Myriam Leroy : « Je ne pense pas être quelqu’un de cynique ! » [Interview]

ok-kpt6109 Myriam Leroy arrive au Théâtre de la Toison d’Or. Pour soutenir des comédiens ? Oui, les siens. Ou plutôt ceux qui servent son texte, SA pièce. La première en l’occurrence : « Cherche l’amour » qui débute ce jeudi 27 octobre à 20h30. Le but ? Montrer que l’offre amoureuse made in 2016 devrait nous satisfaire – comme le rayon des chips chez Cora – mais qu’en fait, cela est plus difficile. Les études les plus sérieuses montrent, en effet, que l’ultra-choix a plutôt tendance à paralyser le consommateur. Et les analyses les plus fines peuvent aussi prouver que Myriam Leroy est faite de cynisme (regardez sa timeline Twitter !) alors qu’en fait… elle avoue que non ! Rencontre un lundi matin dans la grisaille bruxelloise.

 

Cette pièce pour le TTO est-elle une commande assez libre ou le thème fut-il imposé d’emblée ?

Nathalie Uffner, directrice du théâtre, m’a proposé d’écrire une pièce et elle avait envie d’un truc romantique, de parler d’amour et d’une aventure dans laquelle chacun puisse se projeter. On connaissait toutes les deux la série anglaise « Date » où des personnages sont filmées dans une conversation in-extenso sans montage et ça parle de rendez-vous amoureux. Ça nous a bien botté ! Ça m’a bien inspiré de pouvoir montrer des gens dans leurs conversations, montrer ce qu’ils cherchent et qu’ils veulent. Nathalie m’a conseillé de creuser là-dedans et je lui ai proposé une série de neuf scénettes où on voit des rendez-vous : des premiers, des derniers et organisés via des réseaux sociaux ou des applications comme Tinder ou AdopteUnMec.

Cette pièce a été nourrie par tout ce que vous avez pu entendre de la bouche de vos amis, à l’instar des scénaristes de feu « Sex and the City » ?

Tout à fait, j’ai absolument pillé les histoires de mes amis ! Je me suis nourrie des histoires qu’on me racontait car je n’ai, pour ma part, jamais fréquenté ces sites même si je les trouve fascinants. Et puis, j’ai assisté aux récits de leurs déconvenues amoureuses. Mon constat ? C’est extrêmement cruel. Les relations amoureuses sont, aujourd’hui, de plus en plus cruelles à cause de la démultiplication de l’offre et la peur de manquer quelque chose. Il y a une angoisse qui tenaille tout le monde à l’idée de louper plein d’autres histoires même si on est en couple. On  a l’impression qu’on peut choisir toutes les caractéristiques du catalogue mais ce dernier n’est qu’une auto-fiction, une mise en forme du réel pas réelle du tout justement. Cela explique les nombreuses déceptions. Mais ce n’est pas une pièce désenchantée. Elle va notamment montrer que sur base d’accidents, on peut se rencontrer !

On sait que vous aimez le cynisme et que vous l’êtes vous-même assez…

Moi, je ne trouve pas (rire) !

Non ? Pas un peu sarcastique ? Mais ce genre d’humour permet de dire des choses vraies. Vous trouvez l’époque très cynique ?

Oui, je trouve mais je n’ai vécu que mon époque donc que dire sur les autres ? Quoique… « Madame Bovary » est encore d’une actualité déconcertante. C’est le jeu social qui est cynique, en fait. Je crois que si je suis cynique, c’est juste en réponse à la cruauté du monde environnant. Je n’aime pas tellement les gens sans cesse cyniques au 1er degré, je ne trouve pas ça très intéressant. Ce qui est sûr, c’est que la pièce a des accents et des élans d’amertume mais j’essaie de faire en sorte que ça se termine bien car je suis, malgré tout, profondément romantique. J’ai envie que la pièce se termine bien mais ce n’est pas parce que les premières rencontres qu’on verra se terminent bien que tout se passera bien après. C’est comme dans les contes de fée finalement… La fin n’est que le début et la tragédie arrive ensuite (rire) !

Donc ce sera une pièce avec de l’introspection ?

