour cela que les tarifs sont annoncés après le nom des stars invitées, les négociations pouvant être rudes. Les prix, parlons-en. Ils font l’objet d’une réflexion intense avant de cliquer sur le Pass voulu. Un Pass contient toute une série d’actions avec les acteurs présents. Pour les fans ne se déplaçant que pour un seul d’entre eux, il est souvent plus intéressant de prendre le petit pour pénétrer sur les lieux de la convention (entre 100 et 150€) avec des « extras » (photo, autographe – entre 30 et 50€ pour chaque -, séance de questions, etc.) sur le côté. Et pour être sûrs que les fans déboursent, les organisateurs imposent une série de règles : interdiction de filmer pendant les panels, de prendre des photos/vidéos pendant les shootings/autographes/meetings rooms avec admirateurs et pas de selfies avec un acteur. Avec les transports et le logement, le week-end avec célébrités peut donc coûter autant qu’une semaine de vacances.

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« Once Upon A Time » à Versailles en juin 2014

DU BEURRE DANS LES EPINARDS DES ACTEURS

Cas pratique : GuestEvents, qui a organisé « Witches vs Vampires » (sur les séries « Charmed » et « Buffy ») à Paris les 19 et 20 mars derniers, est un peu plus cher que KLZ Events (qui, eux, préparent une convention « Vampire Diaries », puis une « Arrow »/  « The Flash » à Bruxelles) mais réputé plus intéressant sur ses contenus. A plus de 4400€ le ticket VIP pour leur « Fairy Tales Convention » avec les acteurs de « Once Upon A Time », on espère pour les fans que le contenu en vaut la chandelle (ou plutôt la carte bleue) ! Pas étonnant qu’une bruxelloise qui court les conventions nous confie avoir entendu que beaucoup de personnes n’hésitaient pas à faire des emprunts pour pouvoir s’offrir les badges VIP. Les cachets des vedettes invitées restent, quant à elles, top secrètes.

 

Si les francophones sont ravis de voir débouler des événements-séries en Belgique et France, ce serait en Angleterre que les conventions les plus intéressantes se déroulent. Chez Rogue Events, par exemple, le Pass de base (on le rappelle, juste pour entrer) est facturé 140€ avec l’accès à 2 soirées à thèmes (mais sans  acteurs). Ensuite, il faut compter entre 15 et 25 livres sterling pour un autographe et 20 à 30 pour la photo-souvenir. Mais attention, les guests importantes comme les héros principaux de séries demandent plus, à l’instar de Stephen Amell (le « Arrow ») dont le cliché avait été facturé 70 livres. Certains fans un peu serrés partagent donc une photo à deux pour diviser les frais.

Bien pratique pour les comédiens qui mettent donc du beurre dans leurs épinards tout en étant congratulés pendant tout un week-end. Un baume très lucratif pour l’égo. Et si vous voulez vous y mettre, ce ne sont pas les thématiques qui manquent.

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Holly Marie Combs et Shannen Doherty (Piper et Prue Halliwell dans « Charmed ») 

 

© Luigi Lattuca pour La Dernière Heure

Photos : Florence Roosens

 

 

A VENIR :

 

 

·         Gleek Reunion (Glee) : le 10 et 11 décembre à Paris.

·         A Con (Pretty Little Liars) : le 17 et 18 décembre à Bruxelles.

·         Welcome To The Magic School (Harry Potter) : le 14 janvier 2017 à Paris.

·         Sunny Hell Convention (20 ans de Buffy contre les Vampires) : 15 et 16 avril à Paris.

 

 

#TBT (Throwback Thursday) : Thomas Dutronc et ses textes à l’encre humaine

Watzby T. Dutronc

En recherche d’intemporalité musicale, Thomas Dutronc nous offrait avant l’été 2015 onze nouvelles chansons. Quatre ans après son précédent disque, il repartait en promotion pour « Eternels jusqu’à demain ». A Bruxelles, il s’était notamment arrêté en ma compagnie à l’hôtel Be Manos (près de Bruxelles-Midi). Longue interview, séance photo inédite : un artiste disponible et romantique.