Les personnages n’en feront pas mais leur introspection se dessine en creux dans ce qu’il montre. C’est une sorte de jeu de dupes, un bal masqué où les gens essaient de montrer qui ils sont mais pas trop, de prendre des risques mais pas trop… tout en étant très bavards. Il y a énormément de texte et les comédiens ont beaucoup à apprendre mais ils sont excellents. Je ne me fais absolument aucune frayeur à ce niveau-là.

Cela vous donne envie d’être comédienne ?

Je crois que je serai une piètre comédienne car incapable de jouer autre chose que moi-même. Je sais me jouer, jouer mes propres émotions mais pas quelqu’un d’autre. C’est vraiment un métier et les comédiens de la pièce me rappellent à chaque instant qu’on ne s’improvise pas dans le métier.

ok-kpt6165

Avez-vous participé au choix des comédiens ?

Oui, j’en ai discuté avec Nathalie. Elle me les a imposés entre guillemets car je ne les connaissais tout simplement pas ou juste une partie de leur travail. Nathalie est une formidable directrice d’acteurs et à la première lecture, j’ai été convaincue que c’était le bon choix pour tous. A titre personnel, je souhaitais avoir Myriam Akheddiou que je trouve très fine, très subtile et très sensible. Je suis ravie qu’elle soit là ! Je connaissais le travail de Pierre Poucet qui est hyper drôle, doux et très subtil sur plein de registre différents. Nous avons aussi Marc Weiss que j’avais découvert dans une série télé où il ne pouvait pas démontrer tout l’étendu de son talent et là, il est assez stupéfiant. Et puis Sandy Duret que je ne connaissais pas du tout. Nathalie Uffner a découverte cette nana complètement étonnante dans un café-théâtre. Et l’alchimie prend entre tous ces comédiens qui ont chacun 4 personnages à interpréter. C’est un sacré boulot de transformiste !

Ca fait vraiment référence au fait qu’on peut être une personne différente selon les applications utilisées.

Bien sûr. Et aussi selon la personne face à soi, ça détermine le ton de la relation.

C’était vraiment un sujet dont il fallait se saisir étant donné le nombre hallucinant d’inscrits sur les applications. Les personnes qui ont créé ça doivent dormir dans des draps en or.

Oui, c’est clair ! Et puis, ces applications ont le charme désuet de la petite annonce amoureuse ayant toujours existé. Finalement, ce n’est pas si nouveau que ça.

Mais les annonces ne contenaient pas de photo… Et on devait attendre alors que des applications fonctionnent aussi par repérage, géolocalisation.

Oui (rire). Qui peut consommer là à l’instant T sur le marché sentimental ? C’est très pragmatique.

Vous citiez une série britannique tout à l’heure. C’est une écriture qui vous plaît ?

Oui, je l’aime beaucoup et la trouve hyper moderne. En ce moment, je découvre les épisodes de « Fleabag », nouvellement diffusée sur la BBC. Mais c’est impossible à pitcher car c’est juste la vraie vie d’une vraie fille d’une trentaine d’années assez handicapée des sentiments à cause d’une famille qui l’est tout autant. Elle navigue de relation en relation et c’est extrêmement moderne. Ça peut avoir l’air trash sur papier alors qu’en fait, pas du tout. Pendant une scène, elle se masturbe devant un discours de Barack Obama. Sur papier, j’aurais soupiré mais à l’écran, ça sonne hyper juste. Donc je trouve qu’il y a de plus en plus de personnages féminins de séries qui sont très intéressants, épais et ressemblant aux filles qu’on rencontre tous les jours.

Des points de départ audacieux comme dans cette série que vous citez ou comme dans Jane The Virgin qui part tout sur la virginité et l’insémination artificielle, ne viendraient jamais de la France…

Non, c’est clair. J’estime les Français assez à la traîne dans le domaine des séries télé. Miraculeusement, la Belgique est en train de tirer son épingle du jeu en ce moment et ça fait du bien de voir à l’écran des personnages se parlant comme on se parle dans la vraie vie. Et c’est ce que j’ai essayé de faire dans la pièce : faire dialoguer mes héros de façon crédible et qui nous font penser à des gens qu’on connaît même si j’aurais pu tendre vers le kitch et le monstrueusement drôle, vers l’archétype, … Mais, en fait, la vie est toujours plus dingue que la fiction. C’était important pour moi qu’on puisse croire à ces personnages. Le rire n’est pas nécessairement une fin en soi même si j’espère qu’il sera présent et que les gens passeront un bon moment.

N’oublions pas que c’est souvent pour cela d’ailleurs que le TTO va vers certains auteurs !

Il y a, bien sûr, une ligne éditoriale au TTO, on peut essayer de la transcender mais il faut la respecter. J’ai essayé de respecter ses fondamentaux mais je voulais aussi donner de vraies émotions, les faire grincer des dents, et pas livrer quelque chose de monolithique. En outre, je voulais livrer des sous-propos que je ne souhaitais pas voir dénaturés et ça a été respecté. Le texte n’est pas du tout sacré et les comédiens en font ce qui veulent, le malaxer comme ils le sentent.

Et faire rire, c’est plus difficile que d’émouvoir ?

C’est clair. On pleure tous pour les mêmes choses… ou alors on a de sacrées névroses. On pleure tous sur le même tempo : une rupture amoureuse, la mort d’un proche, … Ciseler un truc comique m’impressionnait beaucoup car c’est plus subtil. On rit de choses différentes et quand Nathalie m’a demandé d’écrire quelque chose, je me suis longtemps dit que c‘était peut-être un peu trop difficile pour moi.

Il y avait une pression du style « Il y a meilleur que moi » pour une perfectionniste comme vous ?

Non, je n’ai pas essayé de me mettre une pression de ce type-là. Rien n’a été pompé sur quoi que ce soit et il y aura toujours certainement mieux ailleurs. Il faut s’affranchir de cela sinon on ne fait plus rien. On reste comme le chat impressionné par les phares d’une voiture.

D’ailleurs, avez-vous d’autres projets de théâtre ?

Non, non (rire). Je poursuis mes activités habituelles et j’ai quelques projets à venir mais pas suffisamment construits pour en parler. Après, la VRAIE pièce à écrire serait « Trois ans plus tard… » ou bien « Sept ans plus tard… ». Pourquoi pas ?

Et vous vous verriez écrire sur quels autres sujets ?

Je trouve que le monde du travail et de l’entreprise est une sortie de microsociété soumise à pas mal de violences, de pression et de cruauté donc ce serait intéressant de produire quelque chose dessus. Ecrire une série ou une pièce tragique ou shakespearienne, même si nous avons The Office, m’intéresserait.

ok-kpt6155

Interview réalisée par Luigi Lattuca,

Photos prises par Dorian Lohse.

Conventions séries : nouveau phénomène à prix d’or

006

Rencontrer des acteurs de télé à prix d’or : c’est le principe de ces événements devenus véritables phénomènes dans les communautés de fans. Suivez le guide !

Convention : derrière ce terme un peu rigide se cache en réalité de grandes joies… si tant est qu’on puisse se les payer. Une convention est en fait une rencontre organisée avec vos comédiens préférés. Surtout réservé aux phénomènes de la télé, elle prend place dans un endroit réputé (un palais des congrès, un hôtel luxueux ou même Disneyland) et permet aux fans de se faire signer des autographes, prendre en photo et même de poser des questions aux acteurs qui veulent bien se déplacer. Même si rien n’est gratuit, le phénomène va grandissant et ne cesse de faire des petits.

CHER COMME UNE SEMAINE DE VACANCES

Tout a commencé en 2007 avec 100 personnes pour « Buffy Memories » à Paris. Depuis, le concept s’est démocratisé et a prospéré sur les succès de « Twilight », « Supernatural » et « Skins ». L’organisation n’a pas changé et les acteurs tentés de se déplacer sont même de plus en plus nombreux. Une journée de convention débute le plus souvent à 9h pour se terminer à 18h. Entre ces deux timings, le fan acharné peut écouter des interviews de ses comédiens préférés, prendre la pose désirée (en général, les stars jouent le jeu) et faire la file pour le bien connu autographe personnalisé. Mais le prix d’entrée ne donne pas nécessairement accès à toutes ces étapes. Pour chaque envie, le portefeuille doit s’ouvrir. Si les organismes tentent de garder la même gamme de prix pour éviter de trop faire râler les acheteurs, un acteur peut se montrer gourmand. S’il ferait trop pencher la balance du prix d’entrée, les organisateurs nomment alors l’invité « extra-guest » pour être sûrs de ne pas dépasser les moyennes de prix établis sur base des cachets demandés par les acteurs qui vivent aussi désormais de ces rencontres. C’est pour cela que les tarifs sont annoncés après le nom des stars invitées, les négociations pouvant être rudes. Les prix, parlons-en. Ils font l’objet d’une réflexion intense avant de cliquer sur le Pass voulu. Un Pass contient toute une série d’actions avec les acteurs présents. Pour les fans ne se déplaçant que pour un seul d’entre eux, il est souvent plus intéressant de prendre le petit pour pénétrer sur les lieux de la convention (entre 100 et 150€) avec des « extras » (photo, autographe – entre 30 et 50€ pour chaque -, séance de questions, etc.) sur le côté. Et pour être sûrs que les fans déboursent, les organisateurs imposent une série de règles : interdiction de filmer pendant les panels, de prendre des photos/vidéos pendant les shootings/autographes/meetings rooms avec admirateurs et pas de selfies avec un acteur. Avec les transports et le logement, le week-end avec célébrités peut donc coûter autant qu’une semaine de vacances.