A 42 ans, pour Thomas, « Éternels jusqu’à demain » était le titre de disque idéal. L’heure des premiers bilans a sonné dans une ambiance jazzy-pop. Grâce à un mix de jazz manouche (dont il a fréquenté l’élite des musiciens aux Puces de Saint Ouen) et de variété, les effluves, les odeurs et les goûts de ce nouveau recueil sont clairs : à écouter sur une couverture rosée déposée dans l’herbe, comme le suggère un des titres. Les mots du disque sont limpides, le chanteur ayant voulu ne pas faire trop de jeux de mots afin d’être immédiatement compris. Une galette élégante réalisée avec harmonie et rythme à Londres avec Jon Kelly (producteur de Paul McCartney et Kate Bush) dans laquelle Thomas Dutronc s’interroge sur ses actions passées, celles qui le constituent, tout en continuant à se montrer séducteur. De simple biographie, le disque passe, au fil de l’écoute des titres, à voyage intérieur et fait naître des tas d’images. Végétant dans son « bain d’introspections », Thomas Dutronc vous invite dans l’eau. A découvrir ou redécouvrir à l’heure où tout est si vite consommé et donc oublié.

T. Dutronc

L.L.

Louisy Joseph : « Le public belge aime réellement les artistes ! » [Interview]

La jolie Martiniquaise est sans doute la L5 qui s’en est le mieux sorti. De passage à Namur (en Belgique), elle a réellement pris le temps de se poser pour quelques confidences sur sa musique, la tyrannie des réseaux sociaux… et – rapidement – son défunt groupe des années 2000.

Louisy Joseph

L’émission d’M6 Popstars fête cette année ses 15 ans. Louisy Joseph fait partie des Français ayant passé avec brio les étapes menant vers la constitution du groupe L5. Cinq années plus tard, en 2006, le succès du groupe s’estompe et chacune vole de ses propres ailes. La célèbre Martiniquaise (mais née dans la banlieue de Lyon) est sans doute celle qui s’en est sortie le mieux. Aujourd’hui, elle continue d’avancer, de chanter et de faire découvrir ses chansons. Son troisième album « Music », sorti en décembre 2015, a voyagé jusqu’en Martinique. « J’ai l’impression que jusqu’à présent, mes musiques ne leur parvenaient pas, nous confiait Lydie lors d’un récent passage en Belgique. C’était extraordinaire de diffuser ma musique chez moi au bout de seize ans de carrière. Là-bas, j’ai également animé un programme sur France O. » Donc pas le temps d’être dans le prochain jury de « Danse avec les Stars » cet automne – émission dans laquelle elle avait brillée en 2014 ? « Les compétences me manquent, je n’ai pas ce talent. Je ne suis que spectatrice émerveillée et certainement pas la mieux placée. Shy’m et M. Pokora, les précédents juges-chanteurs, ont quelque chose de très particulier sur le visuel. On bossait nos chorégraphies avec les L5 mais je mets à présent plus mon potentiel sur ma voix… et mon physique quelques fois, j’avoue (éclat de rire). » Elle n’en garde que des bons souvenirs, que ce soit pour la pédagogie de son partenaire, les belles robes à l’intérieur desquelles elle ne se voyait pas ou le lâcher-prise dans les défis. Des moments intenses tous gravés sur DVD et actuellement dans son salon. « Vous savez, les danseurs de l’émission étaient très généreux. Si ça existait dans la musique, on serait mieux entourés. » Louisy avoue que plein d’artistes gardent plein de choses pour eux au lieu de transmettre. Sur son programme de coaching sur France 0, elle a rassuré du monde, a prodigué des conseils de savoir-faire, d’investissement, de grâce… et de travail.

Les L5 ? C’est réellement du passé !

Mais le travail et les recettes de ventes de L5 ne sont pas vraiment des sujets désirés dans les interviews accordées par Louisy. « Si je vis encore des royalties de cette époque ? Je ne pense pas que ma réponse soit intéressante, balaye-t-elle vite. Ce qui compte, c’est le présent et le futur. Je n’ai pas vendu 1 800 000 disques toute seule donc je n’en parle pas. » Consciente de plutôt devoir vendre aujourd’hui une image forte et un mode de vie via Facebook, Twitter ou Instagram, l’artiste avoue réfléchir deux fois plus qu’avant à ses choix. « La promo sur les réseaux sociaux est un dérivé de l’album. En produire un devient presque un luxe. Personnellement, je n’essaie pas de suralimenter mon compte Instagram pour ne pas que je devienne lui et pour ne pas créer une actu inexistante. » Sa stratégie pour survivre ? Multiplier les activités artistiques, développer ses talents en danse et pourquoi pas, un jour, en comédie.