DSC_2969

« Once Upon A Time » à Versailles en juin 2014

DU BEURRE DANS LES EPINARDS DES ACTEURS

Cas pratique : GuestEvents, qui a organisé « Witches vs Vampires » (sur les séries « Charmed » et « Buffy ») à Paris les 19 et 20 mars derniers, est un peu plus cher que KLZ Events (qui, eux, préparent une convention « Vampire Diaries », puis une « Arrow »/  « The Flash » à Bruxelles) mais réputé plus intéressant sur ses contenus. A plus de 4400€ le ticket VIP pour leur « Fairy Tales Convention » avec les acteurs de « Once Upon A Time », on espère pour les fans que le contenu en vaut la chandelle (ou plutôt la carte bleue) ! Pas étonnant qu’une bruxelloise qui court les conventions nous confie avoir entendu que beaucoup de personnes n’hésitaient pas à faire des emprunts pour pouvoir s’offrir les badges VIP. Les cachets des vedettes invitées restent, quant à elles, top secrètes.

 

Si les francophones sont ravis de voir débouler des événements-séries en Belgique et France, ce serait en Angleterre que les conventions les plus intéressantes se déroulent. Chez Rogue Events, par exemple, le Pass de base (on le rappelle, juste pour entrer) est facturé 140€ avec l’accès à 2 soirées à thèmes (mais sans  acteurs). Ensuite, il faut compter entre 15 et 25 livres sterling pour un autographe et 20 à 30 pour la photo-souvenir. Mais attention, les guests importantes comme les héros principaux de séries demandent plus, à l’instar de Stephen Amell (le « Arrow ») dont le cliché avait été facturé 70 livres. Certains fans un peu serrés partagent donc une photo à deux pour diviser les frais.

Bien pratique pour les comédiens qui mettent donc du beurre dans leurs épinards tout en étant congratulés pendant tout un week-end. Un baume très lucratif pour l’égo. Et si vous voulez vous y mettre, ce ne sont pas les thématiques qui manquent.

DSC_4889

Holly Marie Combs et Shannen Doherty (Piper et Prue Halliwell dans « Charmed ») 

 

© Luigi Lattuca pour La Dernière Heure

Photos : Florence Roosens

 

 

A VENIR :

 

 

·         Gleek Reunion (Glee) : le 10 et 11 décembre à Paris.

·         A Con (Pretty Little Liars) : le 17 et 18 décembre à Bruxelles.

·         Welcome To The Magic School (Harry Potter) : le 14 janvier 2017 à Paris.

·         Sunny Hell Convention (20 ans de Buffy contre les Vampires) : 15 et 16 avril à Paris.

 

 

Des vampires amoureux de Bruxelles !

Les acteurs de la série « Vampire Diaries » étaient récemment à Bruxelles pour rencontrer leurs fans lors d’une convention. La presse était présente la veille du rendez-vous pour les cuisiner.

SAM_3051

Les acteurs de « TVD » et son spin-off à Anderlecht (Bruxelles) au complexe « The Egg »

 

Récemment, La Dernière Heure s’est rendue, sans crucifix ou gousse d’ail, à la conférence de presse des acteurs de la série « The Vampire Diaries » (revenue discrètement sur LaDeux, si si !) – et de son spin-off « The Originals » centré sur la famille de Klaus (toujours attendu chez nous) – organisée à Anderlecht juste avant la seconde convention belge censée accueillir plus de 800 fans en un week-end.

Même si ce sont souvent les mêmes qui prenaient la parole (le décalage horaire peut-être), nous nous sommes rendus compte que nos comédiens connaissaient plutôt bien la Belgique et l’appréciaient beaucoup. Et si Stromae nous lit, il y a un message de l’interprète de Bonnie pour lui…

 

Il paraît que la saison 8 qui démarrera aux Etats-Unis à la rentrée sera la dernière. Avec pareille incertitude, est-ce difficile pour vous de vous engager ailleurs ?

Riley Voelkel (Freya, The Originals) : Oui, c’est difficile. Quand vous êtes sous  contrat, ce dernier a la priorité sur le reste. On peut avoir envie de s’engager ailleurs mais ça ne marche pas uniquement que sur l’envie…

Michaël Malarkey (Enzo, Vampire Diaries) : Mais parfois deux acteurs peuvent être dans deux séries. Après, c’est une question d’organisation d’un programme avec les gens qui vous engagent… Pour jouer à New-York dans une pièce de théâtre, par contre, c’est un peu plus compliqué quand on figure au générique d’une série qui passe toute l’année.

Pour l’heure, vous profitez de vos congés pour rencontrer plusieurs fans dans des conventions. Qu’y a-t-il de particulier chez le public belge ?

Nathaniel Buzolic (Kol, Vampire Diaries et spin-off) : Ils sentent le chocolat (éclat de rire général).

Riley Voelkel : Moi, c’est ma première convention ici donc je demande à voir.

Michaël Malarkey : J’ai vraiment rencontré des gens bien l’année passée… Je les appelle « mes amis belges » et j’ai hâte de renouer le lien avec eux cette année. Et puis, la bière belge est ma favorite. C’est la meilleure au monde !

Kat Graham (Bonnie, Vampire Diaries) : Bruxelles est vraiment une ville chic et les fans sont chics aussi. Du genre à avoir une vraie conversation avec vous. Ailleurs en Europe, ça a été l’anarchie ! Ca vaut aussi pour les garçons, mais j’adore vraiment mes fans filles de Belgique. Chez vous, au niveau affection, les admirateurs sont particuliers.

Michaël Malarkey : On peut aussi dire qu’ils sont très respectueux.

Kat Graham : Oui, respectueux et attentifs. Ils comprennent bien les intrigues et sont empathiques envers les personnages. En plus, ils savent nous différencier d’eux. C’est valorisant de leur parler.

Nathaniel Buzolic : J’adhère à tout ça. Ici, nous avons remarqué que les gens étaient respectueux et sont relax pour apprécier l’expérience d’une convention. Ce n’est pas que des cris à chacune de vos déclarations et de grosses embrassades à chaque fois qu’ils vous voient. Ca facilite les interactions. J’apprécie cela et c’est notamment pour cette raison que Bruxelles est l’une de mes villes préférées.

Avez-vous eu le temps de déjà la visiter d’ailleurs ?

Kat Graham : Ce week-end, c’est la Pride Parade donc ça me semble un peu compromis pour circuler. C’est un week-end festif à Bruxelles !

Michaël Malarkey : Ce n’est pas bientôt le Jazz Festival aussi ?

Kat Graham : Ca, c’est énorme !

Sinon, il y a l’Atomium qui est considéré comme notre Tour Eiffel. Avec des restaurants dans quelques boules !

Kat Graham : C’est vrai ? J’y suis déjà allée et personne ne l’a mentionné ! Je n’en reviens pas. (Son collègue lui murmure quelque chose…) Ok, cessons d’en parler. Comme on parle de boules, la conversation dévie…

Et que connaissez-vous d’autre de la Belgique ?

Riley Voelkel : Le chocolat (rire) !

Michaël Malarkey : Le mélange des langues. 40% français et 60% le flamand, c’est ça ? La bière et le chocolat sinon… Votre chocolat est le meilleur au monde !

Kat Graham : Oui, c’est le meilleur. Mon artiste préféré vit chez vous : Stromae ! Je suis né à Genève donc pas très loin de chez vous donc je me sens un peu chez moi en Belgique. J’y suis très à l’aise. Si en plus, Stromae m’accueille pour faire un duo, je serais au paradis. Stromae, si tu me lis… Réponds à mes lettres d’amour et contacte-moi (rire). Faites-lui passer le message quand vous le verrez !