Sur la Belgique :

« On est pas si loin de la France et pourtant, les artistes ont un autre répondant. La générosité du chanteur provient de ça donc c’est très important et surtout très agréable. J’ai eu l’occasion de venir en Belgique plusieurs fois et le public est aussi content que l’artiste qui s’est déplacé et qui se prépare donc celui-ci se sent réellement soutenu. Les gens viennent en famille et ont encore le goût au concert, les Belges sont très bon public. Ce n’est pas sectaire. La culture fait partie de l’identité nationale, en fait ! »

 

Interview à Namur avant « ‘Stars 90 » > Luigi Lattuca pour La Dernière Heure

Yannick : « Mon premier disque d’or belge m’émeut encore ! » [Interview]

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Toujours rappeur à Paris, toujours dans la musique, Yannick donne de ses nouvelles.

La personne (de tout âge) n’ayant jamais dansé sur Ces soirées-là de Yannick – en 2000 et au-delà – est aussi rare à trouver qu’un cheveu sur la tête de l’inspecteur Kojak. Sur l’air de Cette année-là de Cloclo, Yannick avait fait danser les foules pendant l’été 2000. Semaine après semaine, le n°1 des charts était pour lui, en France comme en Belgique. « Mon tout premier disque d’or venait de chez vous, pays que j’ai découvert adolescent pour mes premières vacances. Ça signifiait la reconnaissance de tout un peuple. C’est encore émouvant à l’heure où je vous parle… Vous n’êtes pas des voisins mais des cousins. » Ami avec le rappeur Benny B, il n’hésite pas à le citer en exemple et à dire qu’il lui doit beaucoup. «Les Belges ont la côte !  Je pense aussi à une autre blonde qu’on a vue à la télé et qui est maintenant au cinéma. Vous voyez laquelle ? » Bien sûr, étant donné son succès, elle n’avait même pas eu d’autre choix que de l’inviter durant tout un Megamix sur ClubRTL à l’époque. Bref, Yannick insiste : il nous aime. Mais que devient-il ? « Je suis heureux, les gens doivent le savoir en premier. Tout va bien pour moi et grâce aux gens. Je les remercie toujours en rue et je veux qu’on me tutoie. Je ne veux pas de groupies. »

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« Je ne veux pas être vue comme une idole. »

Lorsqu’il est sur scène pour un gala ou un gros concert rendant hommage aux années 90, l’artiste est le plus heureux des hommes. Son tube Ces soirées-là, il n’arrive pas à le lâcher. C’est son tatouage et il le sait. « J’ai aussi le studio. J’ai mûri et je n’osais pas faire certaines choses que je tente actuellement. Je préfère être au milieu des gens, les toucher et faire la fête avec eux mais je suis presque prêt à leur faire écouter de nouveaux titres. D’ailleurs, dans ma carrière, j’ai surtout fait découvrir mes chansons sur scène. Là, on ne triche pas et on peut même finir en discothèque après (rire). » Un vrai fêtard, il ne mentait pas en défendant son single il y a 16 ans. Ça lui arrive de toujours le chanter à la télé mais il dit non aux talk-shows où il ne se sent pas à l’aise. A 36 ans, Yannick n’est que bonheur et est l’archétype de l’artiste qui ne se prend pas la tête : « Je ne veux pas être vu comme une idole mais comme un être humain qui a les pieds sur terre car je ne traîne pas qu’avec des chanteurs ou des footballeurs. » Un public qui n’hésite pas à le gronder d’être resté sans nouvel album depuis C’est ça qu’on aime en l’an 2000. « Je n’ai plus rien sorti mais une amitié et un respect ont toutefois perduré. Ça, c’est beau. » sourit Yannick. Avec son propre label et de nouvelles plateformes, le chanteur aujourd’hui âgé de 36 ans a donc toute la latitude et les supports nécessaires pour revenir dans la lumière.

 

Interview > © Luigi Lattuca pour La Dernière Heure

 

Larusso : « La mentalité du métier m’a un peu écœurée » [Interview]

Larusso à Namur

L’inoubliable interprète de Tu m’oublieras était à Namur le dimanche 19 juin pour le grand concert Stars 90 et nous a ouverts la porte de sa loge en toute simplicité, en sockets. Elle évoque plein de sujets : l’Europe, l’amour, le show-bizz et, bien sûr, son tout premier single vendu à presque 2 millions d’exemplaires – et dont les rotations radio l’impressionnent encore.

Heureuse d’être en Belgique ?

Grave ! C’est tellement top, j’adore la Belgique et un de mes chiens, Léo, est belge. Je n’étais pas venue depuis un moment mais j’aime tellement la mentalité belge que j’y viens dès que j’ai un petit moment. Aujourd’hui à 36  ans, j’ai quitté Paris et je vis à l’étranger, très loin. Mais je ne vous dirais pas où (rire) ! En tout cas, les Belges sont comme les Québécois : très respectueux. Et je ne dis pas ça pour faire de la lèche, je n’ai rien à vendre. On discute et c’est juste une conversation.