En parlant de lettres d’amour, pensez-vous que les commentaires des fans postés sur les réseaux sociaux et les forums du net peuvent influencer le déroulement des intrigues de la série ? La chaîne CW y est-elle sensible ?

Michaël Malarkey : J’espère que non. J’ai l’impression que c’est l’un des principaux problèmes du net aujourd’hui. Il y a tant de plates-formes où s’exprimer que c’est très facile de dire ce qu’on n’aime pas dans une série. Ce qu’il y a de bien avec Netflix, c’est qu’ils tournent ce qu’ils ont envie de tourner, ils le font en une fois et une saison est balancée d’un coup. C’est meilleur pour l’art, c’est une chance d’écrire sa série comme on l’entend, d’après les plans qu’on s’est fixés. C’est chouette de savoir si notre art est apprécié mais bon, il faut pouvoir lâcher ça.

Qu’avez-vous en commun avec vos personnages ?

Riley Voelkel : Elle se soucie de sa famille et est très protectrice envers elle. Je pense l’être aussi.

Nathaniel Buzolic : Le mien a tué des centaines de personnes et je ne peux pas en dire autant… Il est assez effronté et je le suis un peu. Et puis, la bonne allure, je crois (rire). Charles, à toi !

Charles Michael Davis (Marcel, The Originals) : C’est un leader né et il aime les femmes. D’ailleurs, il a couché avec la plupart des personnages de la série.

Nathaniel Buzolic : Il est sur Tinder ? Ca l’aide ?

Charles Michael Davis : Non, il n’est pas dessus mais peu importe il arrive à ses fins. Et moi non plus je n’utilise pas les applications, donc ça nous fait un point commun supplémentaire.

Michaël Malarkey : Moi, je ne vois rien…

Alors que nous sommes au début de la saison 5 en Belgique, que pouvons-nous attendre des prochains épisodes aux Etats-Unis ?

Michaël Malarkey : Nous redémarrons habituellement le tournage lors de la seconde semaine de juillet. Mais on est généralement les derniers au courant.

Kat Graham : Nous n’avons encore reçu aucun script donc encore aucune bride d’informations à ce jour. Aucune.

Nathaniel Buzolic : La saison 5 de Vampire Diaries actuellement en Belgique alors ? C’est incroyable. On ne s’en souvient même plus ! Ca fait une éternité que nous l’avons tournée ! Ok, du coup, on ne spoilera rien.

Avez-vous déjà écouté vos voix françaises ?

Michaël Malarkey : Elles sont mauvaises ?

Kat Graham : Moi, oui. On m’a présenté ma doubleuse et je trouve qu’elle se débrouille vraiment très, très bien.

Michaël Malarkey : C’est limite criminel de doubler des séries. On devrait sous-titrer ! La modulation de la voix fait partie de notre performance et c’est l’altérer, couper une partie de notre jeu d’acteur que de doubler. En Allemagne, ils m’ont collé une voix trop haut perchée et trop rapide. Le type a l’air enragé !

Charles Michael Davis : Un jour à l’hôtel, je suis tombé sur la saison 9 de Grey’s Anatomy dans laquelle j’ai jouée et je me suis bien plu en français…

 

En 2017, certains acteurs reviendront pour la 3ème « Bloody Night Conv ».

 

Interview > © Luigi Lattuca pour La Dernière Heure

Deux filles et un cupcake

                                                                                                                                                                                                           Aujourd’hui en France (et en Belgique, on verra selon le fournisseur…), sort le coffret DVD d’une sitcom bien sympathique :
« 2 Broke Girls – saison 1 ».

2 Broke Girls
Si je puis me permettre un conseil de rentrée : il vous faut découvrir « 2 Broke Girls ». Sur une dizaine d’amis convertis, tous ont adoré. Qui dit mieux ? Ces personnages féminins vont devenir des amies… Et il vous faudra ensuite du lourd pour vous distraire en attendant la saison 2.
Style irréverencieux
Chaque épisode dure 20 minutes et rappelle la grande époque de “Friends” : délirante à souhait (même plus salace et on peut s’étonner qu’elle passe entre 20 et 21h en Amérique). Le petit « plus » du scénario de base, c’est d’être authentique sur la crise économique. Pour preuve : je crois que pas un seul épisode ne se déroule sans entendre le mot “vagin”. Ce style irrévérencieux loin des sitcoms familiales pépères apporte, à lui seul, la preuve que “2 Broke Girls” est spéciale et réservée à un public averti. Rare pour une sitcom !
Galérer mais avec du soutien
Mais ça parle de quoi et que veut dire mon titre, me direz vous ? Vous avez raison, j’y viens. On joue tout simplement sur les oppositions fille blonde naïve ultra positive et souriante tout le temps et la fille brune qui a élevé dans la misère et qui n’a aucun rêve tout en étant pessimiste et cynique. Rien de révolutionnaire mais ce qui compte, c’est la façon de raconter et faire évoluer ses personnages, n’est-ce pas ? Et bien, le duo fait des étincelles ! Caroline est une fille privilégiée d’une vingtaine d’années qui a toujours vécu à Manhattan, cité qu’on ne présente plus. Du jour au lendemain, elle perd ses milliards et se retrouve sans un sou à cause des arnaques de son papa chéri. Elle décide donc de travailler dans un resto-snack de Brooklyn où elle va faire la rencontre d’une autre fille de son âge, Max, qui l’aidera à se débrouiller.
Les deux collègues décident d’ouvrir leur propre pâtisserie et c’est la base du scénario. La série a un vrai but pour les années à venir. Caroline a un diplôme en marketing et Max est une excellente productrice de cupcakes. Il leur faut un peu plus de 200 000 dollars. Elles en ont 387 à la fin de l’épisode-pilote. Les scénaristes ont donc de la marge avant qu’elles n’aient un succès fou. Et j’adore la série pour cela surtout : elle ne lésine pas sur les galères que les deux nouvelles copines si différentes vont trouver (comme tout le monde) sur leur route. Au fil des épisodes, elles vont tenir l’une à l’autre comme deux sœurs… alors que leur amitié n’était pas donnée d’emblée.
Au milieu de tout cet humour décapant, on est même surpris d’être ému par l’une ou l’autre réplique qui résonne à point nommé étant donné que les deux filles doivent, toutes les deux, vivre sans père mais pour des raisons différentes. Bref, ça dure à peine 20 minutes et c’est très, très fun. Un bon investissement. 😉

Comment « Desperate Housewives » s’est-elle tirée une balle dans le pied ?

Un slogan qui prend tout son sens ...

Un slogan qui prend tout son sens …

A la veille de son départ sur les écrans belges, au lieu de se donner un coup de frais, « Desperate Housewives » se donne un coup de mou. Triste constat depuis la 5ème saison de la série. Analyse.

Fin 2004, l’Europe commence à comprendre qu’une série pourrait faire toute la différence : « Desperate Housewives ». Jugée drôle, irrévérencieuse (merci l’influence Sex and the City) et sous le joug du cocktail explosif : sexe, meurtre et trahisons, « Desperate Housewives » célébrait même le retour à l’antenne d’anciens gloires de la télé, j’ai nommées Teri Hatcher et Marcia Cross. Deux actrices qui ont eu envie de se sentir un peu plus bimbos au fil des saisons, quitte à devenir terriblement banales ou terriblement pimbêches. Car il est bien là le secret du suicide artistique de la série : le non-renouvellement.

Regarder « Desperate Housewives » depuis la 5ème saison et son bond dans le temps de 5 ans, c’est regarder (et écouter) le même disque rayé. Les personnages sont devenues des caricatures d’elles-mêmes, s’échangent les intrigues (soucis avec les enfants, manque de libido, divorces, …) et donc terriblement agaçantes par la faute des scénaristes. Car si le renouveau ne vient pas de l’écriture, il ne viendra pas non plus du jeu des actrices. Ça en devient presque honteux d’encenser une série-phénomène (décrite comme la Rolls des séries, la série 5 étoiles, le plaisir coupable du dimanche soir) qui s’est transformé en vulgaire sitcom passe-partout. Si cela n’avait pas porté le nom de « Desperate Housewives », la même série aurait déjà été annulée ou reléguée l’après-midi à 16h ! Il est d’ailleurs étonnant de lire toujours autant de compliments et d’exaltations de la part des médias alors que le soufflé est retombé depuis 2008. Et à l’heure où les gens ne sont pas exigeants pour les bonnes choses, ce n’est pas étonnant de lire les meilleurs qualificatifs concernant cette ultime saison. Elle commence très, très mal.