Mais là, vous êtes bel et bien épanouie ?

Oui, complètement. C’est triste l’Europe en ce moment, n’est-ce pas ? Ça fait mal au cœur.  Plein de gens partent en vrille, plein de gens meurent au nom de rien, au nom d’une idéologie qui n’existe même pas. Ils salissent des mots. Vraiment pas cool.

Mais vous, que devenez-vous ? Pas lassant d’être revenue chanter le passé à Stars 90 à Namur ?

Non, non car je suis toujours dans la chanson et je compense avec des trucs de maintenant mais forcément j’en parle moins car ça se vend beaucoup moins, c’est pas très grand public. Depuis mon dernier album très autobiographique avec mon mariage avorté, Dans ma box, en 2009 j’ai embarqué dans la tournée-hommage aux années 90 d’M6 et je suis partie quelques années plus tard. A l’étranger, je bosse toujours dans la musique mais plus dans l’ombre avec plein de musiciens et de chanteurs donc on va dire que je suis plutôt dans la production. C’est très sympa. J’avais beau être pure Parisienne, j’ai quitté la France car les gens commençaient à trop changer… Ce pays m’a apporté le succès et une belle vie mais j’ai dit stop.

Namur Stars 90

Et il n’y aura plus de single signé Laëticia Larusso ?

Non, pas pour l’instant. L’envie m’est un peu passée… En pleine promo de mon dernier album, la mentalité du métier m’a un peu écœurée. En plus, maintenant avec les commentaires d’anonymes du net, c’est à gerber. Pour écrire ça, il faut avoir une vie vraiment nulle, insipide, inodore et incolore ! La dernière fois que je suis apparue publiquement, c’était aux 30 ans du Top 50 sur M6 il y a deux ans.

A un moment, on a pas la pression après avoir vendu presque 2 millions d’exemplaires de Tu m’oublieras en 1999 ?

Ce ne sont même pas des impératifs de ventes fixés par la maison de disque, c’est plutôt le jeu des médias donc si tout ce qui suit se vend moins, c’est tout de suite vu comme un flop. Excuse-moi mais non, ce n’est pas ça, un flop. Deux millions d’exemplaires d’un single, ça ne se verra plus, c’est fini. Vendre 100 000 aujourd’hui, ce n’est pas négligeable mais si c’est toujours comparé au premier carton, on est fichu.

A l’époque, on vous mettait en rivalité avec Lââm…

Oui mais c’est ma copine, je l’aime beaucoup. On était mortes de rire en lisant ça. On nous mettait en compétition car arrivées au même moment et issues de la même maison de disques. Je ne sais pas pourquoi, c’est une copine ! C’est la plus cool et la plus fofolle de l’univers. J’adore Lamia car elle est vraie et authentique. Elle a galéré, ne se met pas de barrières et fait ce qu’elle aime. En plus, elle partage ce qu’elle entend et ce qui peut correspondre au flow et à la voix de quelqu’un qu’elle fréquente. Chanter à la base, c’est ça : partager.

 

Interview > © Luigi Lattuca pour La Dernière Heure

Amanda Lear : laissez-la vous divertir…… puisqu’elle vous le demande [Interview]

 

Alors qu’on entre dans l’été, la septuagénaire vit de nouveau une actualité brûlante : un double-album (sorti un 13 mai), une nouvelle pièce de théâtre (qui s’arrête pendant l’été) et peut-être bientôt un concert. Entretien avec une Amanda qui fait les questions et les réponses.

Amanda-Lear

Amanda Lear, reine de la nuit ? Plus vraiment… plutôt reine des soirées. Après les pièces « Panique au Ministère » (qui avait notamment cartonné dans toute la Belgique et sur la RTBF), « Lady Oscar » et « Divina », elle présente au public parisien depuis février « La Candidate », la suite de « Panique » où elle se présente carrément à l’élection présidentielle française de 2017.

Au bout du fil, elle est très heureuse d’aussi parler de son nouvel album, « Let Me Entertain You » (« Laissez-moi vous divertir » pour les non-anglophiles), qu’elle espère porter jusqu’à la scène. Que de croix sur le calendrier ! « Moi, vous savez, vu mon espérance de vie, je ne fais pas trop de projets sur les dix ans à venir. » nous lance-t-elle nonchalamment. Mouais, on a du mal à la croire tant les propositions se bousculent au portillon. Amanda Lear joue donc sur scène à Paris, s’apprête à partir à Rome fin juin pour un film… et vient de sortir un double-album. Chaque interview avec cette croqueuse d’hommes, pardon, de projets  a donc de quoi durer une heure… « C’est très excitant de sortir un album un vendredi 13. Je suis très superstitieuse comme tous les artistes. Normalement, ça porte chance ! » Elle s’y est consacré durant presque toute l’année 2015 alors qu’on lui écrivait une nouvelle pièce. Une année en studio pour un disque pensé dès le départ comme une double compile. « Ca ne m’était jamais arrivé et il était temps de marquer le coup. A force de jouer des rôles comiques et d’enchaîner les pièces, les gens avaient oublié que j’étais chanteuse. J’ai souhaité leur rafraîchir la mémoire et revisiter toute ma carrière musicale. »