Le succès est-il monté à la tête de Marc Cherry, le créateur de la série ? Marc Cherry (ou « Marc Cerise » pour ceux qui préfèrent) est le créateur de « Desperate Housewives ». Cette série est son bébé. Il en est le scénariste principal mais aussi le producteur attitré. Impossible d’évoquer « Desperate Housewives » sans l’évoquer, lui. Lui, qui a eu cette idée de génie. Car « Desperate » a réinventé le genre du soap-opera. Des intrigues drôles avec du fond et des questions intéressantes sur bien des sujets : la vie de famille, le bonheur, la sexualité, les secrets enfouis en chaque être humain, … . En outre, la qualité du grain d’image (au service d’une réalisation impeccable) ne peut que séduire. Oui, mais voilà, à l’heure où RTL TVI diffuse chaque dimanche, depuis la semaine passée, la 8ème saison de nos chères ladies, un constat s’impose : ce sont les héroïnes qu’on a très envie d’enterrer à la place d’Alejandro, le beau-père de Gaby ! Et ceux qui aimaient tant « Desperate Housewives » ne peuvent que pleurer … Ou pas. Cette série était tellement addictive que la déception fut grande de mon côté. Mais les téléspectateurs peu exigeants étant encore nombreux derrière leur écran, la série a pu poursuivre sa route jusqu’au mois de mai dernier.

En outre, il faut savoir que « Desperate Housewives » est produite et diffusée par la chaîne américaine ABC. Laquelle appartient à Touchstone, filiale du groupe Disney. Y aurait-il influence du détenteur de la chaîne … et, par ricochet, de la série ? Disney s’est notamment rendu célèbre pour son éthique et sa célébration de l’amour, valeur sûre s’il en est. La prise de risque au fil des ans fut minime et ses détracteurs les plus acerbes ont souvent reproché à l’entreprise de l’oncle Walt ses fins de films (dessins animés ou autres) à l’eau de rose et ses univers rose bonbon où tout va toujours finir par s’arranger. C’est ce qui est arrivée aux héroïnes du show de Cherry. Combien de voisins menaçants ne sont pas passés à l’Avenue des Glycines (Wisteria Lane in french) ? Nos héroïnes ne s’en sont sorties qu’avec quelques égratignures. Au bout de plusieurs saisons, on s’y habitue et le suspense est inutile. Les quatre amies de Fairview sont increvables.

En 5 ans, « Desperate Housewives » a tué environ 80 personnages. Sont-ils connus chez les fans ? Oui, on a tué « la voisine de … », « la propriétaire du chat roux du quartier », « le réparateur de châssis », « la maîtresse du dentiste », … La série a tué des personnages auquel nous n’avons pas eu le temps de nous attacher. Elle n’a pas compris qu’un bon drama construisait aussi sa légende avec des événements tragiques forts. Depuis combien de temps n’avons-nous pas été pris aux tripes avec des scènes totalement mégalomanes et ambitieuses comme celles où Bree pleure et hurle la mort de Rex, Susan poursuit Mike avec une énorme robe de mariée qui la ralentit dans sa course, Lynette croise Mary-Alice dans un songe ou rêve d’avoir un revolver pour se suicider tant elle n’en peut plus, … ? Pour cela, la saison 1 restera la saison-reine. On a tué Rex, le mari de Bree, que nous avions aimés et détestés semaine après semaine. On nous avait promis de nous émouvoir et de nous intriguer toujours plus avec d’autres décès et ruptures. Un coup dans l’eau !

Le producteur exécutif a reproduit la même recette à n’en plus finir. Il a lissé les répliques aux maximum pour ne choquer personne tant l’exportation des Housewives a été forte sur le globe. Il a également augmenté les fonds sonores qui interviennent pour nous dire : « Attention, une réplique drôle arrive ! ». Tout est toujours plus caricatural. La série a mal vieilli et n’a plus cet aspect solennel.

En saison 8, elle reste un honnête divertissement et il est curieux de savoir comment on peut terminer un soap qui aura duré aussi longtemps et c’est pourquoi je suis toujours au rendez-vous. Néanmoins, je reste toujours autant perplexe face à la baisse de qualité et c’est un sentiment très triste et regrettable quand on quitte une série qu’on a aimée.

Et vous, qu’avez-vous pensé de l’évolution de ce TV show ? Vraie jeune fille en fleur ou vieille dame boursouflée au botox ?