 

TOUT POUR LA FRANCE

amanda lear

La pochette du nouvel album de la diva

Un disque pensé pour la scène, le lieu où les gens viennent vous voir pour écouter le nouveau matériel mais également les étoiles d’une couronne et les blessures de guerre. Mais Amanda est plutôt pour un retour au positivisme. « J’ai écrit de nouvelles chansons en français car on me reproche souvent de ne chanter qu’en anglais. Les Français sont vraiment à part. Bref, dans ces nouveaux textes – dont « Couleurs » car je peins beaucoup -, je suis sur des notes optimistes car les temps sont assez noirs. J’ai pris exemple sur Charlie Chaplin ou Tony Bennett. » Et aussi étonnant que cela puisse paraître, cet album du plaisir fut pour l’artiste la première occasion de voir d’authentiques instruments de musique dans un studio ! Adieu les ordinateurs, les machines, les synthés, les boîtes à rythmes et bonjour les clarinettes. Elle l’avait déjà martelé sur la pochette d’un album précédent : « I don’t like disco ! ». De la nouvelle musique qui lui donne des envies de récital, de tournée, de partage avec son public. « Vous savez, c’est quand même mon 18ème album donc j’en ai des centaines, de chansons ! Mais ce n’est pas pour tout de suite. Une fois que vous cartonnez au théâtre à Paris, on vous prolonge sans cesse ! ». Un bémol pour la Lear qui adore le changement et avoue se lasser très vite. « La pièce « La Candidate » fait quasiment salle comble chaque soir malgré les attentats de Paris et de Bruxelles et je m’arrête en juin pour aller tourner dans un film pendant un mois à Rome. Je reprends ensuite à la rentrée jusqu’au début de l’hiver. Puis, stop hein. Je ne vais pas la faire toute ma vie non plus ! » Avant qu’on ne la traite d’ingrate, elle ajoute « Je me rends compte que j’ai beaucoup de chance. Des tonnes d’auteurs me contactent pour m’écrire des projets et je suis ouverte à tout. Ca m’excite de chercher de nouveaux moyens pour faire passer de nouvelles idées. » Nul doute qu’elle donc prépare déjà la suite…

 Interview > © Luigi Lattuca pour La Dernière Heure

 

A quand un retour sur une scène belge ?

 Me lasser vite, dit-elle souvent. On en aurait presque la larme à l’œil… Cela signifie donc qu’Amanda ne viendra pas présenter sa pièce en Belgique ? « Je ne me suis pas encore décidée, nous avoue-t-elle. Les tournées sont fatigantes surtout si elles surviennent après plus de 50 dates à Paris. Dans l’idéal, j’aurais adoré commencer par présenter « La Candidate » dans un autre pays que la France et ainsi venir à Bruxelles et Liège. J’adore le Forum de Liège chez vous ! Le souci, c’est que quand ça marche à Paris, vous êtes coincé. On veut absolument vous garder ! Vous élisez domicile dans le théâtre et vous n’avez plus de soirée pour aller au cinéma ! En plus, la pièce sera prochainement filmée et c’est certainement foutu après pour la Province. Qui paiera encore 40après avoir regardé la pièce sur une chaîne ? C’est dommage pour les Provinciaux car la culture est plus rare chez eux et donc chaque événement en est réellement un. Les gens vont limite chez le coiffeur pour venir vous applaudir ! »

En grande fana des moules-frites, Amanda aimerait sincèrement refouler les scènes belges. Elle a déjà son hôtel attitré près de la Grand Place  de Bruxelles et des tas d’amis aux quatre coins de notre capitale. Le côté blasé et très « soldat » des Parisiens l’ayant lassée, elle a élu domicile en Provence. « Paris est juste un lieu de travail. Tout se passe là mais j’ai besoin de soleil car ça me rappelle l’Italie. » On la quitte donc en lui annonçant que la Belgique a un peu des airs de Italie en ce moment avec un climat très agréable. Au cas où ça lui donne envie d’y revenir… L.L.